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5ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH | Bernard Hirschel | Couples concernés par le VIH | Infections sexuellement transmissibles (IST) | Louis Bujan | Sexe et sexualité

Traitement en prévention : Bernard Hirschel répond aux questions des séropositifs

14 avril 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : Suite à l’intervention de Bernard Hirschel, il y avait aussi d’autres médecins puisqu’ils étaient 11 médecins spécialistes réunis sur l’estrade à l’Hôtel de Ville de Paris pour la 4e rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH, suivi d’un débat où des personnes concernées qui étaient présentes dans la salle, plus de 270 personnes présentes, ont posé des questions. Moi, j’ai été étonné et épaté par la qualité des questions posées et par la démonstration du fait que les gens avaient non seulement très bien compris le message de Bernard Hirschel, mais avaient bien compris aussi où est-ce qu’il restait encore des interrogations, des points à débattre avec les médecins. On va écouter cette première intervention de la salle.

(Début du son)

Question : Je voudrais juste une précision. Il me semble que le virus du sida ait différentes souches. Est-ce que l’« avis suisse » tient compte de ce fait ?

Dr Hirschel : Le fait qu’il y ait différentes souches serait important à tenir en compte seulement s’il y avait évidence que la contagiosité varie selon la souche. Or, à ma connaissance, ce n’est pas le cas. Donc, je pense que ça ne joue pas trop et ça n’a pas été considéré.

(Fin du son)

Reda : Là, c’est quelqu’un qui essaye de comprendre par rapport à ses connaissances du VIH, en l’occurrence, l’histoire des différentes souches du virus. C’est un peu pareil pour cette deuxième intervention.

(Début du son)

Question : Bonjour, en fait, j’ai une question qui est simple. Y a-t-il un lien entre le risque de transmission et une infection qui n’a rien avoir avec une IST ?

Reda : C’est-à-dire, est-ce qu’une grippe ou une fièvre ou quelque chose d’autre peut faire remontrer la charge virale et que l’on redevienne contaminant.

Question (suite) : Exactement. Et en fait ma deuxième question, qui est liée à la première, c’est quel est le degré d’infection qui est susceptible de générer une remontée de la charge virale et entraîner une source de… enfin de résistance. Parce que si j’ai une grippe, à la limite je peux être tranquille, mais si je fais un super buster à staphylocoques et j’ai une fièvre à 43°, est-ce que je cours un risque ?

Dr Hirschel : La question est assez difficile à répondre. La première chose qui faut dire, c’est que tout ce qui est connu sur l’augmentation de la charge virale dans les sécrétions génitales en relation avec les infections provient de personnes non traitées. Alors est-ce que c’est aussi applicable chez les personnes traitées ? Nous n’avons pas de données précises. Dans tous les cas, les infections courantes comme la grippe ou autre ne semblent pas provoquer de pics de virémie chez les gens qui sont autrement sans virémie sous traitement. Alors ça, c’est plutôt rassurant.

Le côté inflammation génitale et réapparition du virus dans les sécrétions est également connu, et M. Bujan va peut-être avoir plus de précisions, chez les gens non traités mais très peu chez les gens traités.

(Fin du son)

Reda : Question posée de la salle suite à cette première présentation où Bernard Hirschel expliquait l’« avis suisse », et cette question donc : les critères à réunir, je vais demander à Tina de les résumer pour protéger son partenaire grâce aux médicaments, il ne suffit pas de prendre une trithérapie.

Tina : Oui, il faut prendre cette trithérapie et être indétectable depuis au moins 6 mois, donc se faire suivre par son médecin qui fait des bilans, et que depuis au moins 6 mois les bilans montrent que la charge virale de la personne séropositive est indétectable. La personne doit être observante à 100 % de son traitement. Il faut que dans le couple il n’y ait pas d’autres MST, donc il faut se faire dépister avant d’enlever le préservatif on peut demander de faire des dépistages pour être sûr qu’il n’y ait pas d’autres MST, parce qu’il y en a qui sont asymptomatiques, donc sans symptôme. Et puis, une dernière condition, qui renvoie à cette question des autres MST, c’est la fidélité du couple. Parce que dans un couple où il n’y a pas forcément de fidélité, il y a plus de chances d’y avoir des MST, et d’être moins observant du traitement.

Reda : Je ne crois pas que l’ « avis suisse » réfère à la fidélité, sachant que c’est une valeur morale…

Tina : Bon, à la stabilité du couple…

Reda : On parle de stabilité du couple, mais implicitement de fidélité…. Mais en tout cas sur cette question des infections sexuellement transmissibles, un des trucs que Bernard Hirschel m’avait expliqués, c’est qu’en fait il y a des IST où il n’y a pas d’inflammation. Le vrai problème c’est quand il y a une inflammation, c’est quand il y a quelque chose d’autre. Et là aussi, ils ont été super-prudents dans la mesure où il existe très peu de données pour pouvoir affirmer que la présence d’une IST va rendre une personne à nouveau contaminante. C’est plus par principe de précaution sur cette situation-là, que sur la base de l’accumulation de preuves comme celles qui concernent le fait que le traitement à intérêt préventif, est très efficace pour prévenir la transmission lors qu’il est bien utilisé.

Transcription : Yentl Coubes