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Je suis séropositif... et ensuite ? (3) L’hôpital du jour quand tout va bien, mais lors d’une urgence « urgente »... ?

26 février 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : C’est quoi l’hôpital de jour ? Il y avait une époque où il y avait beaucoup de séropositifs hospitalisés, donc, à l’hôpital, au fond du lit. Aujourd’hui ; il y a quand même un séropositif sur dix qui, dans l’année, va faire un séjour à l’hôpital. Mais sinon, les services VIH se sont beaucoup orientés vers cette histoire d’hôpital de jour. C’est quoi un hôpital de jour ?

Sofi : En gros, dans chaque… si j’ai bien compris le principe, dans chaque hôpital, il y a un service de maladie infectieuse qui traite tout ce qui est VIH et qui traite également des maladies comme le lupus ou autres. Dans ce service de maladie infectieuse, il y a aussi un hôpital de jour. C’est-à-dire un service où les personnes séropositives viennent faire leur bilan et rencontrer un médecin qui les suit, donc c’est juste… on vient le matin, on fait le bilan et on repart à la fin de la journée ou en fin de matinée. Enfin, dès qu’on a fini de faire de notre bilan. Donc, en gros, c’est à l’hôpital mais on n’y reste pas la nuit. Ça permet vraiment d’être un peu plus efficace aussi au service parce qu’on n’a pas forcément besoin de passer la nuit à l’hôpital pour juste faire un bilan.

Reda : D’accord. Donc après, on a un médecin qui explique ce que c’est l’hôpital de jour. Ok. On écoute.

Début du son : Donc, vous m’avez parlé de l’hôpital de jour pour les patients qui viennent d’apprendre leur contamination. Ça peut leur faire peur, ils se disent « l’hôpital de jour, c’est quoi ? Je vais être hospitalisé… ? ». Comment vous leur expliquez, en fait, ce que c’est ?

Arnaud Fiogbe : En fait, l’hôpital de jour, c’est ce qu’on appelle le centre de traitement ambulatoire. En fait, c’est un secteur de soins de santé où le patient n’est pas hospitalisé. Donc, on le suit pour une consultation de routine. Juste, on fait un bilan du suivi ou des consultations périodiques programmés avec le médecin qui suit pour une infection VIH. Alors, si le patient vient, et que bon… on décèle que ce patient nécessite une hospitalisation. Là, on le passe en hospitalisation. Et là, ce n’est pas à l’hôpital de jour mais nous avons un service qui s’occupe des hospitalisations, qui est au premier niveau. Et, on l’oriente là-bas pour le faire hospitaliser. L’hôpital de jour, c’est ouvert de 8h30 à 16h30. Voilà.

Sandra : Et si l’hôpital de jour… - donc, vous m’avez dit 16h30 - Et si quelqu’un a vraiment besoin d’aller en hôpital de jour parce qu’il veut voir son médecin. Il a un problème. Comment il fait alors ?

Arnaud Fiogbe : Les patients prennent rendez-vous.

Sandra : Et s’il n’a pas de rendez-vous ?

Arnaud Fiogbe : Bah, s’il n’a pas de rendez-vous. Euh… Si c’est vraiment une urgence. Il sera obligé de passer par les urgences pour les consultations externes au rez-de-chaussée. Et là, il passe en consultation avec un médecin présent si c’est nécessaire ou alors, on l’oriente carrément aux urgences, si c’est vraiment une urgence urgente comme on le dit.

Fin du son

Reda : (rires) Tout le monde rigole quand on parle d’urgence urgente. Pourquoi ?

Sofi : Bah, une urgence, à la base, c’est urgent.

Reda : Mais voilà… ça en dit long sur quelqu’un qui peut s’estimer être dans une urgence mais pour un médecin, quand il n’y a pas, comme ils disent, menace sur le pronostic vital. C’est-à-dire qu’il n’y a pas la possibilité de mourir tout de suite. Pour eux, ce n’est pas une urgence.

Ali : Ce n’est pas urgent, par exemple, quand tu arrives avec 40° de fièvre et que tu vomis, tout ça et tout. Tu passes au guichet à 02h30. A 07h30, on te consulte et à 09h00, tu passes des radios, on te fait des prises de sang et on te dit de venir chercher tout ça le lendemain alors que tu crois que tu vas être hospitalisé dans la journée.

Reda : C’est une question importante parce qu’on parle de l’hôpital de jour et de rendez-vous tous les six mois. Mais ça, c’est quand tout va bien. Mais est-ce que Sofi et Laura, vous avez déjà eu l’expérience, quand il y avait quelque chose qui n’allait pas. Et du coup, votre rendez-vous, ce n’est pas pour tout de suite, c’est dans quelques mois. Que faites-vous dans ces cas-là ? Comment prendre contact avec le médecin, le service ? En commençant, par quel type de souci vous avez été confrontée ?

Laura : Bah, moi, durant ma première année, j’étais suivie au CHU de Nantes et c’est vrai que j’a eu la chance d’être très bien encadrée par le médecin qui me suivait. Et il était vraiment disponible pour moi sachant la situation.

Reda : Est-ce qu’il donne son numéro de portable ?

Laura : Effectivement, il me l’a donné parce qu’il savait que dans les premiers mois, ça allait être très difficile. Il a donné, effectivement, son numéro de portable. Et quand ça n’allait pas, j’ai pu, à deux reprises, le contacter en urgence.

Reda : Mais quand ça n’allait pas physiquement, moralement, psychologiquement, enfin…

Laura : Non, physiquement bien sûr.

Red : D’accord.

Laura : Et mon médecin…

Reda : Mais qu’est-ce qu’il peut faire si tu l’appelles, si tu lui dis « je ne me sens pas bien… ».

Laura : Il m’avait pris en urgence le lendemain matin pour une consultation.

Reda : D’accord.

Laura : Et concernant donc, mon médecin actuel. Actuellement, je suis suivie au Kremlin-Bicêtre, je n’ai rendez-vous que tous les six mois. Il m’a donné son adresse mail. Et donc, je peux le contacter si j’ai des questions à lui poser.

Reda : D’accord. Sofi ?

Sofi : Moi, c’est un peu plus récent, donc j’ai juste fait un séjour à l’hôpital au tout début de la primo infection. Maintenant, je vais voir les médecins assez régulièrement parce qu’en fait, on m’a donné un traitement au départ qui a fonctionné. Donc, j’ai eu la première consultation au bout d’un mois, puis au bout de trois mois. Ensuite, on a un peu arrangé le traitement. Et là, elle m’a proposée de rechanger. Donc, c’est pareil, je recommence à y aller assez souvent parce qu’il faut faire des bilans, au bout de deux semaines, puis au bout d’un mois pour voir si tout va bien, puis au bout de trois mois, et c… Donc, j’y vais assez régulièrement et elle est très disponible. Elle m’a donnée aussi sa carte. Elle m’a dit que je pouvais l’appeler quand je voulais. Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de patients qui vont consulter. Moi, je me suis dit que ce serait bien de changer de médecin généraliste et d’en prendre un qui soit spécialisé VIH. Comme ça, si j’ai vraiment un souci, je peux aller mon généraliste sans passer forcément par l’hôpital. En plus, mon médecin généraliste d’avant, m’avait annoncé la nouvelle d’une manière complètement désastreuse. Donc, c’était une bonne raison pour changer aussi.

Reda : C’est encore un autre sujet. Et donc, toi, Ali, c’est 27 ans de suivi…

Ali : Oui, voilà.

Reda : 27 ans de te coltiner des médecins…

Ali : Non, mais… oui, voilà, c’est-à-dire que pour elles, c’est beaucoup plus récent. Mais moi, en voyant les différentes formules, entre guillemets, à savoir les suivis à l’hôpital, en hôpital de jour, prise de sang, rendez-vous avec le médecin quinze jours après. Moi, ce que je faisais, j’avais… je connaissais un généraliste qui a été formé spécifiquement à ces pathologies VIH, VHC et autres. Et donc, j’allais dans les laboratoires, faire des examens sanguins. Il me faisait l’ordonnance. J’allais faire mes examens sanguins et j’allais le voir. C’était parfois beaucoup plus rapide… Je me suis rendu compte, au bout d’un certain temps que c’était parfois plus rapide qu’à l’hôpital. Parce que c’est vrai que les hôpitaux sont surchargés, il y a de moins en moins de médecins. Parfois, ils avaient besoin de vacataires, maintenant, ils en enlèvent. Enfin, il y a plus de patients et moins de médecins, pour faire simple.

Transcription : Wilfried Corvo