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Maison des familles (2008–2013) | Désiré Sankara | Projet Chorba

Quand le Comité des familles organise un concert de Désiré Sankara dans un hôpital de banlieue pour apporter de la chaleur aux malades

7 janvier 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : 4 jours après Noël, le Comité des Familles était dans un hôpital de la banlieue parisienne avec un artiste, Désiré Sankara et toute l’équipe du projet chorba menées par Farid avec bien sûr Ousmane et d’autres amis de l’association présents pour partager un repas avec les personnes hospitalisées. Pas n’importe quel repas puisqu’il s’agit à nouveau d’un couscous préparé par notre cuisinière préférée, Nawel. Et voici un petit extrait du concert qui a été donné en live à l’hôpital pour les personnes qui sont pour la plupart d’entre elles hospitalisées pendant plusieurs semaines, plusieurs mois voire carrément plusieurs années.

Début du son.

Extrait du concert de Désiré Sankara

Fin du son.

Reda : Alors on écoute Désiré Sankara qui a fait ce concert, c’était dans un hôpital de la banlieue parisienne, à l’occasion d’un repas partagé avec les personnes hospitalisées à l’initiative du Comité des Familles. Ousmane c’est toi qui nous a présenté Désiré Sankara qui est venu à l’émission, qui a chanté pour les familles, qui est venu à l’émission.

Ousmane : Voilà justement, qui avait promis de faire un autre concert sur un autre évènement justement comme on s’est dit que c’était trois jours avant la fin de l’année. On s’est dit pourquoi pas ne pas inviter Désiré pour donner ce concert à l’hôpital.

Reda : C’est vrai que ces périodes de fêtes sont difficiles quand tu es hospitalisé, même si ta famille est présente, tout ça, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de monde. Savoir que les autres sont en train de faire la fête pendant que toi tu es sur ton lit d’hôpital.

Ousmane : Voilà c’est pour ça. On s’est dit donner un concert et partager avec eux. Je pense que c’était quelque chose de très merveilleux. En plus c’est quelque chose qui leur a beaucoup apporté.

Reda : Il y a eu un concert avant celui de Désiré, c’était toi, tu as mis le feu.

Ousmane : Oui je suis d’accord mais bon. Je pense qu’au départ ce n’était pas prévu mais bon on s’est dit pourquoi pas le faire. On a tenté le coup une première fois. Ensuite on a vu que la réaction était très bonne.

Reda : Mais c’est plus que ça Ousmane moi je me souviens de cette dame, que l’on connait, puisqu’au fil des mois elle est toujours là, elle est toujours hospitalisée, donc la plupart des personnes qui sont dans ce service sont des personnes séropositives qui ne savaient pas, qui sont tombées par terre un jour ou qui le savaient mais qui étaient dans le déni. Eh bien cette dame quand elle t’a entendu chanter, elle s’est levée de son fauteuil roulant pour chanter avec toi.

Ousmane : Ca c’est vrai. Je pense que ce jour-là c’était beaucoup beaucoup. C’était vraiment beaucoup d’émotion. Et même moi voilà... Il y en a tout de suite qui sont sortis pour éviter justement d’avoir les larmes aux yeux même moi je chantais avec les larmes aux yeux. C’était énorme, c’était la première expérience musicale que j’avais vécu.

Reda : Et pas la dernière.

Ousmane : Et pas la dernière.

Reda : Est-ce que l’on peut lancer l’appel aux artistes ?

Ousmane : Moi c’est tout de suite c’est ça en fait, ce que je voulais justement, j’attendais que tu me donnes la parole pour dire que, non seulement on demande a beaucoup de gens de nous soutenir beaucoup pour ce projet d’être là, pour que l’on puisse donner un coup de main à Farid qui s’occupe de ce projet. Et aussi demander à tous les artistes, amis ou pas Comité des Familles qui aimeraient donner un plus permettre à ces gens-là d’avoir le bonheur dans le cœur, de nous contacter pour que nous puissions ensemble continuer ce projet durant toute l’année on espère.

Reda : Alors il y a aussi les soignants qui sont à l’hôpital, alors c’est un secret du projet chorba que je vais livrer. C’est qu’une fois que tout le monde a mangé, c’est-à-dire évidemment les patients, les personnes hospitalisées, l’équipe du projet chorba, on mange avec eux. Ce n’est pas leur apporter la soupe où je ne sais quoi. C’est partager un repas et après c’est vrai que s’il reste du couscous on le laisse pour nos amis infirmières, aide-soignantes, médecins et je crois qu’ils apprécient. Ils apprécient évidemment tout d’abord le geste de solidarité. On écoute donc Ousmane. En plus de chanter, danser, il est maintenant journaliste pour survivre au sida.

Début du son.

— Je trouve ça génial parce que les patients qu’on a ils sont tous supers déprimés, ils sont supers contents, ils n’ont pas trop de force mais ils applaudissent, ils ont les yeux qui brillent et c’est génial parce qu’il y a aucune activité ici.

— Quel sentiment vous avez quand vous les voyez réagir comme ça ?

— Je vais vous dire, à votre concert, je suis partie car je pleurais. Je pleurais parce que vous avez été voir tous les patients. Vous leur avez donné de la chaleur et je suis sortie parce que je suis partie pleurer. Voilà. Voilà ce que ça me fait. Beaucoup d’émotions.

— Qu’est-ce que vous, vous pouvez nous dire pour que nous, de notre côté, on puisse améliorer cette façon vraiment d’échange avec eux et avec vous ? Qu’est-ce que vous pouvez nous conseiller ?

— De continuer comme ça, en plus ils vous reconnaissent, là ils vous ont reconnu. De continuer à donner un peu de chaleur, ils n’ont plus que ça, donc... Moi je trouve que ce que vous faites là c’est génial. Ils attendent, ils sont contents et après ils nous en reparlent et ils savent que le lundi, le premier lundi c’est vous quoi. Je suis infirmière, je suis ici que depuis six mois. Donc je découvre l’hôpital, je ne connais pas le service et je découvre aussi parce que tous les services où j’allais avant il n’y avait pas ce genre de bénévole qui viennent comme ça. Donc je découvre.

Fin du son.

Reda : Vous aussi, vous pouvez découvrir le Comité des Familles. Il n’y a pas besoin d’être séropositif pour venir partager un repas avec des personnes hospitalisées bien au contraire. Vous pouvez aussi venir avec vos proches, avec des amis, comme l’a fait une jeune femme qui je sais écoute l’émission donc je la salue au passage. Elle est venue avec une copine tout simplement et Ousmane s’est entretenu avec celle-ci.

Début du son.

— J’ai 38 ans, je suis une amie de mon amie qui m’a parlé de toi, de ton association. Elle m’en a parlé vite fait, vaguement il y a deux semaines et puis dernièrement elle m’a proposée de venir et puis finalement je suis allée sur Internet et je t’ai vu ! Bah oui, je me suis un petit peu renseignée tout ça, j’ai vu que tu chantais, que tu faisais une association, qu’il y avait du hip-hop, puis que ça touchait les enfants tout ça enfin bref. Puis donc elle m’a parlée vaguement de cette soirée. Alors mon impression, je vais être très très honnête avec toi, je trouve que c’est dommage que l’on soit arrivé un peu en retard. Pourquoi ? Je suis une animatrice, alors je te dis tout de suite je travaille avec les enfants à la base. Bon là je suis blessée. Mais je pense qu’il aurait fallu mettre en place les tables, agencer la salle pour que le personnel médical, les personnes de l’association ou les malades se mélangent. Tu vois ? Parce qu’il y a des gens qui étaient malades par exemple et ça ne se voit pas. Tu vois ce que je veux dire ? Ca ne se voyait pas. Ce qui a fait qu’on a vu qu’ils étaient malades c’est qu’en fait il y avait les malades d’un côté et les personnes de l’association de l’autre.

Fin du son.

Reda : Ecouter, entendre les critiques ça fait aussi partie du travail du militant.

Ousmane : Justement il fallait aussi avoir ça pour recueillir les critiques d’une personne extérieure par rapport à ce que l’on fait. Et moi j’ai trouvé ça bien. Mais bon je pense que je lui ai répondu qu’on était plus ou moins en venu retard mais sinon en général...

Reda : C’est la première fois, c’était dans des circonstances exceptionnelles, avec un chauffeur qui pensait à autre chose que les malades qui l’attendaient.

Ousmane : Voilà. Donc en général on mange avec eux, on les aide même à manger. Pour ce qui est de mettre les tables en place tout ça, enfin, elle n’est pas au courant que ce n’est pas facile et que bon ce n’est pas non plus évident.

Reda : Mais moi je crois qu’au Comité des Familles c’est surtout de lui dire, très bien, on compte sur toi pour être présente en temps et en heure le mois suivant pour nous aider à faire mieux.

Ousmane : Je pense qu’elle a promis, elle a promis d’être là pour le mois suivant donc ce mois-ci. J’espère vraiment qu’elle sera là et que ce sera du bonheur pour les malades surtout et que l’on puisse continuer tous ensemble.

Transcription : Sandra Jean-Pierre.