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Sharonne : « Quand je l’ai vu mon coeur a fait boum ! »

19 février 2013 (papamamanbebe.net)

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Sharonne : Je vous dédie le morceau, la chanson d’espoir 2000, qui a pour titre, je t’aime. Pour dire à tous les séropositifs que ce n’est pas parce qu’on est malade du VIH, qu’on ne peut pas aussi connaitre une histoire d’amour.

Diffusion d’un extrait de la chanson « je t’aime » du groupe Espoir 2000

Sharonne : C’était en 1994, fin 1994, début 1995, par là. Je ne me rappelle pas trop. En fait, moi j’étais artiste danseuse, je le suis toujours. J’étais arrivée nouvellement dans une compagnie de danse. Là j’ai rencontré une fille qui était là, ça faisait des années, c’est là que j’ai appris à danser et la fille était là depuis des années quoi. Elle, je l’appelais maman parce qu’elle était plus expérimentée que moi et elle m’appelait aussi ma fille. Elle s’est vraiment attachée à moi et puis moi aussi je me suis attachée à elle parce qu’elle était vraiment gentille. Elle m’apprenait à danser. Donc chaque soir après les répétitions, on passait chez moi, je prenais ma douche et après on allait chez elle. Donc c’est comme ça, un soir quand on est arrivé chez elle, il y avait son cousin qui venait d’arriver d’Abidjan. C’était en Côte d’Ivoire, son cousin venait d’arriver d’Abdijan et je ne sais pas, quand je l’ai vu, mon coeur il a fait boum ! (rires). En fait c’était un coup de foudre, je ne sais pas, il m’a plu en même temps. Mais je ne voulais pas le faire savoir, je ne l’ai fait savoir à personne. Mais lui, il n’a pas caché, il est venu, il l’a dit à ma maman que ta petite me plait bien. On dit petite chez nous quand l’autre est plus âgé. Donc il dit : « ah ta petite elle me plait bien ». Puis bon voilà, j’étais vraiment bien quoi, voilà dans la jeunesse. Je ne sais pas maintenant... j’avais 18 ans et demi par là. Donc maintenant j’ai 37 ans. Il y a une grande différence. Dans mon avant, voilà, on ne peut pas comparer quoi. Puis je faisais 70 kilos maintenant je fais 90, donc il y a une grande différence (rires). Donc il est venu, il a dit à la fille que je lui plaisais beaucoup. Mais moi franchement, il me plaisait mais je jouais un peu le jeu quoi, je faisais comme s’il ne m’intéressait pas alors qu’il m’intéressait vraiment. Ça a été vraiment un coup de foudre, on est resté ensemble, on a causé avec ma copine et tout. Et puis après, il voulait me voir à côté quoi. Donc on a laissé ma copine, on est allé sous un arbre et on a commencé à s’amouracher (rires). On s’est fait les petits câlins tout ça. Après je suis rentrée mais tard. Et le lendemain, je suis repartie encore chez ma maman, comme d’habitude. Et deux jours après, ma maman m’a demandé : « est-ce que tu peux venir demain matin me voir ? » Alors que j’avais l’habitude d’aller le soir. Mais ce jour-là, elle m’a demandé de venir le matin. Donc je suis arrivée là le matin, elle me dit que c’est lui qui m’a dit de te faire venir. J’ai dit : « ok, pas de soucis ». Et on était chez elle. Lui, n’était pas chez elle au fait mais il était, il y a une villa qui était en face de sa maison. Donc on devait aller le voir chez lui. Et quand on est arrivé chez lui, alors qu’il s’était déjà entendu avec elle, quand on arrive là-bas, elle fait semblant, comme si on l’a appelée, tu vois. Puis elle sort quoi (rires). Donc, quand on est arrivé chez lui, on est rentré dans sa chambre, il a mis la télévision, on était en train de regarder. Et puis après, elle prend son téléphone, elle fait semblant : « Allô ? Allô ? » Comme si qu’on l’avait appelée. Et elle dit : « J’arrive ». Elle est sortie et elle est partie. Et c’est comme ça, on était là quelques minutes après et le jeune il a bouclé la porte et puis il dit... bon voilà. Moi je ne voulais pas parce que, je n’avais pas dit au jeune que moi je n’avais jamais connu d’homme. J’étais vraiment vierge quoi. Donc je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Mais franchement, il m’a un peu brutalisée et puis c’est parti quoi. Voilà. On n’est plus sorti ensemble jusqu’à ce que j’apprenne que voilà, j’ai su que j’étais enceinte. Au moment où j’ai su que j’étais enceinte, j’avais déjà trois mois de grossesse. Mais pendant ce temps, je faisais mes menstruations. Donc c’est ce qui a fait que je n’ai pas vu tout de suite que j’étais enceinte. Et aujourd’hui mon fils il a 17 ans. Voilà. Donc c’était mon premier rapport et en même temps ma première grossesse quoi.

Diffusion d’un extrait de la chanson « je t’aime » de Espoir 2000

Sharonne : Comme on dit toujours chez nous, on ne commet pas les mêmes erreurs commises dans la jeunesse. Puisque la première fois, je n’ai pas pris de préservatif, je suis tombée enceinte. Donc ce qui a fait que, la seconde fois, ça c’était après mon accouchement et tout. Le coup de foudre il était fini là parce que le père de mon enfant, on s’était séparé, j’avais rencontré quelqu’un d’autre. Et voilà, la personne que j’ai rencontrée, j’ai utilisé le préservatif pour ne pas faire un autre enfant ou il y a pleins de maladies aussi. Mais le plus important, c’était de ne plus prendre de grossesse. Donc c’était ma première fois d’utiliser le préservatif mais c’était après mon accouchement. C’était, je ne me rappelle plus de l’année, mais c’est un an après mon fils quoi. Un an après que j’ai mis mon fils au monde. Mon fils je l’ai mis au monde en 1995. Je pense que c’est en 1996 que j’ai connu l’autre homme. Puisque je ne connaissais pas, je n’avais jamais utilisé de préservatif, je ne connaissais pas, c’est lui qui l’a mis. Voilà (rires).

Sandra : Préservatif donc masculin ?

Sharonne : Masculin oui. Moi je n’ai jamais utilisé de préservatif féminin jusqu’à aujourd’hui. Je sais comment on l’utilise puisque plusieurs fois on nous a fait la démonstration mais je ne l’ai jamais utilisé en tout cas. Je ne sais pas comment l’utiliser.

Sandra : C’est mieux avec ou sans préservatif ?

Sharonne : Avec préservatif. Je donne conseille aussi à beaucoup d’hommes, aux auditeurs, à ceux qui nous écoutent. Avec préservatif, on évite d’abord les grossesses et on évite aussi pleins de maladies. Ce n’est pas parce que je ne me suis pas protégée plus tôt que j’ai eu cette maladie. J’ai eu cette maladie autrement. Ça n’a rien à voir avec les rapports sexuels. Mais, je donne conseille quand même aux auditeurs, de se préserver. Ce n’est pas seulement le VIH qui tue. Il y a pleins d’autres maladies, même plus dangereuses que le VIH quoi. Donc je leur conseille vraiment de se préserver, c’est vraiment important.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE