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Dépistage du VIH | Sexe et sexualité | Tina

Tina sur le dépistage à la maison : une possibilité intéressante pour les couples sérodifférents

11 juillet 2012 (papamamanbebe.net)

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Selma : Mardi 3 juillet, un test de dépistage de l’infection au VIH a été autorisé à la vente dans toutes les pharmacies des États-Unis. C’est l’agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) qui a donné son feu vert. Le test Ora-Quick In Home HIV était déjà utilisé par de nombreux médecins : il donne un résultat en 20 à 40 minutes à partir d’un échantillon de salive et selon les évaluations, il permet de détecter le virus dans 92% des cas et son absence dans 99% des cas, sachant que la moyenne de la FDA est de 95%. Je n’en ai parlé avec des gens dans la rue, on écoute.

Début du son.

— François, 48 ans, patron de boutique.

— Dala, 20 ans, j’ai passé mon bac cette année et je l’ai raté donc je suis un peu déçu.

— Julie, 30 ans, et je travaille dans la banque

— Jennifer, 27 ans, je suis coiffeuse.

Selma : La dernière fois que vous avez fait l’amour, c’était avec ou sans préservatif ?

François : Sans.

Dala : Toujours avec préservatif.

Julie : Sans.

Jennifer : Avec.

Selma : A quand remonte votre dernier test VIH ?

François : Pour des examens globaux j’imagine ?

Dala : Ca remonte à deux mois.

Julie : 5 mois.

Jennifer : Le mois de septembre je crois.

Selma : Savez-vous où peut-on faire le test ?

François : Là où on fait les prises de sang.

Dala : Je l’ai fait à Gare du nord, pas loin. Il y avait des, comment dire ça ? Ils étaient là et moi j’ai demandé, ils m’ont dit que je pouvais venir, j’ai ramené ma carte vitale et tout. J’ai fait le test.

Julie : Chez un laboratoire.

Jennifer : Oui dans les laboratoires d’analyse.

Selma : Combien de temps avez-vous attendu pour vos résultats ?

François : Quelques jours.

Dala : Pas trop longtemps mais pour moi c’était long, en vrai ce n’était pas long, 10-15 minutes.

Julie : Le jour même.

Jennifer : Trois jours maximum.

Selma : Savez-vous environ combien de personnes en France sont séropositives sans le savoir ?

François : Non.

Dala : Non, je ne sais pas.

Julie : Non.

Jennifer : 50 000 j’ai vu.

Selma : Aujourd’hui aux Etats-Unis, il est possible d’acheter un test de dépistage en pharmacie et de le faire seul chez soi. En France ça n’existe pas. Vous, vous préféreriez le faire dans un centre spécialisé ou seul chez vous ?

François : Les deux.

Dala : Je pense que les deux c’est possible mais le faire dans un centre c’est mieux, parce qu’après, si on le fait chez nous, on ne le dit pas après, ce n’est pas bon. C’est mieux que d’autres personnes le sachent et qu’on le déclare.

Julie : Chez moi, côté pratique.

Jennifer : Dans un centre spécialisé, j’ai plus confiance.

Selma : Si jamais vous le faites seul chez vous et que c’est positif, vous faites quoi ?

François : Bah j’imagine qu’on n’est pas très content et voilà. On va à l’hôpital pour avoir des choses plus approfondies.

Dala : Bah ça va être difficile de le ressortir mais je pense que dans un centre, je le ressortirais mais ce serait difficile.

Julie : Ah bah je vais directement voir mon médecin.

Jennifer : Je ne vais même pas penser. Qu’est-ce que je vais faire ? Je vais me faire soigner.

Selma : Et si jamais un membre de votre famille vous annonce qu’il est séropositif, quels seraient vos premiers mots pour lui ?

François : Bah à part un encouragement, de toute façon, les personnes, enfin techniquement ils vont aller dans des endroits pour voir ce qui se passe et après c’est un encouragement plutôt humain. Donc voilà, on en est là.

Dala : D’être fort, courageux. Ca peut arriver à tout le monde. Être à côté de la personne, ne pas la décevoir, l’encourager.

Julie : Courage.

Jennifer : Je suis malheureuse.

Fin du son.

Selma : J’ai aussi posé la question à des pharmaciens.

Début du son.

— Jessica, je suis pharmacienne, j’ai 36 ans.

— George, pharmacien, 52 ans.

— Virginie, je suis pharmacienne depuis 10 ans.

Selma : Aux Etats-Unis, il y a un test de dépistage qui est désormais disponible en pharmacie. Il est fiable à 92% des résultats positifs. Est-ce que vous imaginez que la même chose soit possible en France ?

Jessica : Je pense que oui mais je ne sais pas si ce serait vraiment très fiable de le faire déjà soi-même et ce qui serait dommage d’avoir un résultat négatif alors que la personne est vraiment positive. Ce serait grave.

George : Ca peut être possible mais pour l’instant les dispositions font qu’on n’est pas tellement d’accord à que ce soit juste une personne toute seule qui le fasse. Mais sinon c’est possible.

Virginie : Oui.

Selma : Si jamais ce test était mis en vente dans les pharmacies en France, si un client vous le demandait, qu’est-ce que vous lui diriez en lui vendant ?

Jessica : Si le test est toujours aussi peu fiable, je lui dirais d’être assez prudent quand même. Si le résultat est négatif, de faire quand même une prise de sang sérieuse.

George : Je lui dirais de le faire mais d’être accompagné ou d’être avec quelqu’un de confiance avec qui il puisse discuter au moins. Et puis d’aller voir son médecin.

Virginie : Déjà pourquoi pensez-vous faire ce test ? Peut-être aussi, je ne sais pas si la durée d’incubation, s’il y a un temps de délai comme le test de grossesse pour bien qu’il l’utilise, pour pas qu’il y ait de faux résultats. Et puis qu’il n’hésite pas de revenir pour en parler, pour parler du résultat du test.

Selma : Si jamais un de vos client revenait après avoir acheté le test et qu’il était positif, que lui diriez-vous, quels seraient vos premiers mots ?

Jessica : Mes premiers mots ce serait déjà de lui dire, de lui expliquer la transmission du virus, comment le virus se transmet et de lui dire de faire attention s’il a des partenaires, de faire attention s’il a des brosses à dents, s’il a enfants ou quoi, de jeter la brosse à dent et de bien expliquer aux gens qui partagent sa vie de ne pas utiliser ses brosses à dent par exemple. Et évidemment de l’orienter chez un médecin ou à l’hôpital.

George : Bah d’aller directement soit voir son médecin de famille, soit d’aller à l’hôpital. Mais de ne pas rester seul.

Virginie : Alors déjà ce n’est pas une maladie honteuse, faut pas s’écrouler, il y a des médicaments, on arrive maintenant à stabiliser, même à guérir.

Non, au jour d’aujourd’hui, on ne guérit pas du VIH mais on vit avec le VIH grâce aux progrès de la médecine.

Il faut qu’il soit pris en charge par un organisme spécialisé. Et qu’il fasse attention, maintenant qu’il sait qu’il est séropositif, d’éviter la contamination parce que ça c’est les principales quoi.

Selma : Pouvez-vous me citer les modes de transmission du VIH ?

Jessica : Alors oui c’est le mode de transmission sexuel donc avec des relations sexuelles, par le sang, c’est-à-dire par exemple un toxicomane qui va s’injecter un produit après qu’il ait prêté sa seringue à une autre personne. Par la salive, il n’y a pas de transmission du virus. Donc un bisou ce n’est pas grave. On peut toucher aussi une autre personne qui a le virus sans problème.

George : Alors les modes c’est sexuel, le sang, c’est les deux principaux.

Virginie : Par voie sexuelle, par voie sanguine. Alors sexuelle, même par une fellation par exemple. C’est considéré comme une voie sexuelle parce que des gens ne connaissent pas ou si on a quelque chose dans la bouche, une plaie buccale, on peut très bien attraper le sida.

Selma : Est-ce qu’une personne séropositive peut avoir un enfant sans contaminer son partenaire et ni le bébé ?

Jessica : Oui, aujourd’hui oui c’est possible parce qu’il y a des traitements pour les mamans qui permettent de faire baisser la charge du virus et du coup le virus ne passe pas la barrière du placenta donc le bébé n’a pas le virus. Donc il y a beaucoup de mamans aujourd’hui qui ont le virus du sida mais qui ne transmettent pas et l’enfant n’est pas malade.

George : Maintenant oui.

Virginie : Oui.

Fin du son.

Sandra : Un pharmacien qui a dit qu’on peut guérir du VIH. Aujourd’hui non, on ne peut pas guérir du VIH. Il y a un juste eu un cas de guérison. On en a beaucoup parlé à l’émission de radio. Il s’agit de Timothy Ray Brown, qui a été guéri du VIH. Il avait une leucémie et son docteur, Gero Hütter en le soignant de sa leucémie a réussi à enlever le virus VIH. Pour plus de détails, rendez-vous sur le site papamamanbebe.net. Tina tu veux rajouter quelque chose ?

Tina : C’est effectivement le seul cas. Il s’agissait en plus d’une intervention très lourde pour guérir la leucémie et parallèlement aussi le VIH, une greffe de la moelle osseuse. Donc ce n’est pas du tout faisable à grande échelle. C’est un cas unique et qui pour l’instant restera unique.

Sandra : Sur les modes de contamination, donc quels sont les modes de transmission ? De la mère à l’enfant, par voie sexuelle, par les échanges de seringues et par transfusion sanguine. Et je crois qu’il y avait un pharmacien qui avait dit qu’il ne faut pas s’échanger les brosses à dent, qu’est-ce que tu as à dire là-dessus Tina ?

Tina : Moi, ma brosse à dent, j’ai ma brosse à dents parmi les autres brosses à dents. Quand je suis en famille, il y a un gobelet où il y a d’autres brosses à dents aussi. Je pense que séropositif ou non on ne s’échange pas les brosses à dents. Donc c’est un peu ridicule d’insister là-dessus. Ca se fait par mesure d’hygiène. Par ailleurs je ne pense pas que si une soeur ou un frère utilisait ma brosse à dent, ce n’est pas le mode de contamination, il n’y a pas de sang sur ma brosse à dents. Ca ne se fait pas de manière générale mais je ne pense pas que quand on apprend qu’on est séropositif, faut mettre un accent sur attention ta brosse à dents quoi. Ca me paraît à côté de la plaque.

Sandra : Qu’est-ce que tu penses de cette information ? Du test de dépistage. Donc aux États-Unis, on peut le trouver en pharmacie et donc du coup les personnes peuvent aller en pharmacie et se faire dépister chez elles. Qu’en penses-tu ?

Tina : Déjà par rapport à ce que disais une personne du micro trottoir, elle disait oui c’est mieux en laboratoire parce que du coup l’information est partagée. La personne ne garde pas l’information pour elle. Ca c’est faux puisqu’il existe les centres de dépistage anonyme et gratuit, dont le principe est justement que la personne si elle veut peut garder, peut savoir pour elle-même qu’elle est séropositive sans être, si on peut dire fichée en tant que personne séropositive. Donc ce n’est pas par rapport à ça que ça fera une différence le fait de le faire à la maison ou dans un CDAG, ça reste toujours aussi confidentiel et c’est seule la personne qui est séropositive, si elle l’est, qui le saura. Pour la question de le faire à la maison, je pense que, ayant eu le test positif il y a 10 ans, je peux te dire que c’est extrêmement difficile de l’apprendre à la maison tout seul. Il n’y a pas assez d’information disponible pour bien savoir gérer cette nouvelle, de savoir que bon, qu’est-ce qu’il faut faire, quelles sont les démarches à faire, ou est-ce qu’on peut avoir recours ? Où trouver un infectiologue même, rien que ça. Où trouver un psychologue si on en a besoin ? Comment être rassuré ? Je pense que c’est vraiment difficile de l’apprendre tout seul à la maison. Je pense que c’est mieux de le faire avec un médecin. Ca peut être un généraliste, ça peut être même un infirmier, mais de le faire tout seul à la maison je pense que c’est quand même difficile.

Sandra : Et pour les couples sérodifférents, est-ce que ce serait une possibilité intéressante selon toi ?

Tina : Oui là c’est différent bien sûr parce que la personne du fait d’avoir une partenaire séropositive a déjà beaucoup d’information sur le VIH, connaît déjà la prise en charge. Donc là-dessus ça pourrait être effectivement envisagé sachant qu’en plus les CDAG ne sont pas du tout préparé à faire les tests aux personnes vivant en couple sérodifférents. Je peux le dire parce que mon partenaire a fait l’expérience. Quand il a été au CDAG, qu’il a expliqué qu’il vit en couple sérodifférent, le médecin en face était catastrophé, elle voulait quasiment l’hospitaliser tout de suite. Je pense qu’il faut en tout cas réfléchir à un lieu adapté où les personnes qui vivent en couple sérodifférents ou bien justement à ce moment-là le faire à la maison donc par le biais du partenaire qui est séropositif, avoir par ce biais-là un privilège disons, mais différemment que le grand public qui n’est pas préparé, qui ne connaît rien à ce sujet.

Sandra : Vos réactions sur le site survivreausida.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE