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SIDA. Nadine et Pascal combattent leur maladie, et la discrimination qui en découle

4 décembre 2009 (Sud Ouest)

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Témoignage : 25 ans avec le sida

Les années 80 : La Mano Negra, « Top Gun » au cinéma, la catastrophe de Tchernobyl, des tenues et séries TV improbables, et le sida. Nadine et Pascal, anciens toxicomanes, l’ont attrapé au beau milieu de cette curieuse décennie, alors qu’on découvrait avec effroi ce virus « de l’amour », et une maladie incurable. Le couple réside aujourd’hui à Saint-Soulan, tout près de Samatan. Il vit sous trithérapie.

Doucement, puis de plus en plus vite, Nadine et Pascal ont appris à vivre avec le VIH.

Aujourd’hui, Nadine apparaîtra certainement sur France 2, pour un reportage consacré à la Journée mondiale de lutte contre le sida. Et le couple, longtemps malheureux et caché, accepte dorénavant de parler aux médias. « C’est la première fois que nous serons à visage découvert », avoue Nadine.

Correspondante dans la région pour l’association La Maison des familles, elle témoignera aujourd’hui devant des lycéens parisiens.

« Cernés par les défunts »

Lui l’a contracté en 1985, elle un an plus tard. Bien avant le Sidaction à la télévision et le fameux baiser de Clémentine Célarié. À l’époque, la maladie « des toxicos et des gays » n’était pas encore cause nationale et mondiale.

Près de vingt-cinq ans qu’ils vivent avec ce boulet. Pascal est resté pendant une bonne dizaine d’années porteur sain. Maintenant, lui, qui est également touché par une maladie tropicale, le sait : « Notre espérance de vie est assez limitée dans le temps. On fera peut-être des sexagénaires mais ce n’est pas une certitude. » Sur l’album-photo du couple, les amis disparus défilent encore et encore. Pascal et Nadine sont « cernés par les défunts ».

« La plus grande misère, c’est la discrimination, reprend Pascal, qui a dû essuyer le refus d’un banquier pour un tout petit crédit, ou subir les questions mal placées d’un autre. Nous ne sommes pas des citoyens normaux. Alors, on vit sans le dire, on évite de se mêler. C’est comme si nous étions les inventeurs de ce fléau. Surtout nous, les anciens toxicos. »

Botox, effets secondaires...

Pascal et Nadine aimeraient donner « un grand coup de pied » dans le regard et le dégoût des autres. Expliquer ce qu’est la vie d’un séropositif au quotidien. Ce Botox que l’on refuse de s’injecter pour paraître les joues moins creuses. Les effets secondaires éprouvants de la trithérapie, cette « petite chimio ». Ou la souffrance d’une solitude qui ronge...

« Même dans ma famille, ma mère en a parlé à ma tante mais pas plus. Il ne faut surtout pas le dire... », confie Pascal.

Le couple sort finalement du bois. Marre de se cacher. Nadine souhaite organiser une fête de l’amour le 13 février prochain, à Toulouse, et montrer que « les séropositifs peuvent aussi tomber amoureux ou rencontrer quelqu’un ». Voilà dix ans qu’elle roucoule avec Pascal.

Lui l’accompagne dans sa démarche associative, car « vouloir témoigner auprès des jeunes, c’est la meilleure solution pour la prévention ». Et il cite les 7 000 nouveaux cas de séropositivité chaque année et les 150 000 personnes atteintes vivant sur le sol français, tout en croyant modérément à ces chiffres.

« Dans le Gers, beaucoup de malades vivent cachés, ajoute-t-il. Un peu comme des fantômes. Il faut que cela change. »

Auteur : Jean-Charles Galiacy

Photos


Nadine et Pascal, au début des années 2000, dans le Pays basque. (Photo D.R.)

Nadine et Pascal, au début des années 2000, dans le Pays basque. (Photo D.R.)

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