France Lert | Hommage aux disparus | Méga couscous des familles vivant avec le VIH
France Lert sur le Méga Couscous des familles « À un moment où on parle beaucoup moins du VIH et du sida, dans une Seine-Saint-Denis qui reste très touchée, c’est extrêmement important qu’il y ait une parole proche sur la séropositivité »
18 février 2010 (papamamanbebe.net)
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Reda : Qu’est-ce que vous pensez du truc suivant. C’est-à-dire, on s’est rendu compte avec El Detter, qui était avec nous la semaine dernière, que, par exemple, lui, est de la cité des Francs-Moisins… On aimerait bien, en fait… Le Méga Couscous, c’est d’abord pour les familles qui sont touchées ou qui l’ont été. Entre autres, les pères et les mères qui ont perdu quelqu’un à cause de cette maladie. Lui était prêt à nous aider, mais comment. Comment on fait pour, à la fois, adresser ce message de solidarité aux autres familles touchées et dire « Venez ! On fait ce Méga Couscous pour vous » et puis, en même temps dire aux familles et à tous ceux et celles qui seront solidaires « Vous êtes les bienvenus. On a besoin. Venez montrer que votre solidarité, ce n’est pas juste un ruban rouge une fois dans l’année ou des choses comme ça ». Qu’est ce que vous pensez de ça ?
Sofi : Moi, je pense que… Enfin, je ne sais pas, je ne viens pas de la banlieue donc je n’ai pas vraiment de réponse par rapport à ça. Mais le bouche à oreille tout simplement. Enfin, à partir du moment où une famille est concernée. Elle vient une fois au Méga Couscous, elle voit qu’elle peut rencontrer d’autres familles comme elle, avec des enfants, des parents, des mères, enfin… Voilà, c’est comme ça que ça peut marcher. Mais surtout que les gens ne se disent pas que c’est en restant chez eux, tout seul, que leur situation va s’améliorer. Partager son expérience, c’est super enrichissant et ça aide à mieux vivre.
Reda : C’est ça la difficulté des familles à se mobiliser ou sur le poids… Enfin, qu’est-ce qui fait la différence entre une famille qui dit « Ah non ! J’ai trop peur pour aller… je vais être grillé, je vais peut-être tombé sur des gens que je connais ». Et d’autres familles qui, du coup, ne sont pas du tout dans cette logique-là ou décide de rompre avec cette logique-là à un moment ou à un autre.
France Lert : Moi, je pense qu’à une époque où on parle beaucoup moins du VIH et du sida dans les médias, c’est extrêmement important qu’il y ait une parole proche sur la séropositivité. C’est-à-dire que les familles qui ont été infectées et qui reste, quand même infectées durablement par l’épreuve de la maladie, même par le deuil quand on a perdu quelqu’un. Les personnes nouvellement infectées qui peuvent se sentir complètement isolées, montrer qu’il y a du lien social et une ambiance festive autour de la question du VIH qui est porteuse… Je vois les affiches qui sont dans ce local, qui sont extrêmement colorées, et c… que véritablement, il y a un espoir aussi, que ce n’est pas cette ambiance morose de la maladie. Et surtout, qu’on n’est pas tout seul et aussi que l’expérience passée n’a pas été oubliée. Il y a à la fois les personnes qui vont participer et il y a toutes les personnes qui vont en parler même si elles ne viennent pas. Et donc, je crois qu’on est quand même dans une époque où on ne parle plus du VIH en France tel qu’il est. On en parle trois fois dans l’année, et c… Et pour les personnes directement concernées, c’est tout à fait insuffisant. Et donc, dans des quartiers comme cela qui sont, quand même, pas mal touchées. La Seine-Saint-Denis est un département dans lequel il y a quand même pas mal de nouvelles infections et il y a eu dans le passé pas mal d’infections anciennes. Je crois que c’est un témoignage qui… Même les personnes qui ne viennent pas, elles vont en recevoir un bénéfice.
Transcription : Wilfried Corvo
