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Une soirée de Saint-Valentin dédiée aux séropositifs ? Il n’y avait que Ben pour oser

8 février 2010 (La Voix du Nord)

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Tout le monde l’appelle « Ben », l’agitateur des mondes alternatifs.

À Valenciennes, Bouchaib Benlama milite pour la prévention auprès des toxicomanes, soutient les sans-papiers menacés d’expulsion. Cette fois, à l’occasion de la Saint-Valentin, il organise une soirée « Séromantique » ouverte aux personnes qui ont contracté le sida. Seules trois autres villes (Paris, Pau et Toulouse) participent à cette manifestation lancée au niveau national par le Comité des familles. À Valenciennes, il fallait un « Ben » pour oser le faire.

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par Diane Lenglet

Dans les milieux associatifs et solidaires d’Anzin et Valenciennes, Bouchaib Benlama est connu comme le loup blanc. Dans le quartier Dampierre, tout le monde l’appelle « Ben ». C’est pareil à Paris, au siège du Comité des familles. Ici ou là-bas, on connaît aussi le personnage. Ce grand type aux yeux las qui s’enflamme dès qu’il parle de ses actions, de ce qu’il reste à faire pour lutter contre les exclusions et les discriminations.

Ben aime les débats, se lance dans de grandes phrases, vous happe de toute sa conviction. Quelquefois, il faut lui dire « stop » parce qu’il n’arrêtera jamais de lui-même. Il est capable de baisser la tête, une main s’agitant pour s’excuser. De dire « D’accord, d’accord, désolé » avec la mine chagrine. Il est tout aussi bien capable de repartir du même pied, cinq minutes plus tard, quoi que vous fassiez ou ayez l’intention de faire !

« Je sais, il peut paraître un peu... concède Reda Sadki, le président du Comité des familles et l’animateur de l’émission radiophonique (1) Survivre au sida. Mais il vaut le coup, Ben. À Valenciennes, il a accepté d’être notre correspondant local. Ce n’est jamais facile de parler du sida, de porter nos messages. Lui, il le fait. Ouvertement. Malgré les critiques et ceux qui voudraient qu’il se taise.

Reda Sadki est d’autant plus élogieux qu’il connaît le rejet quasi-systématique que provoque la maladie. « Grâce au traitement, le sida n’est plus une condamnation à mort. Ni pour la personne atteinte ni pour le partenaire qui se protège. Alors, on peut parler d’amour, s’engager. On le peut.

Mais, dans les faits, les séropositifs sont rejetés dès qu’ils le disent. C’est enrobé dans du sucre mais c’est un rejet absolu. À l’occasion du premier Saint-Valentin, organisé à Paris, en 2006, des couples se sont créés. Certains sont encore ensemble. Il y a là quelque chose de magique qui dépasse notre combat quotidien contre la discrimination et les perpétuels messages de prévention. » À Valenciennes (plus de précisions seront données au téléphone après réservation), la soirée de ce samedi est annoncée comme une fête dédiée à l’amour et au fait d’être vivant. Ben a mis sur pied cette soirée romantique dédiée aux personnes séropositives et « à ceux qui les aiment ». Il a fait à sa manière. En agitant son réseau et en sollicitant les gens qu’il connaît. Les musiciens et l’artiste qui exposera ses oeuvres viennent tout droit de l’avenue Dampierre. Le groupe joue sa world music à deux pas de chez Ben. Le peintre y a son atelier. Pour le repas, l’organisateur a convaincu une dame de Raismes de cuisiner le couscous qui sera offert à partir de 20 heures. « La solidarité, hein ! ponctue-t-il. Moi, je vais faire les courses. » Et la chasse aux interlocuteurs réceptifs ! •

Soirée gratuite.

Réservations au 06 46 86 98 76

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