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Les Grandes soeurs, trois ans déjà et toujours là pour soutenir les femmes qui apprennent leur séropositivité en cours de grossesse

26 septembre 2010 (papamamanbebe.net)

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Sandra : On discute avec Tina. Au Comité des familles tu t’occupes du projet Grandes sœurs. Est-ce que tu peux expliquer aux auditeurs qu’est-ce que c’est ce projet ?

Tina : Donc ce projet consiste à soutenir des femmes qui sont enceintes et qui apprennent en cours de grossesse qu’elles sont en plus séropositives. Donc de les soutenir par d’autres mamans qui sont déjà passées par là qui ont eu leur enfant en bonne santé mais qui ont aussi appris leur sérologie en cours de grossesse, mais qui ont compris que la vie avec le VIH était belle malgré tout, que leur enfant est en bonne santé et que justement cette expérience, elles le partagent avec celles qui viennent d’apprendre leur sérologie pour les aider à surmonter ce moment très difficile et au plus rapidement, pour prendre le dessus de la situation.

Sandra : Quand est-ce que ce projet a vu le jour ?

Tina : C’était fin 2007. C’est Reda en fait qui m’en a parlé parce qu’il y avait eu une maman qui a eu cette idée mais qui n’a jamais fait vraiment aboutir ce projet. Mais elle a eu cette idée, elle-même avait appris sa sérologie en cours de grossesse et elle a dit : « tiens on pourrait soutenir celles qui vont l’apprendre, il y en a encore tellement d’autres qui vont suivre, c’est tellement difficile, je l’ai vécu, ce qui peut aider le plus c’est l’exemple d’une mère qui a vécu la même situation ». Donc moi je ne suis pas maman mais je me suis dit que je peux un peu guider ce projet, le faire évoluer et aboutir à un vrai, que ce soutien puisse se faire, de mettre en relation les Grandes sœurs, avec les Petites sœurs, par le biais des médecins. Donc des médecins dans des maternités comme à Louis Mourier ou à Delafontaine, qui annonce la sérologie à des femmes enceintes et qui à ce moment-là, propose à ces femmes de rencontrer une Grande sœur pour les aider à surmonter cette situation.

Sandra : Est-ce que tu gères toute seule ce projet ou est-ce que tu es aidée par d’autres personnes au Comité ?

Tina : C’est-à-dire moi je suis responsable de ce projet. De toute façon ici au Comité il y a toujours l’entraide. Après c’est à moi de faire que le projet aboutisse. Et les Grandes sœurs sont très impliquées. Il y a aussi Ariane, c’est comme on dit, c’est la grande sœur numéro 1, parce qu’elle a déjà suivi tellement de Petites sœurs. Suivi ça ne veut pas dire appeler une ou deux fois. C’est pendant des mois et des mois même quand l’enfant est déjà né, elle continue à les appeler et à donner de son temps sans compter vraiment à n’importe quelle heure de la journée pour leur remonter le moral. Il faut savoir qu’au début ces femmes enceintes elles parlent d’avortement, elles n’en peuvent plus, elles sont à bout quoi. Ce genre de situation on le vit rarement, quelque chose d’aussi difficile. Et par son expérience, de mère de deux enfants, Ariane réussit à leur redonner espoir et au final… à mettre au monde leur enfant, à être une maman épanouie, et au mieux aussi de réussir à en parler à leur partenaire, le papa de l’enfant, qui, s’il le désire, fait son test et puis après soit il est aussi séropositif ou bien il ne l’est pas, et il faut aider ce couple qui ne connaît pas encore… que c’est possible de vivre avec le VIH… comment faire en fait. Tout en évitant la contamination si le partenaire est séronégatif.

Sandra : En fait il ne s’agit pas de simples réunions si je comprends bien. Parce que je sais que, parfois, c’est chaque mois je crois ?

Tina : Oui.

Sandra : Qu’il y a la réunion vraiment pour les Grandes sœurs.

Tina : C’est ça. Le samedi, une fois par mois, il y a une réunion des Grandes sœurs, donc ça, ça sert surtout à ce que les Grandes sœurs entre elles se soutiennent parce que… sans bien sûr briser la confidentialité, les Grandes sœurs échangent sur certaines situations qu’elles ont vécues. Il y a aussi à ce moment-là des Petites sœurs qui peuvent venir et rencontrer d’autres sœurs. C’est une sorte de moment de soutien pour les Grandes sœurs entre elles.

Sandra : Et en fait après c’est tout au long de la grossesse…

Tina : Voilà ça peut être quotidiennement que la Grande sœur va appeler une Petite sœur, ça, c’est au cas par cas. Il y a des Petites sœurs qui ont envie d’être un peu aussi dans leur bulle et d’appeler seulement occasionnellement, d’autres ont besoin tous les jours d’être rassurées et la Grande sœur elle suit quoi, elle ne lâche pas l’affaire, sans pour autant non plus envahir le terrain de la petite sœur.

Sandra : Et ça fait combien de temps que ça existe ?

Tina : Fin 2007, donc ça fait trois ans.

Sandra : Trois ans déjà. Est-ce que tu as un nombre précis de participantes ?

Tina : Alors pour les Grandes sœurs, bien sûr il y en a par moments qui sont plus impliquées, moins impliquées. On est aux alentours de 8 Grandes sœurs. Le groupe a plutôt tendance à grandir. Et c’est nécessaire parce que pourquoi se limiter à deux hôpitaux on pourrait aussi soutenir des femmes enceintes qui apprennent cette nouvelle dans d’autres hôpitaux. Alors il faut des Grandes sœurs pour ça. Et des Petites sœurs qui ont été soutenus, il y en a à peu près 7 chaque année.

Sandra : Et la prochaine réunion c’est quand ?

Tina : C’est le samedi 18 septembre à 14 heures.

Transcription : Sandra Jean-Pierre