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El Detter avec X-Dy | Méga couscous des familles vivant avec le VIH | Musique | Rap et hip-hop

Le message d’El Detter pour les séropositifs : « il n’y a qu’en étant solidaire qu’on pourra être solide, frère »

12 février 2010 (papamamanbebe.net)

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Ousmane : On est avec El Detter, rappeur de Saint-Denis. Un des premiers invité des groupes qui sera avec nous pour le méga couscous des familles. Donc qui se passera à Saint-Denis. Donc pareil pour toi, identité nationale, situation familiale, te décrire on va dire (rires).

El Detter : Me décrire moi ? Bah écoutez, on va dire que je suis un jeune parmi tant d’autres qui essaye de s’exprimer, tout naturellement, qui essaye de faire passer des messages, de dire des choses, voilà partager.

Ousmane : Et la chanson qu’on a écouté tout à l’heure, le titre c’est « Encore ». Je l’ai écouté sur ton blog, ton skyblog, hier. Tu peux nous en parler un petit peu ?

El Detter : En fait, moi j’ai, comme beaucoup de personnes, dans les milieux...dans les cités et tout ça, j’ai connu de nombreuses pertes. Il y a beaucoup d’amis à moi qui sont partis de ce monde. Notamment « Vice » un grand franc-moisin de mon quartier. Il y a eu entre autres les morts à Clichy, il y a eu plusieurs personnes tout ça. Et ça se répétait, ça se répétait, ça se répétait et voilà c’est un petit hommage aux gens décédés.

Ousmane : Et tu peux nous présenter ton ami ?

El Detter : Tout d’abord c’est un ami d’enfance, on a été à l’école ensemble, X-Dy. On s’est mis à faire de la musique très jeune vers l’âge de 13 ans, 14 ans. On commençait à écrire des textes tout ça. On se connaissait déjà, on a essayé de faire des choses ensembles. Ça donnera, ce que ça donnera.

Ousmane : Et tu sais que cette émission c’est la seule émission qui donne la parole aux séropositifs et à ceux qui les aiment. Moi je voulais te demander, c’est quoi la différence entre être séropositif et avoir le sida ?

El Detter : Bah c’est on va dire que... pour être très franc je ne connais pas la différence. Je ne veux pas parler de choses que je ne connais pas donc...

Reda : Il y a quelqu’un qui peut leur répondre ? Parce qu’on est aussi là pour ça.

Ousmane : Moi je dirais à ma connaissance, une personne qui est séropositive, c’est une personne qui a le virus et une personne qui a le sida c’est une personne vraiment couchée par la maladie.

Sofi : Il y a des stades...

Ali : Oui en fait pour faire simple c’est plus ou moins une histoire de CD4, c’est-à-dire de défense immunitaire et de charge virale...

Reda : Oula ! Simple t’a dis ! (rires)

Ali : Quand tu as un taux de défense immunitaire trop faible, on te met sous traitement et que la maladie elle est déclarée, et d’autres personnes maintenant qui peuvent rester des années justement par rapport à leur défense immunitaire et charge virale. Ils ne prennent pas de traitement et ne déclarent pas la maladie.

Ousmane : D’accord. Avant de te laisser El Detter nous faire un freestyle avec...

El Detter : X-Dy

Ousmane : Ton ami, quel est ton message que tu lances justement à toutes ces familles.

El Detter : A toutes ces familles, à tous, auditeurs et auditrices qui nous écoutent, il n’y a qu’en étant solidaire qu’on pourra être solide frère !

Titre chanté par El Detter et X-Dy : La misère

Ousmane : Je ne sais pas si on a encore du temps pour applaudir ?

Reda : Si si, on a encore du temps

Applaudissements

Reda : En direct pour survivre au sida depuis la Maison des Familles !

Ousmane : Voilà depuis la Maison des Familles !

Sofi : C’est énorme !

Ousmane : Et justement je rappelle aussi que El Detter sera avec nous le 20 mars, au méga couscous. Qu’est-ce que tu as à dire à tous tes fans de Saint-Denis ?

El Detter : Ah faut venir, faut venir ! Faut montrer votre soutien. On sera là et on donnera le meilleur de nous-même encore une fois pour soutenir les gens.

Reda : Juste une question parce que vous avez entendu Ali parler des années 80 et nous on parle de génération sacrifiée c’est-à-dire ce qu’il s’est passé avec l’héroïne qui est rentré dans les cités et juste derrière le virus du sida et qui a fait pire que des ravages. En fait c’est la génération de vos grands frères ou peut-être de vos oncles. Qu’est-ce que vous savez de cette histoire ? Est-ce que ça vous intéresse déjà ? Ou pour vous est-ce que ça appartient à un passé révolu ?

El Detter : On ne peut pas dire que...on est obligé de s’intéresser parce que pour construire son avenir on a besoin du passé. Donc forcément on essaye de s’intéresser à ça mais voilà moi je ne prête pas trop d’attention à ça pour la simple et bonne raison que je trouve ça...voilà.

Reda : Parce que ce qui vous interpelle, quand quelqu’un meurt de la balle d’un policier, la souffrance de la famille, la souffrance des proches, la révolte face à une injustice de ce type-là, tout le monde peut l’assumer. Mais quand quelqu’un meurt du sida, est-ce que pour vous c’est autre choses ou est-ce que c’est pareil ? Comment vous voyez ça ?

El Detter : Une mort, c’est une mort, c’est toujours aussi douloureux donc voilà. Quelque soit la raison, la personne elle n’est plus là et ça fait quand même mal.

Reda : Pour les séropositifs, il y a aussi ceux qui disent, il n’avait pas qu’à toucher à la came, tu n’as qu’à pas faire ceci ou cela. Comme pour la balle d’un policier, certains vont dire, il n’avait pas qu’à faire ceci ou cela.

Ali : Il y a eu l’exemple du sang contaminé, un témoignage tout à l’heure, c’est du sang qui prélevait très souvent chez des détenus en prison. Je suis bien placé pour le savoir. Et d’autre part, le temps qu’ils ont mis pour mettre les seringues en vente libre. Alors qu’il savait qu’il y a des tas de gens dans les cités qui se piquaient. Ils savaient pertinemment que jusqu’en 87, il y a eu beaucoup d’eau qui a coulé sous les ponts. Et voilà quoi, le temps qu’ils ont mis.

Reda : La génération sacrifiée. C’est une des raisons pour laquelle on fait ce méga couscous, pour rendre hommage à cette génération là. Moi j’ai une dernière question pour vous, est-ce que vous avez des frères et sœurs ?

El Detter : Moi j’ai deux petits frères.

X-Dy : On va dire... j’ai 2 petites sœurs et 4 petits frères.

Reda : Ils sont tout petit ? Ils ne sont même pas adolescent ?

El Detter : Non tout petit.

X-Dy : C’est nous les plus grand on va dire.

Reda : Est-ce que vous arrivez à imaginer dans quelques années, quand ils seront adultes ou adolescent qu’un de tes petits frères ou une petite sœur vienne te voir et te dire « écoute j’ai quelque chose à te dire, je viens de faire un test de dépistage, et je viens d’apprendre que je suis séropositive » Vous lui répondez quoi ? Vous faites quoi à ce moment-là ?

El Detter : Sincèrement je ne sais pas comment je vais réagir mais...voilà faut se dire que tout peut arriver à tout le monde...voilà, on n’est pas sur le moment...

Reda : Et X-Dy ?

X-Dy : C’est la vie. Si elle me dit ça je lui dis, bah écoute tu étais au courant. Tu savais ce qu’il fallait faire pour pas l’avoir. Si tu l’as fait, bah voilà. C’est ta vie, ce n’est pas la mienne après. Après tout...non mais c’est comme ça...

El Detter : Non mais on ne peut pas se mettre, on ne peut pas répondre...

Reda : Moi je voulais juste vous dire un truc. Si un jour votre petit frère ou votre petite sœur quoique vous puissiez penser, quoique qu’ils puissent se passer dans votre tête. Prenez-les juste dans vos bras. Parce qu’avant d’être malade, quelque soit leur parcours ou leur vie. C’est d’abord votre frère ou votre sœur.

Si ma soeur est séropositive... ?

El Detter et X-Dy en live pour Survivre au sida

Une émission préparée par Reda avec Sandra Jean-Pierre, Wilfried Corvo et Ousmane Zaré. Ont participé à cette émission : Ali et Sofi.

Transcription : Sandra Jean-Pierre

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