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La croisière s’amuse : Sandrine, le cartable, et l’amour en bateau

25 février 2013 (papamamanbebe.net)

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Sandrine : Là comme ça, ce qui me vient tout de suite, je dirai « Comme un boomerang ». La chanson qu’ont chanté Etienne Daho et Dani. « Comme un boomerang » parce que je suis sûre qu’il y a en a certains qui vont pouvoir faire le parallèle, ça vous revient toujours dans la tronche (rires). Voilà, donc je vais dire « Comme un boomerang » parce que c’est une belle chanson et que voilà, ça a un sens là maintenant.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Comme un boomerang » d’Etienne Daho et Dani

Sandrine : Alors ma toute première histoire d’amour, j’étais toute petite fille. Je m’en rappelle encore très bien. C’est une histoire qui me suit toujours. J’habitais dans un petit immeuble et j’avais un petit voisin qui avait le même âge que moi, qui s’appelait Yann. On allait à la maternelle ensemble et ensuite on s’est suivi à l’école primaire et on était tout le temps fourré ensemble. On se faisait des bisous, on était tout le temps en train de jouer ensemble, chez nos parents respectifs. Nos familles étaient aussi très liées. Et puis Yann a eu un gros soucis, il a dû être opéré à coeur ouvert quand il avait 6 ans et demi, 7 ans et donc ça a été une grosse inquiétude. Il a disparu pendant plusieurs mois. Et comme on ne dit jamais rien aux enfants, bah moi j’étais très inquiète. Quand il est revenu, c’était un petit garçon qui était très affaibli. J’ai le souvenir de le raccompagner tous les jours à la maison. C’est moi qui lui portait son cartable. Ça faisait beaucoup rire tout le monde. On était très protecteur l’un envers l’autre. Toujours à se tenir par la main, toujours à jouer ensemble à l’école. Et puis Yann s’est remis. Ses parents ont fini par déménager pour aller vivre dans une maison. Petit à petit, on s’est perdu de vue vers l’âge de 9,10 ans. Je n’avais plus de nouvelles. Et puis il y a de ça peut-être une quinzaine d’années, un beau jour, j’ai eu l’occasion de le retrouver dans des circonstances un peu extravagantes que je ne vais pas raconter ici. Mais vraiment sur un tout petit renseignement, j’ai entendu parler d’un petit Yann et je me suis dit, ce n’est pas vrai, ils doivent parler de lui, il faut que je sache si c’est bien ça. Donc je l’ai retrouvé. Nous nous sommes revus. Il est parti vivre maintenant en Angleterre. C’est une histoire qui m’a beaucoup marquée et qui me fait toujours me rappeler avec beaucoup de bonheur mes petites années d’enfance.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Comme un boomerang » d’Etienne Daho et Dani

Sandrine : Première histoire d’amour qui s’est concrétisée on va dire, j’avais à peine 18 ans. C’était avec un homme qui était beaucoup plus âgé que moi puisqu’à l’époque il avait 35 ans. Donc moi j’avais 17 ans quand je l’ai rencontré. Donc vous faites le calcul. C’est lui qui m’a initié mais lui ne tenait pas tellement à me brusquer, ni quoi que ce soit. Donc en fait c’était une histoire assez longue. On s’est fréquenté pendant longtemps à un tel point que bon, bah c’est moi qui ai fini par lui dire il faut que tu... il faut qu’on fasse quelque chose parce que j’en étais venue à un point où... voilà, j’étais une jeune femme qui devait commencer sa sexualité. Ça s’est passé sur un bateau, parce que c’était un monsieur qui vivait sur un bateau. En Bretagne. C’était très bien, je l’ai très bien vécu, ça m’a donné une image de l’amour très sympa puisque finalement c’est moi qui suis allée vers cet homme. Bon et puis il était plus âgé que moi. Donc certainement qu’il était moins fébrile, moins... il m’a évitée beaucoup d’écueil et voilà. J’en garde un très bon souvenir et ça reste un très bon ami.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Comme un boomerang » d’Etienne Daho et Dani

Sandrine : J’ai eu d’autres histoires que celle-ci. On ne pensait pas du tout, on n’avait pas encore entendu parler du fait qu’il y avait une maladie bizzarre qui commençait à émerger, un espèce de cancer qui atteignait les homosexuels, comme on en parlait à l’époque, avant d’appeler ça le VIH et qu’on s’aperçoive que c’était une maladie qui était autant contractée par les hommes que par les femmes et que par les homosexuels ou que les hétérosexuels. Très difficile de devoir annoncer à quelqu’un qu’on aime beaucoup qu’on est séropositif. Très dur de l’annoncer. Très dur de se retrouver dans une situation amoureuse où on sait que le partenaire attend quelque chose de nous et puis qu’il va falloir lui dire qu’on est séropositif parce que sinon ce n’est pas possible. On se demande si cette histoire elle en vaut le coup. Est-ce que ça vaut le coup de devoir dire ce qu’on cache ? C’est-à-dire qu’on est séropositif, qu’avec nous ce sera préservatif toute la vie. La peur qu’on ressent nous-même de savoir si on ne risque pas de le contaminer. Pour que les gens s’évitent ça, faut vraiment utiliser le préservatif, il ne faut pas se poser la question. Le préservatif, toujours, au premier rapport, avec quelqu’un. Toujours.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE