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5ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH | Bertrand Delanoë

Le jour où la Mairie de Paris appartenait aux familles vivant avec le VIH : Premier bilan de la 4ème Rencontre des parents et futurs parents concernées par le VIH

3 juin 2009 (papamamanbebe.net)

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L’équipe radio dresse un premier bilan de la 4ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH.

Hélène : Toute l’équipe du Comité des familles voudrait tout d’abord remercier toutes celles et ceux qui étaient présents à la 4ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH samedi dernier. On en parle au passé maintenant ça fait bizarre. Ceux qui n’y étaient pas, j’espère que vous vous en mordez les doigts. En tout cas vous avez été plus de 150 personnes à venir poser vos questions aux médecins et aux membres du Comité des familles. Alors petit tour de table pour recueillir vos impressions. Qu’est-ce qui vous a marqué ?

Larissa : Ce qui m’a marqué c’est le nombre de personne qui était là, et surtout le nombre de spécialistes qui étaient disponibles pour répondre à toutes sortes de questions.

Tina : J’ai trouvé ça super de voir que beaucoup de personnes ont, on va dire, osé prendre la parole, poser leurs questions que ce soit pendant le plénière - parfois ça peut sembler difficile de lever le doigt pour parler - et après bien sûr pendant les ateliers c’était vraiment très libre, il y avait de superbes discussions et les personnes ont vraiment osé donner leur avis, partager leur expérience et poser leurs questions.

Ousmane : Vraiment regret aux absents parce que déjà à lire sur le visage des personnes qui étaient présentes, moi je pense que c’est vraiment quelque chose qui avait de l’importance. Et j’ai aussi remarqué qu’à l’atelier Amour, Sexe et VIH je pense que si je ne me trompe pas j’ai dû entendre plus de dix fois des applaudissements. Ça veut dire que les gens étaient satisfaits des réponses, étaient satisfaits des questions qui se posaient, donc je pense que ça valait le coup d’être là.

Reda : Je pense qu’il faut quand même rappeler puisque tout le monde ne sait pas ce que c’était cette 4ème Rencontre des parents et futurs parents qui a eu lieu samedi dernier : c’est que le Comité des familles a invité Bernard Hirschel qui est porteur d’une nouvelle. La nouvelle c’est qu’une personne séropositive, sous traitement efficace, dans des conditions bien définies n’est plus forcement contaminante. Et moi pour résumer un petit peu mon sentiment avec cette rencontre, surtout la plénière du matin où on a passé trois heures avec Bernard Hirschel et d’autres médecins spécialistes. Je ne veux pas exagérer non plus, mais moi j’avais le sentiment à voir les sourires sur les visages, les questions très précises, très pointues qui montraient que les gens avaient très bien intégré ce que c’est que cet Avis suisse et ce que ce n’est pas, alors qu’on pensait que certains disaient que les séropositifs seraient irresponsables et puis tout ça. Moi j’avais un peu l’impression que c’était comme une réunion de handicapés, et à la fin de la journée certains ce sont levés de leur fauteuil roulant. Je ne sais pas si vous avez partagé ce sentiment là ou pas, mais pour moi ça ressemblait vraiment à ça.

Ousmane : Je pense que oui parce que comme tu l’as dit quand tu voyais les gens à la sortie à partir de 17h, je pense qu’il avait qu’une seule chose en tête : faire la fête.

Tina : Oui moi aussi ! peut-être qu’il y avait des rumeurs, que les gens avaient entendu.. Mais là vraiment les personnes présentes on entendu un médecin et pas n’importe lequel, qui a vraiment expliqué et affirmé l’Avis suisse, comme quoi avec une charge virale indétectable et pas d’autres IST on pouvait faire l’amour sans préservatif, dans des conditions bien précises. Entendre ça et après en débattre avec d’autres spécialistes et personnes concernées ça a vraiment donné du poids à cette déclaration, et cela a rendu cette déclaration vraiment crédible.

Reda : Mais au delà des explications techniques, moi j’ai resenti très fort ce truc-là : des gens, et beaucoup de gens ici à l’émission disent qu’avec l’idée que les traitements permettent non seulement d’empêcher la progression de la maladie, mais en plus d’empêcher la transmission du virus, que cette nouvelle soulever un poids, que cette nouvelle était une nouvelle libératrice. J’ai l’impression, il y avait 150 personnes dans la salle, et on l’a ressenti, l’émotion était palpable. Pour autant on ne s’est pas laissé emporter par l’émotion, et les ateliers de l’après-midi ont bien montré à quel point les gens sont prudents - beaucoup de gens qui disent que même si c’est vrai, ça enlève un poids, mais pour autant moi je resterai fidèle au préservatif - après ce sont des choix personnels, et en aucun cas il s’agissait de sonner le glas du préservatif parce que c’est quand même vachement pratique.

Hélène : Avec les stagiaires on en parlait entre nous, et on se disait que quand on parlait avec notre entourage de notre stage justement quand on disait qu’on travaillait dans une association de séropositifs on nous disait que "ha ça doit être triste, ça doit être morbide, tout le monde doit faire la tête", et justement je trouvais que cette journée de samedi ça a vraiment montré le contraire : les personnes qui potentiellement pourraient être mal, pourraient être désemparées, et pourtant tout le monde souriait. Ce qui m’a étonné c’est que j’ai entendu plusieurs personnes me dire "oui bon ben voilà j’ai le VIH mais maintenant j’en ai fait ma force, ma fierté, je suis fière de cette maladie, je la revendique, j’ai aucune honte à l’avoir." Et voir toutes ces personnes qui souriaient, qui dansaient à la fin pour la fête des familles, qui étaient heureuses, qui voulaient des enfants... moi je trouve que ces personnes-là au contraire ont l’air de profiter beaucoup plus de la vie qu’une personne qui n’a pas cette maladie. Je ne sais pas si vous aussi vous l’avez ressenti comme ça ?

Tina : Si je pense que déjà au Comité c’est toujours un peu la fête de façon générale, mais là il y avait vraiment en plus ce message d’espoir qui donnait encore plus envie de faire la fête, et je pense pour beaucoup il y a avait que de la joie dans leur coeur, d’entendre ça, d’imaginer que dans quelques années ça va être de plus en plus répandu et l’image du séropositif pourra enfin changer. Je pense que oui tout le monde avait de l’espoir, une lueur d’espoir qui s’est mise là dans la vie des séropositifs.

Reda : Alors je sais qu’il y en a qui, en écoutant tout ça, doivent s’en mordre les doigts. On ne va pas dans l’immédiat diffuser des extraits des enregistrements de la plénière. Ce ne sera ni aujourd’hui ni la semaine prochaine, mais peut-être pendant cet été si vous nous faites part, vous nous écrivez ou vous nous faites signe comme quoi ça vous intéresse qu’on diffuse l’enregistrement des parties on va dire semi-publiques sachant qu’il y aura un respect absolu de la confidentialité des personnes présentes : pas de noms, ou d’autres choses dans ce genre là. Mais faites nous signe, vous pouvez nous écrire en vous rendant sur le site www.papamamanbebe.net si vous êtes loin, que vous n’avez pas pu venir et vous avez envie de savoir et d’entendre ce qu’il s’y est passé.

Hélène : Une dernière réaction peut-être Marjorie toi aussi tu étais présente à cette 4ème Rencontre, qu’est-ce que tu en as pensé ?

Marjorie : Justement je rejoins totalement tout ce que vous dites, j’étais été vraiment enthousiasmée par cette journée. C’est vrai que le 23 mai pour moi c’était vraiment une journée d’osmose avec ces personnes qui ont le VIH, et le VIH n’est pas une tare on peut vivre avec, il n’y a pas de souci, les gens en ont conscience. Et justement le fait de vouloir procréer, d’avoir des enfants c’est en plus un message d’espoir : on peut vivre avec le VIH, on peut donner la vie avec le VIH, c’est vraiment génial !