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Africa N° 1 ouvre le débat sur le traitement et la prévention avec le Conseil national du sida et le Comité des familles

29 mai 2009 (papamamanbebe.net)

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Tina du Comité des familles était l’invitée d’Eugénie Diecky lors de son émission Les Matins d’Eugénie sur la radio Africa n°1. Le débat tournait autour de l’avis suisse et rappelait que le Conseil National du Sida (CNS) a émis son propre avis lors d’une conférence de presse sur l’intérêt préventif du traitement antirétroviral.

Étaient également présents pendant l’émission le docteur Nicole Hesnault-Pruniaux, directrice du Centre hospitalier de Maison Blanche, membre du CNS et le docteur Didier Troisvallets, de l’hôpital de Gonnesse.

Comme l’a rappelé Eugénie Diecky « le traitement sauve des vies et aussi empêche la transmission du virus [...] mais dit comme ça c’est lourd, il faut nuancer ». On se doit d’être attentif au message pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté ni de confusion. Ce que les auditeurs doivent savoir et surtout retenir, comme le revendique le Dr Nicole Hesnault-Pruniaux, c’est que ce n’est pas parce qu’on est sous traitement qu’il n’y a plus de risque. Le CNS l’a spécifiquement mentionné durant la Conférence de presse : l’information concernant l’intérêt préventif du traitement nécessite un encadrement très précis. Le risque zéro n’existe pas, le traitement a ici un rôle préventif lorsque la personne le suit rigoureusement. Néanmoins le préservatif demeure un outil de prévention incontournable.

De ce fait, Eugénie Diecky s’est permise d’extrapoler : « si le traitement sauve des vies et empêche la transmission du VIH, le virus n’existe plus, on n’est plus contaminé ? ». Ainsi Tina a tenu à revenir sur les conditions formulées par l’avis suisse. « La personne séropositive, qui prend bien ses médicaments, qui a une charge virale indétectable depuis au moins 6 mois - c’est important 6 mois -, qui est très observante de son traitement, qui est dans un couple stable sans IST, le risque de contamination est alors très faible. » Encore faut-il remplir ses conditions, et sans omettre que le zéro n’existe pas. Mais il n’existe pas non plus avec le préservatif (comme le souligne le CNS). « La population générale doit avoir connaissance de cela, ne serait-ce que pour aller se faire dépister [...] La vérité scientifique doit être connue, divulguée. »

Le docteur Didier Troisvallets tient à appuyer sur un point : cet Avis fut rendu possible grâce à la simplicité des traitements. et bien que cette nouvelle annoncée par l’Avis suisse est une excellente nouvelle pour les personnes séropositves en couple stable et cherchant à avoir un enfant, il n’en demeure pas moins une inquiétude que le Dr Didier Troisvallets a exprimé : « les célibataires vont faire un peu n’importe quoi s’ils sont sous traitement, avec une charge virale indétectable depuis au moins 6 mois, mais il suffit qu’ils soient un jour pas très observant de leur traitement et leur charge virale indétectable ne le sera plus. Comme le dit Tina, cet Avis s’adresse aux couples stables, et il n’est en aucun cas une option pour un célibataire à partenaires multiples. » La méfiance est donc de mise.

Pour en revenir à l’utilité du préservatif, le Dr Nicole Hesnault-Pruniaux tient à affirmer qu’il ne faut pas opposer traitement ben pris et préservatif : « le traitement apporte une sécurité supplémentaire au préservatif. L’idéal c’est les deux ! [...] Cela permet d’envisager une sexualité plus serène et ça limite les risques. Il faut mieux deux protections que pas du tout. » Le préservatif concerne tout le monde, le traitement ne concerne que les personnes touchées par le VIH. Mais une difficulté persiste : « Pour certaines raisons - affective, culturelle... - on ne peut dire au partenaire son statut sérologique, et qu’on ne veut pas imposer le préservatif à son partenaire bien qu’on est très peur de transmettre le virus, le traitement peut apporter un soulagement considérable - bien que le risque zéro n’existe pas. »

Pour conclure, le docteur Didier Troisvallets a mis en avant le fait que, aujourd’hui, la maladie liée au VIH doit absolument être considérée comme une maladie comme les autres, pas plus grave que les autres. Les gens doivent s’informer et se faire dépister, « s’informer pour être maîtres des moyens de se protéger. »