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Couples concernés par le VIH | Françoise Barré-Sinoussi | Sexe et sexualité | Vaccin préventif

Vaccin, surinfection, Génération sacrifiée : Françoise Barré-Sinoussi répond aux questions des familles vivant avec le VIH

6 avril 2009 (papamamanbebe.net)

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Françoise Barré-Sinoussi, le prix Nobel de médecine 2008 et co-découvreuse du virus du Sida était sur le plateau de l’émission Survivre au sida.

Elle s’est alors prêtée au jeu du question-réponse avec les autres invités.

Nabila : A quand un vaccin pour mes filles ?

Françoise Barré-Sinoussi : Je fais partie des chercheurs qui estiment qu’on a trop donné de dates. (…) Ne donnons plus de dates, continuons a avancer dans le domaine de la recherche vaccinale. Je suis comme tout le monde, j’espère bien qu’il y en aura un. En attendant il y a l’utilisation des antirétroviraux en prévention.

Tina : Dans un couple où les deux personnes sont séropositives, doit-on utiliser un préservatif pour empêcher la surinfection ?

Françoise Barré-Sinoussi : En effet, la surinfection stimule nos défenses immunitaire, et c’est comme ça que le virus continue à se propager dans le corps. Mieux vaut ne pas prendre trop de risque et se protéger.

Tina : Quel message aimeriez-vous faire passer ?

Françoise Barré-Sinoussi : Continuons à travailler ensemble comme on le fait depuis plus de 25 ans. (...) Soyons productif pour améliorer la qualité de vie des patients et trouver les priorités des recherches. (...) En travaillant main dans la main, c’est comme ça qu’on avance au plus vite.

Reda : Que pensez vous de l’histoire de ce patient qui avait été greffé suite à une leucemie, et qui avait été ensuite diagnostiqué séronégatif ?

Françoise Barré-Sinoussi : La chercheuse met en garde en modérant cette nouvelle en expliquant qu’un seul cas ne signifie rien en médecine. Tant que cette situation ne se reproduira pas plusieurs fois, aucune conclusion ne pourra en être tirée.

Reda : Quel est votre regard sur ce qui s’est passé dans les quartiers pauvres avec les contaminations par échange de seringues interdites pendant les années quatre-vingt ?

Françoise Barré-Sinoussi : Je le regrette énormément pour la France, qu’elle ait mis si longtemps à réagir, que l’on ait mis si longtemps à autoriser la ventes des seringues propres

Reda : Que pensez-vous de la stigmatisation des séropositifs ?

Françoise Barré-Sinoussi : La stigmatisation ? Je ne la comprends pas et je ne l’accepte pas. (...) C’est peut-être un problème de génération et j’ai de l’espoir sur la génération qui arrive. Celle d’avant n’était pas encore prête à écouter. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de tolérance et de respect vis a vis des autres qu’il n’y en avait à une certaine époque.

Pour conclure l’émission, Françoise Barré-Sinoussi répondra à la question de Reda concernant ceux et celles qui ont vus leurs proches mourir du sida en racontant cette anecdote sur un ancient patient au début des années 80 :

Je ne comprenais franchement pas pourquoi il me remerciait à une époque où on venait juste de détecter le virus et qu’on avait rien pour y pallier. La réponse du patient qui est mort quelques heures après a été : ’Pas pour moi, mais pour les autres’. Je pense que ces familles là doivent se dire que ces premiers patients ont contribué à l’avancement des progrès dont ils n’ont pas pu bénéficier eux, mais dont je suis certaine qu’ils sont heureux aujourd’hui pour les autres.

« Il n’y a pas à avoir peur du virus du Sida, il y a juste à s’en protéger, et on sais s’en protéger. »