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Bonne nouvelle : « Avec une trithérapie efficace, je ne serais plus contaminante »

24 septembre 2010 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Un autre projet qui te tient à cœur, c’est l’émission Survivre au sida. Alors ça fait maintenant près de 4 ans que tu participes à l’émission. C’est que ça te plaît ?

Tina : Oui ça me plaît, je trouve que c’est intéressant de débattre, on a l’occasion de rencontrer tellement de personnes différentes à cette émission de radio, d’aborder tellement de sujets différents concernant le VIH et plus largement aussi la culture et autre, donc je trouve que c’est vraiment très enrichissant.

Sandra : Ta participation a toujours été aussi régulière ou est-ce que tout de suite tu as adhéré au Comité et puis direct, tu as voulu participer à l’émission de radio, ou ça a été petit à petit ?

Tina : Je pense que ça a été plutôt petit à petit. Toujours quand Reda me demandait parce que je n’ai jamais refusé n’est-ce pas Reda ? Je pense en tout cas. Parfois je parle plus, parfois moins. Il y a des émissions je suis là, mais je ne dis pas grand-chose. C’est toujours la nécessité mais pour moi, je ne pense pas que je vais refuser d’y participer et au contraire, j’aime bien y assister, y participer, et parler si j’ai des choses intéressantes à dire.

Sandra : Mais qu’est-ce que ça t’apporte justement de participer à cette émission ? Pourquoi ne pas se contenter d’écouter l’émission chez toi ? Pourquoi participer ?

Tina : Bonne question. Au départ je sais que c’est une émission qui donne la parole aux personnes concernées donc si les personnes concernées refusent de parler, comment faire déjà ? En plus c’est un moyen, sans montrer son visage, de parler librement, de choses très personnelles, mais j’imagine toujours aussi qu’il y a peut-être des auditeurs qui entendront certaines choses que l’émission peut leur dire et aussi mon avis, en tant que personne concernée qui peut-être peut leur apporter quelque chose. C’est ça le but. Oser parler de sa vie avec le VIH à la radio. Cette voix elle part, un peu on ne sait pas où mais en tout cas, grâce à internet, partout. Et si ça peut aider certaines personnes qui cherchent encore des réponses, un peu dans une situation de désespoir, je suis contente si ça peut aider ces personnes-là.

Sandra : Et toi ça t’a aidé de participer à l’émission ?

Tina : Oui bien sûr. Tout ce que je fais au Comité ça aide, aussi l’émission de radio. Parfois ça fait aussi un peu flipper. On est quand même… on parle en public quelque part, parfois je me suis dit peut-être qu’on va quand même reconnaître ma voix. Je n’ai pas envie que tout le monde sache que je suis séropositive. Donc il faut être un minimum courageux c’est vrai, et se dire tant pis si un jour ça se sait, j’assume.

Sandra : Un de tes moments préférés à l’émission ? Est-ce que tu t’en souviens ? Un moment vraiment que tu as apprécié à l’émission ou plusieurs je ne sais pas ?

Tina : Oui c’est vraiment plusieurs moments, je sais qu’il y a eu des émissions où des Grandes sœurs sont venues, on a parlé de ce projet, il y a des émissions… ouais je ne peux pas dire une émission en particulier mais j’aime beaucoup…

Sandra : Un thème alors où là tu étais vraiment contente de participer, d’apprendre quelque chose ?

Tina : Oui voilà, il y a eu une émission où je crois qu’on a eu les premières fois l’occasion de parler au professeur Hirschel, c’était par le téléphone, alors comme il est suisse - allemand, j’étais aussi là pour garantir un peu éventuellement la traduction. En tout cas ça m’avait beaucoup ému parce que c’était ce professeur qui pour la première fois parlait à la radio de l’avis Suisse, c’était fort comme moment. Et après il y a eu des interviews qui ont suivi et à chaque fois c’était avec beaucoup d’émotion pour moi.

Sandra : L’avis suisse tu peux expliquer ce que c’est aux auditeurs ?

Tina : Oui. Alors depuis déjà plus de deux ans, presque trois ans, on dit avis suisse parce que c’est parti de médecins suisses, qui l’ont, pour la première fois, dit publiquement, qu’une personne qui est séropositive, et sous traitement efficace, c’est-à-dire avec une charge virale indétectable depuis au moins 6 mois. Et si elle est donc observante, rigoureuse dans son traitement, qu’elle n’a pas d’autre MST, qu’elle vit dans un couple sérodifférent, le partenaire est séronégatif, ce couple-là peut décider de renoncer aux préservatifs, et de se protéger grâce aux traitements.

Sandra : Et un moment que tu as détesté à l’émission ? Aller, il doit peut-être en avoir un.

Tina : Aïe aïe.

Sandra : Un mauvais souvenir ?

Tina : Les mauvais souvenirs, faut dire qu’on enregistrait l’émission dans un local de FPP qui était assez pourri, les gens fumaient de tout à l’intérieur, parfois il faisait froid, ça sentait mauvais, c’était les conditions, moi je suis un peu maniaque.

Sandra : C’est les conditions mais pas sur le contenu de l’émission…

Tina : Non on a toujours rigolé, parlé, c’était toujours des moments forts.

Transcription : Sandra Jean-Pierre