Skip to main content.

Ariane | Faire un bébé quand on est séropositif | Willy Rozenbaum

Avoir un enfant quand on est séropositif

2 avril 2010 (Ouest-France)

| Votez pour cet article

Voir en ligne : Avoir un enfant quand on est séropositif

Le taux de transmission mère-enfant se situe entre 1 et 2 % avec un traitement.

Grâce aux traitements, les personnes séropositives peuvent aujourd’hui avoir une vie de famille. Si le risque zéro n’existe pas, le risque de contamination est faible pour les couples suivis.

Témoignage

« Quand j’ai appris ma séroposivité, je me suis d’abord dit que je ne pourrais jamais être mère, et pas que j’allais peut-être mourir. » Ariane, 31 ans, travailleuse sociale à Strasbourg, est séropositive depuis ses 20 ans.

Contaminée par son premier amour, elle a découvert qu’elle était porteuse du VIH (virus de l’immunodéficience humaine) lors de tests gynécologiques.

Grossesse anxieuse

« Ça a été une claque. Entre temps, j’avais rencontré quelqu’un d’autre. J’avais des projets, tout s’écroulait. » Elle mettra cinq mois à annoncer son état à Fred, 34 ans, son compagnon. « Lui est séronégatif mais il m’a dit que cela ne changerait rien. »

Après plusieurs années de rapports protégés, le couple, qui souhaite devenir parents, consulte des médecins. « Ils ont levé mes doutes sur la contamination de mon ami et du bébé. » Après une tentative de fécondation in vitro, Ariane et Fred multiplient les essais d’auto-insémination à la maison. En vain. « C’est lors d’un rapport, sans préservatif, pendant ma période d’ovulation que nous avons réussi. Ma charge virale est indétectable grâce à un traitement antirétroviral, les risques de contaminer mon ami étaient réduits ».

Si le taux de transmission entre la mère et l’enfant se situe entre 15 à 20 % sans traitement, il ne dépasse pas 2 % en cas de prise en charge (et descend même à 0,3 % en cas de charge virale extrêmement faible). Malgré cela, la jeune femme reste anxieuse pendant sa grossesse.

La naissance de Sabrina, aujourd’hui âgée de 4 ans, est un soulagement. « Toutes les prises de sang ont confirmé qu’elle était séronégative. » Ariane, qui depuis a eu un nouvel enfant, envisage la vie sereinement. L’arrivée de la trithérapie et de traitements efficaces en 1996 permet aux séropositifs d’avoir aujourd’hui la même espérance de vie que tout le monde.

Ariane, pourtant, se cache. Seule sa soeur et ses amis du Comité des familles (association de soutien aux malades) sont au courant de sa maladie. « J’ai peur de décevoir mes proches, d’être jugée. Qu’on dise que je n’ai pensé qu’à mon envie d’être mère. »

Toujours pointés du doigt les séropos ? Président du Conseil national du sida, Willy Rozenbaum reste lucide : « La stigmatisation est encore forte. Les parents séropositifs ne sont pas mieux acceptés de nos jours. »

Julien MARCHAND