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Séniors séropositifs | Sexe et sexualité | Soirées de discussion

Forum des auditeurs : trouver l’amour quand on séropositif, la crainte d’être séropositif, les seniors séropositifs, la peur de contaminer

20 mai 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : Le forum des auditeurs. On a trop peu l’occasion de discuter des courriers qu’on reçoit à l’émission survivre au sida. Je tiens à remercier toutes les personnes qui nous écrivent. Je rappelle pour écrire à l’émission vous pouvez bien sûr réagir sur le forum public du site survivreausida.net mais dans les faits la plupart des réactions qu’on reçoit, on les reçoit par mail, mon adresse reda@papamamanbebe.net pour m’adresser un courrier à moi ou à un membre de l’équipe. Zina, Tina, Ali, Ousmane. Donc chaque membre de l’équipe a préparé, a choisi l’un ou plusieurs de vos courriers. On va commencer par Tina. Qu’est-ce que tu as sélectionné pour nous aujourd’hui ?

Tina : Alors j’ai un message Senior contaminé « Bonjour dommage que je n’ai pas pu assister à cette soirée de discussion car ce problème me tient à cœur. Je suis une senior contaminée depuis un peu plus de 3 ans. J’ai fait le choix de ne pas en parler autour de moi, même à mes partenaires car ils fuient. Durant 3 ans j’ai choisi l’abstinence par crainte de contaminer. Il y a peu de temps, j’ai franchi le pas, en optant pour le préservatif féminin, à mon avis plus sûr car il reste mieux en place. Mais durant l’acte je suis très inquiète et je vérifie sans cesse que le préservatif est bien en place. Je crains malgré tout la contamination de mon partenaire. Je suis inquiète et attends avec impatience les trois semaines qu’il ait fait son test. Le fait que, selon les suisses, une charge virale indétectable diminue ou même annule le risque de contamination me rassure un peu. Qu’en pensez-vous ? »

Reda : Ça montre à quel point la barrière psychologique est difficile à franchir. L’idée que quand on a un virus dans le sang on peut contaminer l’autre…

Tina : Et ça montre aussi cet intérêt qu’une personne séropositive connaisse l’effet des traitements qui diminuent le risque de contamination parce que même si elle met tout le temps le préservatif, elle a peur pendant les rapports sexuels, alors que si elle sait que grâce au traitement le risque de contamination est de toute façon très réduit peut-être qu’elle…

Reda : Oui mais la question c’est qu’est-ce qu’il faut pour vraiment changer d’avis ou comprendre. Parce que clairement, enfin vu comment elle écrit… ce que j’entends c’est elle a lu les articles, elle a probablement lu l’avis suisse ou d’autres textes qui parlent de l’intérêt préventif du traitement et pour autant la crainte, ce n’est pas parce que tu lis un truc ou des médecins te disent un truc que ça y est tu intègres ça dans ta vie. Elle ne dit pas son âge donc senior on ne sait pas si c’est une mamie de 70 ans ou une dame de 50 ans.

Zina : Senior c’est à partir de 60 ans non ? Il me semble…

Reda : Après, l’autre question, c’est si pour les séropositifs — vu le vieillissement plus rapide — si senior ce ne serait pas à partir de plus tôt que ça. Mais bon, j’ai déjà sorti à l’émission, un petit peu comme on compte l’âge des animaux. Un an pour un chien c’est l’équivalent de 7 ans pour un être humain.

Ali : Oui et puis par exemple, il y a mon médecin qui me disait c’est l’âge de nos artères.

Zina : Alors pour un séropositif… c’est quoi ton estimation ?

Reda : Je ne sais pas. Je ne rentrerai pas dans ce pronostic-là. Mais qu’est-ce que toi tu voudrais dire à cette auditrice ?

Tina : Moi je pense qu’effectivement, quand on lit simplement des articles, tout ça, c’est tellement incroyable comme nouvelle qu’on n’arrive pas à y croire. Mais que si elle a raté cette soirée de discussion, je ne sais pas de laquelle il s’agit mais on en fait une tous les mois. C’est vrai que ça change tout, de venir discuter avec d’autres personnes et ça rassure et ça clarifie ce qu’on a compris, bien compris, mal compris. Voilà donc je l’invite à venir s’informer pour la prochaine soirée de discussion.

Reda : Zina a aussi choisi un message reçu des auditeurs.

Zina : Donc « Salut aujourd’hui je viens d’avoir les résultats du test HIV. Je rappelle que je l’avais fait il y a 2 semaines. J’ai eu l’idée de faire un test car j’avais un symptôme bizarre : langue blanche qu’un médecin, stomatologue, dermatologue, infectiologue, généraliste, etc. ne peut expliquer. Aujourd’hui j’ai eu les résultats de mon deuxième test HIV. Le médecin m’a dit que c’était négatif. Il m’a aussi imprimé une feuille mais tout de même, m’a proposé un psychologue et là je suis un peu dans le stress. Je ne comprends pas. Il me dit que le test s’est avéré négatif mais tout de même me propose un psychologue. Je trouve que c’est un peu douteux cette histoire de psychologue. Vous ne trouvez pas ? J’ai eu les résultats, mais tout de même je suis inquiet. Sincèrement je vous dis j’attends quand le téléphone va sonner pour me convoquer à voir un psychologue pour qui m’annonce ma séropositivité. Nous sommes lundi, dans la semaine je suis quasiment sûr qu’ils vont m’appeler, je n’espère vraiment pas. Mais le fait qu’il m’ait proposé un psychologue m’inquiète. Il justifiait la proposition de voir un psychologue parce qu’il trouvait que j’étais un peu stressé ces derniers temps et par le fait que j’ai beaucoup de médecins et que j’étais trop anxieux. Merci de vos témoignages sur l’annonce de vos séropositivités » Donc je voulais rassurer la personne qui a l’air effectivement bien stressée. Si son médecin lui a dit qu’il était séronégatif, il n’y a aucune raison qu’il l’envoie voir un psychologue qui lui annonce sa sérologie.

Reda : Il manque un truc-là. C’est-à-dire, tu ne vas pas faire un dépistage par hasard. Il ne parle pas du tout de ses prises de risque. Donc ça sousentend…

Zina : Si, j’ai sauté parce que c’était un petit long mais effectivement il y a eu un risque il y a 2 ans voilà. « Mon dernier rapport à risque c’était il y a 2 ans ».

Reda : Ah oui OK, parce que je me disais peut-être un psychologue par rapport à tout ça mais…

Zina : Non il a pris…

Reda : Après nous, on a déjà vu des gens qui contactent l’émission convaincus, dur comme du fer, qu’ils doivent être séropositifs. Mais la plupart du temps, j’ai pu constater au fil des ans, ce sont des gens qui culpabilisent par rapport à des risques sexuels qui ont pris et puis qu’ils ont du mal à assumer. Donc ils se disent ça y est je vais payer, je vais être séropositif. Là il y a 2 ans… Bon. Ça date.

Zina : Ouais donc voilà, je lui conseille de détresser et peut-être d’aller voir un psychologue s’il continue d’être stressé comme ça. Mais en tout cas, si son médecin lui a dit qu’il était séronégatif, c’est que c’est vrai. Je ne vois pas…

Reda : Des erreurs médicales sur le statut sérologique…

Zina : Non mais là ce n’est même pas ce qu’il pense. Lui, il pense que son médecin, de ce que j’ai compris, apparemment il croit que son médecin, ne veut pas lui dire, il l’envoie chez le psychologue pour que ce soit le psychologue qui lui annonce sa sérologie.

Reda : Ça ne se passe pas comme ça. Le psychologue qui annonce la séropositivité… en tout cas pas en France.

Zina : C’est un peu tiré par les cheveux sa façon de penser. Donc ne t’inquiète pas, je ne sais pas si c’est un homme ou une femme, mais voilà.

Reda : Pour écrire à Zina c’est zina@papamamanbebe.net pour la rubrique du cœur à « survivre au sida » non ? (rires)

Ousmane : Est-ce que tu penses qu’on peut lire un autre ou…

Reda : Il nous reste tout juste 3 minutes.

Ousmane : Donc vite fait : comment surmonter la maladie ? « Je suis une jeune fille de 31 ans née le 31 décembre 1979 en Côte d’Ivoire, déclarée séropositive le 10 avril 2009. Vraiment je vous dis que je n’ai pas pu supporter la maladie. Je me suis tellement posée de questions. Comment cela est-il arrivé ? Pourquoi et comment je me suis laissée emporter par la maladie ? Qui aurait besoin d’une séropositive et de vivre avec elle ? Et que je n’ai pas d’enfant, j’avais vraiment perdu tout espoir d’une vie et grâce aux prières de mes parents j’ai pu surmonter cette maladie. Je vous dis, lorsqu’un homme m’aborde, j’ai peur de lui déclarer ma situation, qu’elle sera son comportement vis-à-vis de moi ? Il va me montrer du doigt oui ou non ? J’ai cette peur en moi, vraiment j’ai besoin de vos conseils et aussi vous partager ce que je vis »

Reda : C’est toujours touchant. Ça fait tout juste un an qu’elle connaît sa séropositivité, ce qu’on a l’habitude de dire c’est apporter des messages de soutien, d’espoir, là c’est quelqu’un qui est en Côte d’Ivoire. Donc on ne sait pas si elle a accès au traitement, dans quelles conditions, à quel stade de l’infection elle était quand elle a appris sa séropositivité. Il y a aussi le problème de rupture des médicaments là-bas qui reste très dur. Mais en fait dans tout ça elle veut parler d’amour.

Ousmane : Oui mais je pense aussi que… quelqu’un qui trouve l’amour, a déjà un soutien. Donc c’est le tout premier traitement que tu peux avoir en attendant les vrais traitements…

Reda : Oui mais si tu as une pneumocystose et une toxoplasmose au cerveau l’amour bon… peut-être pas à l’ordre du jour.

Ousmane : Pour l’instant ce n’est pas du tout le cas.

Reda : Oui, elle va bien.

Ousmane : Donc je pense qu’elle n’a vraiment pas peur mais qu’elle prenne vraiment son temps c’est ce que je peux dire. De prendre son temps de connaître l’homme qui l’aborde avant d’avouer sa situation sérologique.

Reda : Il y a aussi les associations mais ce qui m’étonne c’est que nos soirées séromantiques n’aient pas été reprises encore jusqu’ici sur le continent africain. Il a été question d’organiser une soirée séromantique à Casablanca mais ça, ce sera peut-être pour 2011 ou à Ouagadougou, à Abidjan…

Ousmane : J’espère ou au Congo, au Cameroun. Tout dépend des acteurs de la lutte contre le VIH sur place.

Transcription : Sandra Jean-Pierre