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5ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH | Bernard Hirschel | Jennyfer | Maddie | Tina | Zina

Maddie, suissesse de 43 ans dont 20 avec le VIH, interpelle Bernard Hirschel

14 avril 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : On va commencer par écouter Maddie qui vit en Suisse, qui vit avec le VIH, depuis, je crois qu’elle va le dire, 20 ans qui dans sa propre vie a été confrontée à ce risque de transmission au partenaire et à l’enfant. Voici ce qu’elle nous avait raconté donc en ouverture de la 4è rencontre des parents et des futurs parents concernés par le VIH.

(Début son)

Maddie : Bonjour à tous, je viens de la Suisse, j’ai 43 ans et je suis séropositive depuis l’âge de 20 ans. Avant l’Avis Suisse, j’avais déjà arrêté le préservatif. À l’époque j’étais mariée et mon conjoint était séronégatif. Tous les deux nous avions décidé d’avoir un enfant. En parlant avec les médecins, c’était quelque chose de non envisageable. Alors ce fut une expérience assez douloureuse à vivre. J’étais sous traitement alors malgré tout, nous avons décidé d’avoir un enfant. Tout en respectant une bonne hygiène de vie, nous avions décidé de procréer par voie naturelle. Et on l’a fait. Ça a été très difficile… le suivi médical. Avant l’Avis Suisse, j’ai connu deux autres avis complètement opposés concernant la procréation et la sexualité. Lors de l’annonce de la grossesse de ma fille, mon gynécologue m’a imposé un avortement pour motif de grossesse extra-utérine. Là aussi ça a été une expérience douloureuse à vivre. N’ayant aucun symptôme de cet état, j’ai voulu un deuxième avis médical qui a posé un diagnostic contraire à celui du premier médecin. Nous avons donc décidé de continuer la grossesse. Aujourd’hui, ma fille a 10 ans. Tout c’est très bien passé. En 2008, il y a eu la déclaration du Dr Hirschel. J’en ai entendu parler, comme tout le monde, par les médias, à la radio, à la télévision… C’était une bonne nouvelle pour nous, qui sommes concernés. Je fais partie d’un groupe sida dans ma région. On a rencontré beaucoup de couples séropositifs qui souhaitaient aussi avoir des enfants. On a constaté que depuis l’Avis Suisse, les médecins sont de plus en plus favorables et apporte un meilleur suivi pour la procréation et la sexualité. J’ai, depuis peu, quelqu’un de nouveau dans ma vie. Je lui ai tout de suite annoncé ma séropositivité. Il m’a accepté comme je suis. Et je le souhaite à tous les séropositifs concernés par ce problème. Car lui aussi il avait entendu parler de l’Avis Suisse et ça l’a beaucoup aidé à s’investir dans notre relation. On se protège mais depuis l’Avis Suisse, j’envisage d’avoir peut-être un deuxième enfant. Pour conclure, cette nouvelle a bien changé le comportement des gens face à la maladie. On en parle et on a constaté que, de plus en plus, il y a une tolérance face à la maladie. C’est important de le dire quand même. Je m’excuse je suis un peu émue ! C’est la première fois que je témoigne devant tant de monde et je suis très émue ! L’Avis Suisse, pour les séropositifs, apporte un soulagement. On peut se faire accepter plus facilement. Pour moi, c’est la naissance d’une assurance, d’une espérance mais aussi d’une nouvelle vie pour les PVA, c’est-à-dire les personnes vivant avec le VIH.

(Fin son)

Reda : Alors, intervention de Maddie devant plus de 170 personnes réunies, donc dans cet auditorium à l’Hôtel de Ville de Paris à l’occasion de la 4è rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH. A ses côtés Bernard Hirschel, mais je voulais d’abord vous demande à toutes les trois Zina, Tina et Jennifer, en écoutant ça elle raconte, elle parle plein de choses y compris de ce médecin qui aurait tenté de lui faire croire qu’elle avait une grossesse extra-utérine pour justifier d’une IVG, d’un avortement et de la différence que fait cet avis Suisse qui n’est plus que Suisse puisque le Conseil National du Sida, le Ministère de la Santé en France ont embrayé derrière pour affirmer qu’effectivement le traitement a un intérêt préventif. Alors toutes les trois, commençons par Jennifer. Quelle réaction à ce témoignage ?

Jennifer : Bah déjà moi je trouve très émouvant. Et puis ce qu’elle dit c’est vrai, je pense, vraiment. Par contre, moi, c’est vrai que je suis quand même choquée vis-à-vis du médecin, ce qu’il dit, parce que c’est vrai que ça montre que l’évolution au sein des médecins qui suivent déjà les patients, elle n’était pas vraiment là, ils ne voulaient pas vraiment trop y croire. Et là c’est vrai que maintenant il y a une avancée, enfin, c’est vrai que maintenant je pense que ça prouve que c’est un grand pas.

Reda : Tina ?

Tina : Oui, moi, en fait, j’ai aussi parlé à Maddie, en dehors de ce témoignage. En tout cas ce que j’ai vraiment constaté c’est qu’en Suisse, vu que les médias ont vraiment pris le relais pour diffuser cette information, le grand public a vraiment pu changer de regard sur les séropositifs, donc l’impact est beaucoup plus important. Et malheureusement, je trouve qu’en France on a jusqu’à présent raté cette chance, mais non de raconter des histoires pour augmenter la contamination, mais au contraire pour informer le grand public et pour simplement faciliter la vie des séropositifs et aussi permettre à chacun de bien faire les choses, c’est à dire d’un côté de bien prendre le traitement et de l’autre côté de ne pas fuir un séropositif en courant. Et je pense que ça en Suisse, d’après ce que me racontait Maddie, maintenant elle, avec beaucoup plus de facilité elle peut annoncé sa sérologie, et en face, le regard est vraiment différent parce que la personne est plus au courant.

Reda : Il y a un peu plus de chance qu’ils soient moins stigmatisant.

Tina : Oui voilà et la personne ne va pas partir en courant et donc ça facilite... Ici en France on sait qu’il y a des couples où la personne séropositive cache son statut et ça c’est le pire des scénarios. On voit que ça peut faciliter les choses.

Reda : Alors Jennifer a 19 ? 20 ?

Jennifer : non 21

Reda : 21 maintenant. Tina a…

Tina : 33

Reda : Voilà ça… Et Zina ?

Zina : 41

Reda : Voilà. Et Zina tu es la seule maman des trois. Comment est-ce que témoignage t’interpelle ? Quelle est ta réaction ?

Zina : Bah moi pareil je suis assez choquée du comportement du médecin qui lui demande d’avorter et je suis choquée pour…

Reda : C’était il y a 10 ans, donc c’était en 1999, il y a déjà les trithérapies la preuve de l’efficacité de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant. C’est depuis cinq ans qu’on sait que les médecins savent qu’ils ont les moyens d’empêcher la transmission.

Zina : Euh non je le savais avant...

Reda : En 1994 Zina : J’ai eu… En 1994 il y avait 8% de risques, mais… Enfin, j’ai eu ma fille en 2000, c’était déjà zéro virgule… En prenant une trithérapie et je me demande même si ce n’était en 1999. Enfin je sais que… Je crois que c’était arrivé un an avant il me semble, je ne sais plus, je ne veux pas dire n’importe quoi… En tout cas en 2000 c’est sûr c’était effectif et donc ça me choque, ça me choque que déjà un médecin soit comme ça, se permette d’imposer un avortement et aussi qu’il soit si mal informé.

Reda : Oui complètement. Maintenant il y a un lien entre les deux choses. Entre l’avis Suisse et puis la prévention de la transmission de la mère à l’enfant. Puisqu’en fait c’est grâce aux mamans séropositives et en particulier celles qui s’étaient engagées dans des essais clinique donc au risque de leur propre santé et de la santé surtout de leur bébé et donc ont accepté pour certaines d’entre elles de prendre un placebo pour que les médecins puissent comparer est-ce que le traitement, prendre le traitement pendant la grossesse ou ne pas en prendre, est-ce que il y avait vraiment une différence ? Donc c’est grâce au courage de ces mamans qu’a été apporté la preuve pour la première fois que le traitement avait un intérêt préventif, et quelque part si aujourd’hui les séropositifs peuvent envisager de protéger leur partenaire grâce aux médicaments, c’est aussi une dette qu’on a tous vis-à-vis de ces mamans.

Transcription : Samantha Yeboah

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