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Léa, ma quatrième merveille : Alexandra, maman séropositive, raconte son accouchement

17 septembre 2009 (papamamanbebe.net)

1 photo | 4 Messages de forum | | Votez pour cet article

Bonjour à tous mes amis séropotes. J’espère que tout le monde va bien.

Voilà mon récit d’accouchement. Désolée, il est un peu long mais je voulais vraiment tout raconter pour faire passer l’émotion que j’ai vécue.

Le 11 août, ma sage-femme passe me faire le monitoring comme d’habitude à 11 heures, et il n’y a eu que 2 contractions en 30 minutes. Donc rien de particulier.

J’ai passé le reste de ma journée couchée comme d’habitude. Vers 15 heures, ma meilleure copine vient me rendre visite. Cela faisait déjà une bonne heure que je sentais que j’avais des contractions assez régulières mais non douloureuses, donc pas d’inquiétude. Mais à 18 heures, alors que cela ne s’était pas calmé, Nicolas a préféré que l’on aille à la maternité pour faire un contrôle.

Émilie est partie chez son père et on a déposé Oréane chez ma mère.

Arrivés à la maternité, on me pose le monitoring et on fait un contrôle de la poche des eaux (pas de fissure, ni de perte) et là, contractions toutes les 10 minutes qui commencent à être douloureuses.

Au bout d’une heure et demie de monitoring, l’obstétricienne de garde vient nous voir et nous dit que 35 SA c’est trop tôt pour césariser et que ce serait bien d’attendre la semaine d’après qui est la date prévue de ma césarienne.

La sage-femme me donne un suppositoire de salbutamol et 20 minutes après me remet le monitoring (45 minutes) et là surprise, contractions encore plus rapprochées. Toutes les 5 minutes mais moins fortes.

On décide de me garder jusqu’à demain au cas où et si tout va bien je sortirai dans la matinée. Il est 22 heures quand on me met dans une chambre, je dis à mon homme d’aller dormir chez ma mère qui habite à 5 minutes de la maternité comme ça au cas où il, ne sera pas loin.

À peine avait-il passé la porte de ma chambre que l’obstétricienne revient et me dit de but en blanc : « Bon, ben, on va vous césariser dans une heure » Le choc ! Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. La panique m’a pris je ne savais pas pourquoi elle s’était décidée comme ça d’un coup.

Peut-être avait-elle enfin regardé mon dossier et en voyant mes antécédents elle se décida à m’accoucher. Je rappelle mon mari pour lui dire de revenir. Il n’y croyait pas quand je lui ai dit qu’ils s’étaient décidés à m’accoucher dans une heure, surtout que normalement je devais avoir mon protocole de 4 heures d’AZT et que du coup on m’a donné que 1 h 30.

La sage-femme arrive pour me faire une prise de sang et me poser ma perfusion et les larmes m’envahissent. Ca y est je vais avoir mon bébé. Je n’ai pas eu le temps de me faire à l’idée. C’était la panique dans ma tête.

Ma grande peur était la rachi. Aller comprendre pourquoi il n’y a que ça qui me faisait peur. Du coup, l’anesthésiste est venu me voir et m’a reconnu tout de suite (c’est lui qui s’était occupé de moi pour mon premier). Il me rassura sur ma peur de la piqûre. Entre-temps, mon chéri arriva et je fondis en larmes dans ces bras.

23 h 00. Ca y est c’est l’heure. Un dernier bisou à mon chéri et on m’amène au bloc. L’équipe est super-sympa. Ça détend l’atmosphère. On me pose toutes les électrodes et ensuite on me redresse pour la rachi et tout en discutant avec moi l’anesthésiste me pique et là je ne sens absolument rien. La sage-femme qui se tient juste devant moi discute aussi avec nous et tout ce fait naturellement. Je commence à ne plus rien sentir, que des fourmis partout. On me rallonge et là, l’obstétricienne entre en scène. D’un coup je me sens mal, la tête me tourne. J’ai mes constantes qui se cassent la figure, on me redonne une dose d’épinéphrine et d’un coup, je me mets à vomir (heureusement l’infirmière avait prévu le coup et m’avait donné un haricot).

Ensuite, tout s’est bien passé normalement. Toute l’équipe a discuté avec moi et à 00 h 13 j’entendis un petit cri. C’était Léa. Ca y est elle était née.

Je n’ai pas pu faire de pause comme je l’avais demandé, car Léa était en souffrance fœtale et en détresse respiratoire.

J’ai pu la voir 30 secondes, le temps de lui faire un bisou. Nous avons été séparés jusqu’au lendemain.

On m’a refermé et en même temps l’obstétricienne me fait une réflexion qui sur le coup me fait un autre choc. Elle me dit : « Eh bien heureusement que je vous aie accouché. Votre utérus est dans un sale état. Il est aussi fin que du papier à cigarette. Il était à deux doigts de lâcher ». Là, je réalise que mon bébé aurait pu y passer (je saurais plusieurs jours plus tard que ce qu’elle m’a dit était faux). On me monte ensuite en salle de réveil jusqu’à deux heures du matin. Je n’ai pas vraiment supporté l’opération car je n’ai pas arrêté de vomir mais bon ma fille était née et on m’a rassuré sur son état de santé.

Dès le lendemain matin j’étais déjà debout, prête à aller voir ma princesse en réanimation. Elle y a passé trois jours et ensuite elle a été transférée en néonatale jusqu’au jour de sa sortie.

Tout est rentré dans l’ordre pour Léa. Elle se porte comme un charme, on ne dirait pas du tout qu’elle est prématurée et qu’elle a eu des soucis.

Voilà pour mon récit que je vais d’ailleurs enregistrer sur mon ordinateur pour plus tard le lire à ma fille et lui redire combien je l’aime et combien j’ai eu peur de la perdre et aussi merci à mon mari d’avoir été près de moi, de s’être occupé de moi, des enfants et de la maison, de m’avoir cajolé et rassuré quand ça n’allait pas.

Alexandra

PS : Merci aussi à toutes les personnes connues ou inconnues qui m’ont soutenu.

Lire et écouter : Une naissance au Comité des familles pour survivre au sida

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