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Le jour où le Comité des familles a changé la vie de Tina

26 septembre 2010 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Le Comité des familles est une association créée en 2003, par et pour des familles concernées par le VIH. Tina quand et comment as-tu connu le Comité des familles ?

Tina : Alors quand c’était exactement en novembre 2006, comment c’est par internet. Je faisais des recherches régulièrement sur le sujet, avoir des enfants avec le VIH, j’avais assez peu d’information, je savais que c’était possible mais à l’époque j’étais avec un autre partenaire séronégatif aussi qui était très contre, parce qu’il avait… on va dire aussi il était musulman pour lui c’était contre la religion musulmane, bon j’ai cherché, je me suis renseignée à ce niveau-là mais même ça, ça le dérangeait. Il ne voulait pas que je me renseigne. J’ai toujours beaucoup hésité, comme ça n’allait pas souvent entre nous, je me suis dit c’est quand même aussi un choix pour moi d’avoir l’information, après si… on peut toujours se séparer aussi. Et du coup je suis tombée sur une, pas une publicité mais sur internet, une page qui parlait de la prochaine rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH avec des médecins spécialistes. Donc je me suis dit c’est exactement ce que je cherche, c’est le sujet, je dois absolument y aller. Donc je me suis inscrite et puis par la suite une personne m’a appelée pour savoir quelles étaient mes questions que j’allais poser à cette rencontre et pour moi cette date-là je l’attendais…

Sandra : Impatiemment.

Tina : Pire que Noël, c’était vraiment… je m’accrochais à cette date comme moment d’espoir quoi. Je n’oublierai jamais l’espoir que ça m’a mis dans la tête et psychologiquement de savoir qu’il y aura une date où je vais apprendre pleins de choses à ce sujet.

Sandra : Et effectivement tu as appris pleins de choses ou pas ?

Tina : Ah oui ! Pleins de choses vraiment. Cette journée je l’ai passée dans un état presque second. Je ne sais pas comment dire. J’étais assise là…

Sandra : Tu étais euphorique !

Tina : Je crois que mon cœur battait assez fort, je voulais que ça ne s’arrête jamais. Je voyais des parents avec leurs enfants qui étaient concernés, qui le disaient qui étaient concernés. Et je voyais leurs enfants, je voyais des couples, où je sentais qu’il y avait de l’amour, du soutien, des couples comme le mien, c’est-à-dire un est positif, l’autre négatif et qui avaient décidé de fonder une famille, de surmonter ce problème et… alors que moi ça faisait depuis déjà depuis trois ans que j’étais avec mon partenaire et qui refusait toute idée de faire un enfant ensemble. Pour moi c’était très fort.

Sandra : Et donc suite à cette rencontre des parents et futurs parents, tu as adhéré tout de suite au Comité ?

Tina : Oui ! Le jour même j’ai laissé mes coordonnées parce que justement Reda faisait une demande, s’il y avait des personnes qui souhaitaient aider, pour leur association. Donc moi je me suis dit si je peux être utile, pour moi c’était déjà une association super bien organisée parce qu’ils avaient vraiment créé cet événement. Je me disais s’ils ont besoin de moi, je ne sais pas trop ce que je peux apporter mais pourquoi pas, avec plaisir. Reda, il m’a assez rapidement, les deux semaines qui ont suivi, il m’a appelé pour m’inviter à une réunion et à partir de là je suis venue à toutes les réunions.

Sandra : Et qu’est-ce qui t’a plu tout de suite au Comité des familles ?

Tina : C’était ce côté vraiment très humain, les personnes eux-mêmes concernées étaient là pour en parler dans la joie, avec aussi tout cet acharnement pour partager leur joie avec d’autres personnes qui sont encore dans le désespoir et vraiment j’ai trouvé ça fort comme démarche, très généreux. Beaucoup de générosité et d’optimisme malgré ce virus qui normalement t’enfonce dans un trou.

Sandra : Et tu as trouvé tout de suite ta place au Comité ou ça a pris du temps ?

Tina : Au début j’étais timide, je suis toujours très timide quand je ne connais pas les gens mais je me sentais quand même à l’aise. Oui je me sentais tout de suite écoutée. On peut dire vraiment tout le départ, cette expérience, mon vécu avec le VIH, mes problèmes de couple, du refus du partenaire à tous projets de famille, ainsi de suite c’était, il y avait de l’écoute quoi. Ça m’a fait beaucoup de bien.

Sandra : Et aujourd’hui c’est quoi ton rôle au Comité ? Tu es très active ou tu es toujours dans cette phase d’écoute ?

Tina : Non, bon aujourd’hui c’est vrai que, ça grandit et puis c’est vrai je suis presqu’une des plus anciennes dans le quotidien et j’ai pris pas mal de responsabilité à des projets qui me tiennent à cœur dont je suis responsable.

Sandra : Et qu’est-ce que tu préfères au Comité ?

Tina : C’est ces moments de partage d’expérience personnelle entre ceux qui sont là déjà depuis longtemps, les nouveaux qui arrivent et de voir que ça peut tellement aider de partager son expérience, qu’elle soit bonne ou difficile à vivre mais ces moments où on se rencontre pour partager notre vie avec le VIH.

Sandra : Et est-ce qu’il y a quelque chose que tu n’aimes pas au Comité des familles ?

Tina : Le désordre parfois qui peut régner au local, ça m’énerve.

Sandra : Ah ! Les gens ne sont pas assez ordonnés ?

Tina : Voilà. C’est un petit local, pas assez de rangement.

Sandra : Les feuilles elles sont partout.

Tina : Elles traînent partout.

Sandra : D’accord, c’est noté. Et si le Comité des familles n’existait pas ? Est-ce que tu aurais toujours cette même vie, cette joie de vivre ou est-ce que tu serais peut-être isolée ?

Tina : Ce qui a changé lorsque j’ai connu le Comité, c’est surtout cette assurance que j’ai dans la vie d’être séropositive. Avant c’était un truc qui m’effrayait un peu plus. J’étais moins bien avec ça aujourd’hui. Je pense que c’est vraiment grâce au Comité. De rencontrer des gens qui vivent bien avec ce virus, d’avoir cette assurance. Même parfois j’entends des gens qui ont parlé derrière mon dos, que je suis séropositive à une autre personne qui… bon voilà c’est… ça ne me bouleverse pas alors que si j’étais toute seule, je crois qu’il y aurait eu des moments où je tomberais dans la déprime.

Sandra : Le Comité des familles te permet en fait d’affronter les difficultés de la vie plus facilement on va dire ?

Tina : Oui.

Sandra : Et si, tu aurais un mot ou une phrase pour décrire le Comité ? Un mot tout de suite qui te vient. Comité des familles tu l’associes directement à quoi ?

Tina : Un mot je dirais générosité.

Transcription : Sandra Jean-Pierre