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Fred Cronard, président de l’association AMVIE, où Carole, maman martiniquaise, s’est engagée auprès d’autres personnes séropositives
9 septembre 2009 (papamamanbebe.net)
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Écouter: Fred Cronard, président de l’association AMVIE, où Carole, maman martiniquaise, s’est engagée auprès d’autres personnes séropositives (MP3, 3.5 Mo)
Reda : La première fois que tu rencontres une personne séropositive, c’est qui et dans quel cadre ?
Carole : Rencontrer une autre personne séropositive ça été plus ou moins dans la rue. C’est quelqu’un qui m’avait repéré plus ou moins déjà à l’hôpital et donc on avait plus ou moins discuté aussi de tout ce qui concerne un petit peu au niveau des médicaments et tout. Ça été justement en 2005 et il m’a plus ou moins parlé un petit peu d’une association qu’il avait l’intention de créer entre toutes les personnes séropositives et il m’a posé la question est-ce que je voulais en faire partie quoi.
Reda : ça c’est Carole qui était notre invité en studio mardi dernier elle nous rendait visite depuis la Martinique et là vous venez de l’entendre décrire sa rencontre avec l’association dans laquelle elle milite qui s’appelle AMVIE. C’est en Martinique et la rencontre c’est faite dans la rue. Alors Marjorie et Sihem ont rencontré Fred, Sihem va nous dire qui c’est et qu’elle est l’objet de l’entretien.
Sihem : Donc Fred c’est le président de l’association AMVIE, donc en Martinique, c’est lui qu’il l’a fondé. Il nous explique pourquoi cette association et quelles sont justement les difficultés propres à la Martinique.
Fred : Je suis président de l’association Martinique vivre ensemble en vie, qui est une association créée à l’initiative de personnes séropositives. Concernant la situation en Martinique on estime que la propagation du VIH est à environ 0,5 à 1% donc entre 2000 et 4000 personnes infectées par le virus. Beaucoup de personnes ignorent leur sérologie. Concernant le suivi médical qui est fait en grande partie au centre hospitalier universitaire de Fort de France, la cohorte 2007 donc du CHU est à environ 257 personnes. Il y a aussi une soixantaine de personnes qui sont suivi au centre hospitalier du Lamentin qui est la deuxième ville de Fort de France et quelques personnes environ une dizaine de personne qui sont suivis à Ducos, donc au centre pénitentiaire,suivi qui est effectué par des médecins du CHU. D’une façon générale, les associations fonctionnent de façon isolées, il n’y a pas de coordination au niveau des actions, il n’y a pas de réflexion commune sur la mise en place des actions et sur l’évaluation des actions. Surtout dans des zones qui sont très exposées, qui sont quand même spécifiques je trouve qu’il y a toutes sortes d’informations qui manquent, qui nous empêchent d’être plus efficaces. Par contre au niveau de l’association le travail direct avec les personnes séropositives nous permet d’avoir une idée plus réelle plus concret de la situation. Depuis le début de l’épidémie on a entendu donc diverses campagnes de pub qui enfin de prévention pas de pub qui bon plus ou moins diabolisent ce virus qui dépeignent les personnes comme des personnes qui vivent donc des drames et c’est vrai que ça touche, ça affectent des personnes et on est toujours donc sur cette image affective. Lorsque je regarde du point de vue de mon vécu donc de l’association, les personnes ce sont des personnes comme tout autre qui s’amusent, qui s’éclatent, qui ont leurs peines leurs joies comme tout autre mais avec justement ce poids qui est dû justement donc aux regards particuliers que porte la société sur eux. Du fait qu’ils ont, qu’ils sont infectés par un virus. Je pense que la création de l’association AMVIE est une opportunité. Une opportunité pour justement sortir de cette approche purement médicale, de sortir de cette approche purement professionnelle, euh médico, psycho,sociale... donc des associations généralistes, pour que des personnes en prenant toutes leurs responsabilités donc au niveau de la société ont des personnes pour éclairer la société sur le vécu de la maladie, sur l’impact du regard de l’autre sur cette spécificité d’être infecté par un virus et pour aussi la mise en place d’action plus pertinente et peut-être des actions qui ne nécessitent pas des financements considérables hein, mais peu avoir un impact plus sensible sur l’ensemble de la société martiniquaise.
Reda : Donc ça c’était le président de l’association... des personnes atteintes en fait en Martinique. Carole qui est membre de cette association était avec nous et je tiens à la saluer parce-que, après l’émission elle a... je pense que ça doit être l’aboutissement d’une très grande réflexion, elle a envoyé un texto pour me demander, pour me dire qu’elle était d’accord pour que soient publiées sur le site ses photos. Alors je n’ai pas encore fait parce-que je voulais lui laisser un temps de réflexion mais c’est quand même important c’est à dire de faire ce pas là, décider de sortir, au propre comme au figuré, de l’ombre. Nabila, Tina, Sofia qu’en pensez-vous de cette démarche, de ce long parcours en particulier dans les conditions de la Martinique que Fred évoquait un petit peu par rapport aux difficultés qu’il rencontre dans le travail de leur association ?
Nabila : Moi je dirais tout simplement que Fred, le président de l’association AMVIE c’est ça ? Rencontre en fait les même problèmes qu’on rencontre ici, toujours la stigmatisation, la honte autour de cette maladie donc le fait de pouvoir rencontrer des gens, leur en parler... un contact avec ces gens là euh je pense que ça démystifie un peu la maladie, puis ça rompt l’isolement même si ça ne règle pas tous les problèmes et puis la décision de Carole moi je dis... je ne peux que la saluer parce-que ça doit être surement un aboutissement de... d’un acheminement. On ne se montre pas comme ça du jour au lendemain en tant que personne séropo, en disant voilà, au monde entier, je suis séropo du jour au lendemain. C’est tout un travail qui se fait à mon avis, peut-être que sa venu à Paris a pu aider justement à ce que ce travail là soit fait. J’imagine qu’elle a dû le faire...
Reda : Tina qu’est-ce que...
Tina : Je trouve ça bien sûr courageux, en même temps comme tu dis faut bien y réfléchir, faut pas... après... ça a des conséquences bien sûr, chaque personne concernée y réfléchit. Comment je fais ? Est-ce que je... parle à la radio ? Est-ce que je prend un pseudo ? Est-ce que je montre mes photos ? C’est tout ces points qu’on réfléchit qui ont des conséquences et j’espère que pour elle ça va que l’aider et aller dans le sens dans lequel elle veut aller, dans le combat et assumer avec fierté qui elle est et ce qu’elle vit.
Reda : Alors on va parler d’évaluation. Évaluation de santé publique avec Marise Mathieu qui vient d’arriver du Québec... mais j’aimerais d’abord recueillir sa réaction à ce récit de Carole en Martinique, sa rencontre avec une association avec laquelle elle a décidé de s’investir par la suite et le point de vue de ce président d’association sur les difficultés rencontrées. Quelles... comment est-ce que... Qu’est-ce que vous entendez à l’écoute de ces récits ?
Marise : C’est sûr ça rappelle quelque chose... quelque chose que parfois on oublie comme professionnelle de la santé, on sait que le VIH c’est le... c’est une maladie avec beaucoup de racines sociales puis c’est quelque chose qu’on sait mais que nous comme personne non atteinte on ne vit pas tous les jours. C’est toujours choquant d’écouter les témoignages de quelqu’un séropositif puis ça nous ramène à la réalité ça nous fait prendre contact une fois de plus avec la réalité oui.
Reda : Cela dit c’est tout mimi l’accent québécois non ? (rire de l’équipe) Ok bah vos réactions sur le site papamamanbebe.net, si vous souhaitez faire passer un message à Carole. Vous pouvez aussi envoyer un mail c’est reda AT papamamanbebe.net
