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Bernard Hirschel répond aux questions des séropositifs : La surcontamination, ça existe ou pas ?

11 février 2011 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Bernard Hirschel répond aux questions des séropositifs et de ceux qui les aiment. En exclusivité pour vous auditeurs de l’émission Survivre au sida, l’un des meilleurs infectiologues du VIH en Europe écoute vos questions et y répond dans le cadre d’une série. Cet infectiologue c’est donc Bernard Hirschel. Il dirige un service VIH à l’hôpital universitaire de Genève depuis plus de 20 ans. Vous aurez donc le plaisir d’écouter Bernard Hirschel dans nos émissions régulièrement grâce à Reda Saki militant pour les familles vivant avec le VIH, qui est parti à sa rencontre pour poser des questions qui comptent pour les séropositifs et ceux qui les aiment. On part pour la Suisse et c’est une question de Zina.

Début du son.

Zina : Je voulais savoir si c’était vraiment sûr. Est-ce qu’on peut vraiment m’affirmer qu’il n’y a pas de surcontamination quand deux personnes séropositives ont des relations sexuelles non protégées. Et bon, je sais bien que si, si les personnes prennent une trithérapie avec une charge virale indétectable, il n’y a pas de soucis. Mais si par exemple là, dans le cas, il y a une personne qui a une charge virale indétectable et qui prend sa trithérapie et l’autre qui ne prend pas de trithérapie et qui a une charge virale détectable, est-ce que vraiment on ne peut pas se surcontaminer ? C’est par rapport à un vécu. J’ai eu un partenaire séropositif et on s’est posé la question. On n’a pas mis de préservatif. Et on voudrait savoir si on peut continuer comme ça sans risque.

Bernard Hirschel : La surcontamination. Alors il faut distinguer deux choses. D’abord est-ce que c’est possible ? Et deuxièmement si c’est possible, est-ce que c’est nocif ? Alors, regardons d’abord la situation ou quelqu’un est sous trithérapie et il aurait été exposé à une personne avec une charge virale détectable. Alors à ce moment-là, le virus ne peut pas infecter la première personne parce qu’elle est sous trithérapie. On sait très bien que la trithérapie protège contre l’infection même si on la prend après l’exposition. Si on la prend avant, très probablement qu’une infection n’est pas possible. Mais la deuxième question est, si on a deux personnes qui ne prennent pas de traitement, ça, c’est peut-être la situation la plus fréquente, la plus intéressante, est-ce qu’on peut être infecté une deuxième fois par le VIH ? Alors la réponse est oui. Il y a des cas où on a prouvé que c’était vraiment arrivé. Mais ce qui n’est pas clair, est-ce que c’est bien ou est-ce que c’est mal ? On a eu l’idée qu’on a un gentil virus auquel on s’est adapté et puis on s’infecte par un méchant et on tombe malade. Alors ce scénario-là, à ma connaissance n’a pas été prouvé jusqu’à présent. On peut dire que la surcontamination fait peu de différence ou bien même, remplacer par exemple un virus résistant au traitement par un virus sensible au traitement. Est-ce que c’est bien ou est-ce que c’est un mal ? Ce n’est pas clair. Parce que le virus sensible au traitement a parfois causé une virémie plus élevée que le virus résistant au traitement qui était un peu estropié, puisqu’il a dû payer pour devenir résistant au traitement. On peut dire qu’on ne sait pas si l’exposition à un deuxième virus est nocif. Donc pour moi et pour d’autres, ça veut dire il ne faut pas compliquer inutilement la vie à des gens pour des effets dont on ne sait pas si c’est bien ou mal ou peut-être ne fait pas de différence. Et c’est pour cette raison-là que je trouve, le préservatif ça sert à prévenir des nouvelles infections dans une situation où il y a deux personnes qui sont déjà infectées. Eh bien le train est parti c’est trop tard. Et qu’ils aient des relations protégées ou non protégées, ça ne fait probablement pas de différences.

Fin du son.

Sandra : C’était Bernard Hirschel infectiologue à l’hôpital universitaire de Genève depuis plus de 20 ans.

Transcription : Sandra Jean-Pierre

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