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5ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH | Bernard Hirschel | Grossesse et VIH | Hommes séropositifs

La femme enceinte d’un homme séronégatif fait-elle l’objet d’un suivi particulier suite à une procréation « naturelle » protégée par la trithérapie ?

14 avril 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : Pour terminer l’émission j’aimerais qu’on écoute une question posée par un homme séropositif qui vit en couple avec une femme séronégative. Et il demande si on veut faire un bébé comment ça va se passer ? Et on terminera là-dessus aujourd’hui.

(Début son)

Question : Bonjour, moi j’aimerais savoir quand une femme est séronégative, quand elle tombe enceinte, si elle doit avoir un suivi spécial par rapport à l’enfant ou c’est tout à fait comme une autre femme chez un gynécologue normal, en sachant que quand il y a des accidents, en général, il y a deux examens pour savoir si elle a le VIH. Alors est-ce que c’est la même chose quand elle tombe enceinte ? C’est-à-dire que moi, je suis avec une personne qui n’a pas le VIH. Si elle est enceinte, j’aimerais savoir si elle aura un traitement spécial comme quand on a un accident de préservatif soit un traitement d’un mois. J’aimerais savoir si, dans ce cas-là, il y a un traitement aussi ou si on laisse la grossesse suivre son cours normalement.

Reda : Alors nous allons donner la parole aux spécialistes pour les réponses, premièrement la question sur ce qui s’est passé en Suisse après la publication de l’Avis.

Dr Hirschel : Il faut réaliser que la grande majorité de la population suisse est séronégative et que les messages de prévention s’adressent d’abord à la majorité et pour eux, il n’y a rien qui change. Celui qui veut se protéger doit le faire par un préservatif, il n’y a pas d’autre moyen. Ce qui a changé, c’est le discours vis-à-vis les personnes qui ne sont pas nécessairement en couple avec désir d’enfant. Mais pour la population en général, il n’y a pas eu de changement. Il y a eu ces histoires de procès dont je vous ai parlé et qui font du bruit dans les journaux, mais de nouveau ça s’adresse à une situation bien particulière.

Reda : Deuxième question sur la circoncision.

Dr Louis Bujan : Sur la circoncision, on a maintenant démontré qu’elle diminue le risque de la contamination pour l’homme. Mais je pense que Laurent parlait du risque global moyen. Il ne parlait pas de circonstances différentes. En ce qui concerne la discussion sur l’approche collective ou individuelle, je crois qu’il y a des nuances à apporter des deux côtés. En ce qui concerne les recommandations du Conseil national du sida, effectivement on n’a pas de seuil où on veut mettre davantage de personnes sous traitements pour diminuer le risque d’infection et le nombre de gens infectés. Maintenant, dans les études qui ont été publiées en Colombie-Britannique (Canada) démontrent qu’effectivement, si on a plus de 50 % de la population des personnes infectées sous traitement, on diminue le risque d’extension de l’épidémie en terme collectif. La question, et peut-être que Laurent va aborder cela tout à l’heure, c’est quel est le coût efficacité, si on prend en compte les effets secondaires qui peuvent être générés par les traitements. C’est une question, je n’ai pas de réponse, et il faut garder ce point à l’esprit.

Reda : C’est vrai, moi j’ai entendu cette comparaison affirmant que l’Avis Suisse c’est un peu comme cette histoire de la circoncision sauf que la réduction des risques est d’un tout autre ordre de grandeur avec le traitement. D’autres questions ?

Question : Je voulais savoir si une personne est contaminée qui a fait des enfants et l’enfant a maintenant 7 ans. Est-ce qu’un jour il risque d’avoir des problèmes de santé ?

Reda : Donc sur les conséquences et la toxicité des traitements. On va en parler. Le Dr Ghislaine Firtion est avec nous, elle est pédiatre et s’intéresse beaucoup à nos enfants.

Dr Mandelbrot : Je trouve que la question de Monsieur était très importante et on peut-être aller plus loin là-dessus. La question concernait le suivi de la femme séronégative qui conçoit de manière naturelle un enfant avec un homme séropositif. Première question, est-ce qu’il faut donner un traitement post-exposition ? Et puis est-ce qu’il y a un suivi particulier ? Il y a une question à laquelle je peux facilement répondre c’est qu’une fois que l’enfant, enfin la femme, est séronégative, on fait les contrôles et c’est quand même logique de contrôler parce qu’il peut y avoir éventuellement, ne serait-ce qu’un accident secondaire pendant la grossesse, et pour s’assurer qu’au moment de l’accouchement elle est toujours séronégative. Du côté de l’enfant, il n’a aucun risque de devenir séropositif si la mère ne l’est pas. Il n’y a jamais eu, dans l’histoire du monde, de transmission père enfant, ça n’existe pas, on est au moins tranquille là-dessus. Par contre, la question est que lors du rapport fécondant, où il y a eu potentiellement une prise de risque. Tout le monde en est conscient et c’est comme nous disions plus tôt, ce risque est très petit ou alors il n’est pas nul. Donc on va refaire un contrôle après et vérifier qu’il n’y a pas eu de problème. Mais est-ce qu’il faut donner un traitement post-exposition ? Je remarque qu’il y a une évolution de la pensée parce qu’au départ, c’est quelque chose que beaucoup de gens faisaient, il y a encore beaucoup de couples qui consultent leur médecin ou même qui consultent aux urgences pour avoir un traitement post-exposition. Alors que si on écoute les recommandations suisses, et peut-être que Bernard Hirschel peut mieux répondre là-dessus, que maintenant même en l’absence de désir d’enfant, un couple qui a eu un accident de préservatif qui consulte le Dr Hirschel pour savoir s’il faut prendre un traitement post-exposition, il va regarder, si j’ai bien compris, la charge virale de l’homme. Si elle est indétectable, s’il est traité depuis plus de 6 mois, si il n’y a pas d’infections génitales, il va dire « non, ce n’est pas la peine de prendre un traitement post-exposition », c’est bien ça ? Vous ne préconisez pas de prendre un traitement à une femme qui veuille concevoir dans ces conditions, j’ai bien compris ?

Dr Hirschel : C’est bien juste. Cependant, en pratique, il faut être souple. Il y a des gens qui sont malades à cause de l’inquiétude et tout ça, on s’imagine facilement que dans une situation de grossesse ce serait encore pire, alors je crois que l’on peut être amené parfois à faire une prophylaxie après exposition même contre des recommandations officielles. Mais néanmoins, le point de vue c’est que virémie indétectable, pas de risque et, pour cette raison, pas de traitement post-exposition.

(Fin du son)

Reda : Laurent Mandelbrot est spécialiste de la grossesse et du VIH qui résumait la position de Bernard Hirschel sans préciser pour autant en quoi, il y aurait éventuellement, ou il y aurait eu en 2009 par rapport à…

Transcription : Sully Bidois