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À propos du Comité des familles pour survivre au sida (2003–2013) | Madeleine Amarouche | Projet Madeleine Amarouche

Parler aux jeunes de la vie avec le VIH : premier bilan du Projet Madeleine

25 novembre 2009 (papamamanbebe.net)

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Contexte

Madeleine Amarouche, maman et militante du Comité des familles, a consacré dix ans de sa vie à témoigner auprès des jeunes de 20 ans de vie avec le VIH. Elle est décédée du sida le 28 novembre 2007, à l’âge de 43 ans.

En Ile-de-France, les personnes séropositives sont absentes des programmes de prévention des IST et du SIDA auprès des jeunes. C’est pourquoi le Comité des familles a travaillé en 2008 sur la mise en place d’un projet expérimental régional, à petite échelle, avec le soutien de partenaires déjà investis dans la prévention scolaire.

La complémentarité des témoignages, avec l’intervention de professionnels de la prévention (notamment ceux du Centre régional pour l’information et la prévention du sida, le CRIPS), rend cohérent la démarche au niveau régional. Cette complémentarité est démontrée non seulement par le niveau de preuve élevé apporté par le projet Écoles suisses (dont les témoignants ont sensibilisé des dizaines de milliers de jeunes), pertinente même si on tient compte des différences de contextes socio-économiques et culturels, mais également par la volonté du CRIPS d’aider à la formation des intervenants (témoins).

Cette activité n’a pas obtenu de financement en 2008.

Objectifs

- Contribuer à la prévention du VIH chez les jeunes
- Valoriser l’expérience des personnes atteintes.

Méthode

En 2008, une activité fut menée au Lycée Voillaume (Aulnay-sous-Bois) à la demande d’un professeur de biologie pour des élèves de Seconde Sciences Médico-Sociales (S.M.S). Cette activité a été menée avec le professeur de biologie, ses collègues du lycée et des volontaires du Comité des familles qui ont accepté de témoigner sur leur vie avec le VIH.

Résultats

- Aborder la problématique du VIH/sida avec des personnes directement concernées par le virus en parlant de vie sexuelle, de la dimension familiale de l’épidémie (procréation, enfants, vie de couple), ou de l’usage de drogues, permet  : aux jeunes des quartiers pauvres de se situer concrètement face au VIH et à leur propre vie  ;
- de favoriser une prise de conscience de la réalité du VIH/sida  ;
- de dédramatiser le virus sans le banaliser  ;
- d’avoir une vision plus nuancée des différentes réalités vécues avec le VIH/sida ce qui permet de donner du sens à la nécessité de se protéger  ;
- contrecarrer les préjugés et la peur des personnes atteintes, tout en dramatisant la gravité de l’infection et des effets indésirables du traitement  ;
- d’actualiser les connaissances du public au sujet du VIH et de renforcer les messages de prévention. En complément d’une intervention par des professionnels.

Ce qu’en dit le professeur de biologie du lycée Voillaume

La collaboration entre intervenants et intervenantes atteints et vivant au quotidien avec le virus, et l’enseignant, a donné lieu à une action plus enrichissante que celle qui aurait été menée par le professeur seul.

Cela a permis de conscientiser les élèves à la maladie.

La réceptivité des élèves a été beaucoup plus forte durant cet échange que lors d’un cours de biologie sur les virus.

Les élèves pensaient connaître la maladie or ils l’ont redécouverte.

Ils avaient entendu parler du sida mais ils n’avaient pas suivi l’évolution de cette maladie dans notre société. Ils ont pu constater la difficulté de vivre au quotidien avec le sida, que cette maladie est source de discrimination et d’exclusion (par exemple par les différentes administrations telles les mutuelles ou encore les douanes…).

Ce qu’en disent d’autres professeurs

«  C’est bizarre pour moi car je traite de la maladie dans les seuls livres avec les élèves et tout d’un coup je sors de ma bulle et j’ai en face de moi des personnes atteintes par le VIH…  »

La plupart des professeurs souhaitent renouveler l’expérience, deux propositions ont émergé de cette rencontre pour l’année scolaire 2008-2009.

La lettre des élèves après l’activité

«  Le vendredi 9 mai le comité des familles, association des familles impliquées par le VIH est venu nous rendre visite  ; la classe de 2° du lycée Voillaume à Aulnay-sous-Bois. Certains membres du Comité des familles ont témoigné, ils nous ont raconté leurs propres vies personnelles leurs propres difficultés avec la maladie et son traitement. Leurs histoires nous ont beaucoup touchés, et nous avons réalisé que la maladie pouvait atteindre tout le monde et que la prévention était très importante. Voilà pourquoi nous tenons à les remercier car il faut beaucoup de courage pour témoigner, de plus il serait bien que d’autres personnes bénéficient de cette expérience  : donc aller dans d’autres lycées, classes et collèges. Ce fut un grand plaisir de rencontrer toutes ces personnes merveilleuses  »

«  J’ai apprécié votre prévention puisqu’il y a eu des témoignages, ce qui permet de mieux comprendre comment vivent les personnes atteintes par cette maladie. Les différentes interventions ont été appréciables. J’espère que vous pourrez continuer longtemps.  »

Ce qu’en dit une personne qui a témoigné

«  On n’est pas là pour leur dire quoi faire, on est là pour leur parler de nous  ! (…) Leur dire que tous les aspects de la vie changent une fois que l’on est contaminé par le virus du VIH  ». On leur apporte un témoignage de vie avec le VIH

Des réactions sur le site papamamanbebe.net

«  Je pense que c’est dans les écoles qu’il faut commencer, et que l éducation nationale devrait mettre dans leur programme le sida et s élargir dessus et ne pas en faire un petit chapitre  !!! La santé est primordiale pour commencer dans la vie  !!!  »

«  Grâce à son témoignage, j’ai changé mon regard sur le VIH, j’ai appris des choses que j’ignorais sur cette maladie et je trouve très bien qu’il y a d’autres personnes qui, à sa suite, fassent de la prévention dans les écoles, auprès des jeunes.  »

Documents joints

Document provisoire de travail du Projet Madeleine (PDF, 274 ko)