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Projet Chorba | Yasmine

Hospitalisation de longue durée : Survivre à l’ennui, la malbouffe et la saleté

14 avril 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : Alors on voulait terminer l’émission avec Yasmine. Yasmine participe depuis quelques mois aux repas organisés pour les personnes hospitalisées dans un hôpital de la banlieue parisienne. Qu’est-ce qu’il y a à faire aujourd’hui ? Concrètement qu’est-ce que tu as envie de faire ?

Yasmine : Je voudrais un petit peu améliorer le quotidien de ces personnes qui sont hospitalisées depuis plusieurs mois, plusieurs années…

Reda : Mais qu’est-ce qu’ils n’ont pas dans leur quotidien ? Ils sont hospitalisés, ils mangent, ils ont des gens qu’ils s’occupent d’eux. Est-ce qu’ils ont leur famille à leurs côtés ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

Yasmine : Ce sont des gens qui, justement, il y en a beaucoup qui n’ont plus de lien avec l’extérieur, ils ne reçoivent plus de visite ça fait plusieurs années. Très souvent ils ont tout perdu, ils n’ont pas de quoi se changer des fois. Donc même dans ce service-là, on y va une fois par mois, il y a un problème avec une machine à laver. Rien que pour laver les vêtements des personnes qui sont alitées et incontinentes, je précise, ça peut compliquer. Donc là je souhaite, pourquoi pas, selon mes possibilités créer un réseau, faire un appel par le biais de la radio, pour ramener un petit peu… une lueur d’espoir à ces personnes hospitalisées, parce que pour moi, je pense que, l’hôpital on y rentre, on s’y soigne, on sort et voilà !

Reda : Mais je pense qu’il y a quelque chose qui cloche parce qu’en principe ces personnes sont prises en charge…

Yasmine : Moi j’ai constaté autre chose et mon ami aussi d’ailleurs. Moi il y a des gens vraiment c’est la catastrophe quoi ! Vraiment une souffrance terrible, on la ressent !

Reda : A qui la faute ? Ou a qui la responsabilité ?

Yasmine : Moi je dirai… Bon, les pouvoirs publics peuvent faire un peu plus d’efforts, déjà d’une, et puis je pense que ce sont des phénomènes de sociétés actuellement. C’est-à-dire à l’époque peut-être, c’est vrai que les familles étaient plus soudées… etc. C’est l’individualisme, c’est beaucoup de choses.

Reda : Quel est l’appel que tu souhaites lancer ?

Yasmine : Bah là ce service a besoin de toute urgence d’une machine à laver. Je recherche aussi un coiffeur bénévole.

Reda : Mais est-ce que l’appel à la charité c’est une réponse adéquate à ça ? C’est-à-dire à la générosité des gens. Et c’est un petit peu ce que tu fais à travers cet appel pour une machine à laver, c’est bien ça ? Non ?

Yasmine : Non pas vraiment, mais peut-être qu’il y a quelque chose à faire dans le milieu associatif.

Reda : Est-ce que pour toi c’est faire appel à la charité des gens de demander ça ?

Yasmine : Non, je ne fais pas appel à la charité parce que moi je pense qu’on est tous concernés par ce qui se passe un peu dans les hôpitaux. Ca peut nous arriver à nous aussi peut-être, un jour se retrouver cloué dans un lit et ce que je veux dire c’est que je dénonce un petit peu ce qui se passe un peu, ce que j’ai pu constater. Je pense que quelque part, j’ai été un peu choquée. En 2010, c’est vraiment malheureux.

Transcription Samantha Yeboah