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États-Généraux du VIH en Ile-de-France | Claude Evin

M. Evin, les séropositifs ont besoin d’amour... et de droits !

5 novembre 2010 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Dans ce colloque il y a eu plusieurs prises de parole et ensuite à la fin Claude Evin a fait une sorte de conclusion et voilà ce qu’il a retenu de toutes ces prises de parole des personnes concernées par le VIH, on l’écoute :

Début du son

Claude Evin : Moi je considère, comme directeur général de l’Agence, que le travail des associations, que le travail que vous conduisez est absolument déterminant. Je crois en effet que c’est dans les actions de prévention, dans les actions de santé publique, je crois en effet que c’est cette multiplicité, cette diversité qu’il faut prendre en considération et le travail de parole, le travail d’accompagnement, le travail d’estime de soi qu’évoquait France Lert est absolument déterminant. L’Agence Régionale de Santé souhaite faire de la question du VIH Sida l’une de ses grandes orientations, parce que c’est évident que la situation en Ile-de-France est une situation qui nécessite en effet que des actions particulières soient conduites en Ile-de-France. Moi je souhaite en tout cas que ces actions soient conduites avec le secteur associatif. La nécessité de l’information des familles, de la possibilité de faire des choix on rentre là y compris dans des démarches qui concernent d’abord les professionnels de santé, j’ai pris un certain nombre de témoignages que vous avez pu exprimer même si l’Agence pourra aider à développer cette information pour que les familles puissent faire le choix qu’elles souhaitent faire au regard de leurs propres situations. Donc voilà quelques mots rapides, ma présence plutôt ce soir était là pour recueillir vos témoignages et en tous les cas porter aussi témoignage que l’Agence Régionale de la Santé est totalement à vos côtés pour conduire ces actions. Je vous remercie.

Fin du son

Sandra : Qu’est ce que vous pensez de sa conclusion, est-ce que vous pensez qu’il a vraiment entendu les familles ?

Ben : Monsieur Evin je vous prends au mot, avant de gravir le perron avec la matière grise qui a toujours vécu chez nous la pierre de Soignies dans le nord de la France, mais on vous prend au mot on vous suit et OK si vous considérez la parole des familles avant tout. Merci, merci de la considérer à sa juste valeur.

Sandra : Nadine qu’est-ce que tu as pensé de la prise de parole de Claude Evin ?

Nadine : Moi j’ai deux impressions c’est-à-dire que là j’entends qu’il a entendu le médecin mais je n’ai pas l’impression qu’il a entendu nos témoignages à nous. Moi après ce que j’ai à dire c’est qu’il n’y a pas que l’Ile-de-France, le VIH est un problème national, je pense qu’il faut penser à toute la France, à se mobiliser sur toute la France et pas seulement au niveau de l’Ile-de-France. Là il dit l’Ile-de-France parce qu’il est face à des familles d’Ile-de-France OK, mais moi je dis à Monsieur Evin que le VIH, il est aussi dans les régions, il pose les mêmes problèmes, que nous les problèmes qu’on rencontre c’est des problèmes humains, ce ne sont pas des problèmes de chiffres ou de bon traitement ou de ceci ou de cela, ce sont des problèmes au niveau de la vie de tous les jours. J’espère que cela, il l’a entendu, je ne l’entends pas dans ce qu’il a dit mais j’espère en tout cas.

Sandra : Mais Claude Evin est directeur de l’ARS d’Ile-de-France donc c’est pour ça qu’il parle de l’Ile-de-France.

Reda : Mais aussi parce que l’Ile-de-France concentre la moitié des personnes séropositives, ce qui ne veut pas dire qu’il faut oublier l’autre moitié.

Ben : C’est bien les gens des cités, des zones rurales ou semi-urbaines comme le Borloo Land, on a plusieurs ministres. D’ailleurs j’aimerais saluer Monsieur Jean-Louis Borloo, l’ancien maire de Valencienne, ainsi que Valérie Létard.

Reda : Mais tu nous excuses mais pour nous c’est le Ben Land, ce n’est pas le Borloo Land,

Ben : Écoute, j’espère que vous allez réussir à mettre votre grain de sel sur la place des associations représentatives ou non représentatives des personnes concernées par le VIH dans le Borloo Land ou le Ben Land, tu l’appelles comme tu veux, moi je ne suis pas encore arrivé au Bocket Land c’est du côté de Saint-Amand-les-Eaux, pour ceux qui m’ont compris.

Sandra : Ali ?

Ali : D’entendre de la part d’un politique, en l’occurrence de Claude Evin qu’il prend en compte et qu’il écoute les médecins, les acteurs médicaux en général c’est une bonne chose, mais avant tout c’est la parole des personnes vivant avec le VIH et vivant avec les traitements qui doivent pointer les problématiques de manière à ce que les politiques et les acteurs médicaux prennent en compte toutes les problématiques liées à la vie avec le VIH et aux conséquences des traitements.

Sandra : Reda après avoir entendu Claude Evin ?

Reda : Deux points au moins. Le premier c’est que Claude Evin ne pouvait pas dire autres choses que ce qu’il a dit. À partir du moment où le plus dur a été de faire en sorte qu’il vienne et du côté du Comité on propose aux gens de venir dans un colloque et pas dans un couscous et que les gens cela les intéresse et qu’ils viennent et qu’ils ont envie de parler. À partir de ce moment-là où il y a eu ça, il ne pouvait pas répondre autrement et c’est donc la force des personnes présentes, parce qu’il y avait une salle comble au conseil régional, ce qui n’arrive pas tous les jours, ils font des colloques tous les jours et ce n’est pas tous les jours que les salles où ils se tiennent sont pleines à craquer comme lundi soir et donc il ne pouvait pas répondre autrement. Deuxième point, alors les familles vivant avec le VIH en santé publique ont toujours été pris en considération d’accord, mais ça a toujours été la dernière roue du carrosse. C’est vrai qu’il y avait l’urgence mais dans l’urgence des populations, des gens qui étaient identifiés par leurs modes de contamination par la seringue, bien sûr il y avait des homosexuels et des hétérosexuels mais il y en avait pas mal qui étaient hétérosexuels et qui sont devenus parents, qui n’ont jamais été pris en compte. Il y a donc toute une histoire par rapport à ça et nous aujourd’hui on se concentre sur quoi ? On se concentre sur des choses qui peuvent paraître frivoles, une soirée séromantique, une fête pour séropositifs et ceux qui les aiment bien sûr on rajoute dans un souci d’équité dans un souci d’ouverture et d’équité. Mais les soirées séromantiques, le Groupement Régional de Santé Publique c’est-à-dire ce qui a été remplacé par l’ARS ce que dirige Claude Evin, quand on leur a parlé de soirée séromantique ils ont halluciné. Ils se sont dits mais pour qui vous vous prenez, vous venez demander de l’argent, un budget de santé publique pour organiser une fête pour les séropositifs pour qu’ils puissent, si c’est possible, certains d’entre eux et d’entre elles faire l’amour à la fin de la soirée, mais qu’est-ce que c’est que ça ? Mais on a mis du temps pour qu’ils comprennent que s’intéresser aux besoins psychoaffectifs, dans le jargon, en clair aux besoins amoureux, aux besoins sexuels, aux besoins d’amour des séropositifs, que ça fait partie de la lutte contre le VIH. Et Claude Evin quand je l’avais rencontré au printemps, je lui avais parlé de la défense du dépistage obligatoire, il en a des souvenirs parce qu’il a fait partie dans les années quatre-vingt des personnes qui se sont battues contre, donc là-dessus il m’a tout de suite dit non, surtout pas de dépistage obligatoire, mais par contre quand je lui ai parlé d’amour là il m’a presque regardé de travers et il m’a dit : écoutez, on doit faire des choix, des priorités donc l’enjeu hier soir c’était aussi qu’il puisse comprendre que les séropositifs ont besoin d’amour, donc j’espère que c’est chose faite.

Transcription : Kahina Bordji

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