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Bernard Hirschel | Charge virale indétectable | Contamination et prévention | Sexe et sexualité | Willy Rozenbaum

Le Conseil du sida préconise de traiter au plus tôt pour éviter la transmission

30 avril 2009 (AFP)

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PARIS - Le Conseil national du sida (CNS) préconise de renforcer l’offre de dépistage et d’offrir le plus tôt possible un traitement aux séropositifs, en parallèle à l’usage du préservatif, afin de renforcer la prévention de la transmission du virus.

Dans un avis publié jeudi, le CNS, que préside le Pr Willy Rozenbaum, spécialiste des maladies infectieuses, a estimé que pour mieux contrôler la dynamique de l’épidémie, le traitement par antirétroviraux généralement utilisé à titre thérapeutique pouvait aussi être utilisé "pour sa capacité à réduire le risque de transmission sexuelle du virus".

Le Pr Rozenbaum a rappelé que le traitement était utilisé depuis 15 ans avec succès dans la prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant, et que plusieurs études montraient une forte baisse des nouveaux cas quand le partenaire était sous traitement et que sa charge virale était faible.

Un modèle développé récemment sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé "prédit que l’éradication de l’épidémie pourrait être obtenue à partir des années 2050" si la mise sous traitement était systématiquement proposée à toute personne dépistée positive, rappelle le CNS.

Parmi les personnes infectées actuellement en France, on estime qu’il y a seulement 46% de personnes traitées avec succès, du fait selon le CNS d’un "retard au dépistage".

"Si on veut une efficacité préventive maximum, il faut faire un effort important de dépistage", a souligné François Bourdillon, vice-président du CNS. Il a rappelé que sur 7000 cas séropositifs découverts en France par an, plus de 33% découvraient leur séroposivité à un stade avancé : niveau de lymphocytes CD4 -les globules blancs marqueurs de l’immunité- inférieur à 200 par mm3 de sang (la normale est supérieure à 500), voire stade de sida déclaré.

"Une telle réorientation des politiques de lutte contre l’épidémie suppose de parvenir à dépister mieux et plus tôt, tout comme d’assurer ensuite la prise en charge plus précoce des personnes dépistées positives", souligne le CNS.

Le Pr Rozenbaum a déclaré aussi qu’il n’y aurait jamais de "risque zéro", et que le traitement devait intervenir en complément de moyens de prévention classiques, au premier chef le préservatif, "qui peut glisser ou craquer" et qui n’est pas utilisé aussi fréquemment qu’on pourrait le souhaiter.

L’association Act-Up a salué un avis "mesuré" mais qui "n’épuise pas la question". Aides l’a accueilli comme "une excellente nouvelle".

L’avis du CNS vient après une vive polémique en 2008 autour d’une décision de la commission fédérale suisse du sida. Celle-ci affirmait qu’une personne séropositive pouvait avoir des rapports non protégés pour autant qu’elle soit sous traitement, que les virus soient intraçables dans le sang depuis six mois et qu’elle ne souffre pas d’une autre infection sexuellement transmissible.