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Conférence VIH dans les pays à ressources limitées 21 avril 2010

20 mai 2010 (papamamanbebe.net)

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Mercredi 21 avril 2010, l’hôpital Salpêtrière accueillait la conférence organisée par Solthis et Esther afin de reprendre certains sujets traités lors de la 17e conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes dans les pays à ressources limitées. Celle-ci s’était déroulée à San Francisco du 17 au 19 février 2010. Des représentants et des professionnels médicaux ont donc pu développer et donner leur avis sur certains sujets comme les nouvelles technologies présentées par Christine Rouzioux (Hôpital Necker), VIH et couples par Catherine Dollfus (Hôpital Armand Trousseau), Tuberculose et VIH par Guillaume Breton (Hôpital Salpêtrière), transmission du VIH au sein d’un couple sérodiscordant présenté par Gilles Brücker (Esther).

Présidée par Christine Katlama (Praticien au service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Pitié Salpêtrière), et Yazdan Yazdanpanah (Patron du service universitaire régional des maladies infectieuses et du voyageur à l’hôpital Gustave-Dron à Tourcoing), la conférence débutait par le bilan concernant les avancées techniques. Globalement pour Christine Rouzioux (Responsable du laboratoire de virologie), les résultats annoncés à San Francisco étaient « une grosse déception ». Malgré tout, un point lui a paru intéressant, concernant la population des enfants vivants dans les pays à ressources limitées. En effet de nouvelles machines de tests rapides sont en développement, pour le dépistage des enfants. Le résultat est donné au bout de 25 minutes, le test est donc rapide. Faciles d’utilisation, les machines sont petites et donc facilement transportables, dotées d’une bonne sensibilité d’utilisation, ces nouveaux tests peuvent aussi éviter les transports des tubes.

Les objectifs pour les années à venir sont de réduire les prix d’accès aux soins, et pour ce faire, ouvrir la variété et diversité des tests. Christine Rouzioux prend exemple sur la baisse des prix des médicaments lorsque le réseau des laboratoires s’est mis à se développer. Selon elle, les laboratoires comme Abbott et Ruch, qui comme pour ce dernier créent des machines encombrantes et trop difficiles d’utilisation, envahissent le marché, ce qui empêche les petits laboratoires d’exister. « Il n’y aura pas de biologie moins cher sans rupture de monopole ». La mise en marché de ces micro-machines appelées aussi point-of-care (au pied du lit), serait une solution. Elles devraient être disponibles à partir de 2012, et vendus pour 10 dollars seulement. L’objectif étant aussi que ces machines ne coûtent pas le double, voir le triple, une fois importées dans les pays à ressources limitées.

Malgré un bilan décevant pour Christine Rouzioux, les avancées sur les micro-machines des tests pour enfant sont prometteuses. Elle précise néanmoins que ce développement ne doit pas faire oublier le travail à accomplir sur les ARN pour les adultes.

Catherine Dolffus (praticien hospitalier au service de pédiatrie), poursuit en résumant le sujet VIH et couples.

Dans les pays à ressources limitées plus de 70 % des adultes vivent en couple. Ceux-ci ne se perçoivent pas comme à risque. Souvent ils n’utilisent donc pas de protections dans leurs rapports sexuels, ce qui amène à des diagnostics tardifs.

D’après les résultats d’un sondage réalisé en 2007 au Kenya, la population de veufs infectés par le VIH est très élevée. Il y a aussi beaucoup de cas de personnes contaminées par des souches qui n’étaient pas de leurs partenaires. Mais il y a aussi des femmes qui découvrent leur séropositivité lors de leur grossesse. Le sondage a aussi pu déterminer que la population ne savait pas que ces cas étaient fréquents.

Catherine Dollfus traite aussi d’une erreur d’information rectifiée, en effet on pensait que la contraception hormonale pouvait aggraver la progression du VIH. Il a été démontré que c’était faux, il est même possible que ça la ralentisse.

Ces résultats démontrent qu’il reste encore beaucoup à faire pour améliorer le travail sur la prévention, l’information et ainsi empêcher les diagnostiques tardifs. Par exemple on pense faire une notification sur les fiches des médecins, afin qu’ils aient un rappel pour proposer à leurs patients de se faire dépister. Il a été précisé que dans la prévention de la transmission du VIH par son partenaire, le préservatif ne suffit peut être pas.

D’après le sondage réalisé au Kenya le taux d’acceptabilité de se faire dépister est monté à 99 % chez les couples hétérosexuels.

L’intervention de Catherine Dolffus a été conclue par Christine Katlama qui félicitait le fait de traiter la question de la sexualité chez les couples séropositifs ou sérodiscordants. « Il n’y a que dans les magazines gays qu’on en parle »

Guillaume Breton (praticien hospitalier au service de médecine interne), traitait le sujet de la tuberculose. En effet on remarque que beaucoup de personnes malades de la tuberculose étaient atteintes par le VIH, et que plus les personnes atteintes par le VIH étaient traitées tôt, plus le taux de cas de tuberculose baissait.

On s’est donc intéressé aux traitements, et plus particulièrement à la combinaison de la trithérapie avec les traitements contre la tuberculose. La question principale était de savoir combien de temps devait durer ce traitement.

Dans certains cas un traitement long (36 mois) est nocif lorsqu’il est associé aux traitements antirétroviraux. Mais il arrive aussi qu’un traitement de courte durée (6 mois) soit inefficace ou soit suivi par une rechute peu de temps après la guérison.

Le taux de mortalité dut à la Tuberculose est de 30 % dans les pays à ressources limitées.

Gilles Brücker (médecin et professeur de santé et directeur du GIP Esther) a terminé cette conférence en reprenant le sujet du VIH chez les couples.

Il a fait remarquer la baisse du taux de transmission du VIH au sein d’un couple sérodiscordant. Selon lui, cela est dû au dépistage à domicile qui a permis de le multiplier par 5. Il a tout de même émis une réserve sur deux points : le dépistage à domicile doit être accompagné de plus d’information ; durant la journée, les hommes sont au travail. Il y a donc un risque de sous-estimation du nombre d’hommes infectés.

Parmi les personnes présentes à cette conférence, Benjamin Coriat, qui est économiste au CEPN-Unité associée au CNRS.

Lorsqu’on lui fait remarquer que lorsqu’on traite le sujet du VIH dans les pays à ressources limitées, on fait souvent référence aux familles séropositives et rarement aux communautés homosexuelles, il le reconnaît et explique cela par le tabou sur l’homosexualité qui existe dans ces pays.

Lorsqu’on lui fait remarquer que lorsqu’on traite le sujet du VIH en France, on fait souvent référence à la communauté homosexuelle et rarement à la communauté hétérosexuelle, il le reconnaît et explique cela par la stigmatisation qui existe encore.

Alissa Doubrovitskaïa