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Éric Chapeau-Åslund | Projet Madeleine Amarouche

Ne dis jamais que t’es séropositif ? Témoigner de sa vie avec le VIH, des années quatre-vingt-dix à aujourd’hui

7 juin 2008 (papamamanbebe.net)

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L’équipe radio écoute le reportage de télévision qui donnait, en 1990, la parole à Isabelle, une femme séropositive qui accompagnait Eric Chapeau dans ses conférences pour témoigner de sa vie avec le virus.

En 1990, Isabelle témoignait auprès des jeunes de sa vie avec le VIH, à visage découvert

À l’époque, constate la journaliste, les volontaires parmi les séropositifs pour ce genre d’action « restent rares ». Isabelle résume ainsi son point de vue : « Quand je partirais, parce que je vais pas être éternelle, j’ai envie qu’il y ait quelqu’un qui prenne le relais, qui fasse ce que je fais, parce que je m’aperçois que ça plait beaucoup aux jeunes. Et ça, c’est important ! »

Cela est toujours le cas en 2008.

Presque vingt ans plus tard, Sylvie et d’autres mamans et papas du Comité des familles s’engagent pour témoigner dans les écoles devant les jeunes.

Vivre avec le VIH : des personnes séropositives témoignent dans un lycée d’Aulnay-sous-Bois

L’équipe radio lit le courrier reçu à l’émission intitulé « Ne dis jamais que t’es séropositive » :

Ils présentent le VIH comme une méduse tueuse, pour mieux utiliser ton malheur.

Comme des piranhas ils se succèdent pour t’arracher un lambeau de vie ou d’intimité, pour mieux faire couler leur encre et tes larmes.

Ne dis jamais que tu es séropositif, jamais. Que tu aies 7 ou 77 ans. De l’école à la maison de retraite.

Divulguer sa séropositivité isolément, c’est perdre sa véritable identité au profit d’un autre.

Tu ne seras plus Pierre, Abdennour, Nathalie ou Rachida, mais seras identifié(e) comme celui ou celle qui a le sida. Et pire encore, ton mari, tes enfants, tes proches subiront le même sort, ils deviendront le mari, la femme, le père ou la mère, le frère, la soeur le fils ou la fille, de celle ou celui qui a le sida.

Divulguer sa séropositivité c’est devenir le séropo du village, de la classe, de l’immeuble, du quartier, du palier, de l’usine, du bureau, du service. Si tu es prêt(e) à assumer les regards fuyants d’une moitié de ces personnes et le poids de la compassion de l’autre moitié, divulgue, sinon ne dis jamais que tu es séropositif(ve). Si tu es en couple séropo, tu deviendras LE couple de séropos, si tu es en couple sérodifférent, tu deviendra LE couple sérodifférent.

Tant qu’un vaccin ne vienne nettoyer la crasse accumulée depuis 25 ans dans les mentalités, ne dis jamais que tu es séropositf(ve).

Discussion avec l’équipe radio autour de deux points de vue diamétralement opposés qui existent parmi les séropositifs depuis le début de l’épidémie.