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Faire un bébé quand on est séropositif | Femmes séropositives | Grossesse et VIH | Samira

Samira, séropositive depuis 2004, très contente d’être maman pour la seconde fois

15 mars 2011 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Qui de mieux que des femmes concernées par le VIH pour parler du suivi médical des femmes enceintes séropositives ? Samira et Sofi ont volontairement raconté leurs expériences. On va écouter Samira, une maman de 30 ans qui pour l’instant ne travaille plus, mais profite pleinement de ses enfants, avec son mari, on écoute.

Début du son.

Samira : Je m’appelle Samira, j’ai 30 ans. J’ai deux enfants. Je suis séropositive depuis 2004. Je suis contaminée par mon mari. Ma première grossesse, je ne suis pas contaminée. Et en fait j’ai découvert ma maladie, 9 mois après la naissance de ma fille. C’est nous qui voulions faire un enfant. On a demandé le médecin. Donc elle m’a dit oui bien sûr, vous pouvez faire un enfant sans contamination. Au début, j’étais suivie à l’hôpital Kremlin-Bicêtre. Après j’ai arrêté, j’ai transmis mon dossier à l’hôpital Tenon parce que mon médecin a quitté l’hôpital fin mars. L’année dernière. C’est lui qui m’a encouragée pour faire un deuxième enfant. J’ai choisi comme ça au hasard parce c’est à côté de chez moi, ce n’est pas loin. Parce que l’hôpital Tenon c’est bien là-bas. Les médecins sont vraiment bien mais c’est très loin. 1 heure pour aller, 1 heure pour retour. C’est vraiment très loin pour moi. Après il m’a dit oui, vous pouvez faire un enfant sans contamination. Et après on a pris le risque, on a fait un enfant. La grossesse c’est très bien passée. Je n’avais pas de problème. Maintenant il a presque deux mois. C’est lui qui m’a posé la question si j’ai envie de faire un deuxième enfant. C’était la première ou deuxième fois que j’ai vu le médecin. Avant moi j’ai dit non parce que ma situation avant c’était vraiment, ce n’est pas la peine de faire un deuxième enfant, parce que je n’avais pas les papiers, j’habitais chez mes beaux parents. Il y avait les problèmes avec eux tout ça, donc... on ne travaillait pas, on n’avait pas les revenus, donc c’est la totale quoi. Et Youssef aussi, il avait commencé le traitement, je ne sais plus comment ça s’appelle, pour l’hépatite C. Donc il ne faut surtout pas faire un enfant avec ces traitements-là. On a fait l’enfant naturellement. 6 mois après les médicaments. En revanche oui au début j’avais peur et même j’ai appelé quelqu’un du Comité, qui m’a encouragée, elle m’a dit qu’il ne faut pas avoir peur parce qu’elle aussi elle a fait deux, trois enfants qui sont séronégatifs, qui sont maintenant des grandes filles de 11 ans, 12 ans donc voilà, elle m’a soulagée un peu. Même j’ai parlé avec mon médecin. Je lui ai dit que j’ai un peu peur que mon bébé soit contaminé tout ça. Elle m’a dit qu’il n’y a pas de soucis parce que je suis indétectable et je prends mes médicaments régulièrement. Donc je n’ai pas besoin de m’inquiéter quoi. Et après c’est bon, j’ai enlevé ça de ma tête. Je l’ai vu comme d’habitude, tous les trois mois. Donc comme d’habitude, ce n’est pas parce que je suis spécialement enceinte que je le vois souvent tous les mois non. Ce sont les mêmes examens, prise de sang, une fois tous les trois mois. Comme d’habitude quoi. En fait il n’est pas spécialisé pour les femmes enceintes. C’est un médecin qui suit les personnes séropositives. Donc oui de temps en temps, il me pose les questions, si je mange bien. Il faut manger bien la viande, les poissons, les trucs comme ça. Surtout les deux derniers mois de grossesse, j’ai attrapé le diabète de grossesse. Je me suis inquiétée un peu. Chaque mois il me fait les analyses, les prises de sang pour savoir où ça en était. Il me dit aussi qu’est-ce que je mange, qu’est-ce qui est bon pour moi, ce qui n’est pas bon. Au moment de mon accouchement, c’était prévu pour j’accouche normal et malheureusement, à la dernière minute la tête du bébé est restée plus haut. Elle ne voulait pas descendre donc le médecin m’a dit césarienne. Donc voilà, j’ai accouché en césarienne. C’était un peu dur mais bon. Moi je n’ai rien senti parce qu’ils m’ont fait l’anesthésie générale. Donc j’ai rien vu, j’ai rien senti. Mais après quand je me suis réveillée, ah oui c’est... j’avais mal, j’avais au mal au ventre, donc c’est normal. Et quand j’ai vu mon bébé, j’ai tout oublié, même les douleurs. J’ai tout oublié parce qu’il était tout mignon, pleins de cheveux (rires). C’est très mignon. C’est bien les bébés. Elle m’a donné un sirop pour mon bébé. 4 semaines. Donc je lui ai donné 4 semaines. Une fois le matin et une fois le soir. Il adore ça parce que c’est un peu sucré. Donc dès que je mets la seringue dans sa bouche il commence à sucer. Et quand je lui enlève la seringue il commence à pleurer. 4 semaines après j’ai arrêté. Donc c’est en cas de contamination à l’accouchement. Sinon ils lui ont fait les analyses deux fois. Donc c’était négatif. Le médecin m’a dit normalement les deux premières prises de sang, ce sont elles les plus importantes. Pour ma grossesse, ils ne m’ont pas changé le traitement. Parce que j’ai demandé à mon médecin de me changer le traitement et après il m’a dit non, c’est ce traitement-là que je prends, c’est pour les femmes... en fait je prends truvada, norvir et precista. J’ai continué mon traitement comme d’habitude. Je le prends une fois par jour le soir. Oui c’est un garçon, il est tout mignon comme tout. Notre vie elle est complètement changée. Ce n’est pas comme avant. C’est normal, il y a un bébé en plus dans la famille. Donc c’est du bonheur. Ca faisait longtemps qu’on attendait ce moment-là. Ca fait 10 ans qu’on attend. Ma première fille, elle a 10 ans et demi. Séronégative aussi. Donc elle est très contente d’avoir un petit frère. Le petit frère, après-demain il a deux mois.

Fin du son.

Sandra : Zina, je t’ai vu sourire et je t’ai vu être étonnée pendant que tu écoutais le récit de Samira. Qu’est-ce que ça t’a fait d’entendre le récit de Samira ?

Zina : J’étais juste étonnée c’est quand elle disait qu’elle avait eu une prise de sang tous les trois mois, parce que... je ne sais pas parce que c’est si ça a changé ou si ça dépend de où on est suivi parce que moi c’était tous les mois. Je me disais ah, elle a de la chance tous les trois mois. Parce que moi je devais y aller tous les mois faire ma prise de sang pour mes deux grossesses. C’était juste pour ça que j’étais étonnée. Sinon j’ai souri parce que je trouve mignon et touchant la façon dont elle parle de son bébé. On voit bien que c’est une maman ravie. Je trouve ça mignon.

Sandra : Donc tu es maman aussi. Tu as deux enfants. Pour toi, quand tu as entendu le récit de Samira, est-ce que tu t’es reconnue dans ce qu’elle a dit ? Dans sa façon de parler, est-ce que pour toi ça s’est passé quasi pareil ou est-ce qu’il y avait vraiment beaucoup de différences ?

Zina : Pour moi déjà, la première grossesse, j’ai accouché en 1995. De toute façon c’était différent, il y avait un risque de 8% à l’époque. Et sinon pour ma fille c’était... ouais c’est similaire. Ma fille qui est née en 2000, c’est pareil quoi, elle est née avec le 0,001% de risque donc non pareil. Hormis les prises de sang que moi j’ai eu tous les mois.

Sandra : Et qu’est-ce que tu dirais à une femme qui apprend sa séropositivité en cours de grossesse pour la rassurer, la réconforter qu’est-ce que tu dirais ?

Zina : Je lui dirais que la vie ne s’arrête pas là, qu’on peut très bien vivre avec et avoir des enfants. Que maintenant il y a eu un gros progrès au niveau des thérapies, donc c’est vrai que, je lui dirai de continuer à avancer et qu’on peut vivre tout à fait normalement et voilà.

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