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Est-ce bientôt la fin du préservatif pour les couples sérodifférents ? Françoise Barré-Sinoussi répond à Bernard Hirschel

6 avril 2009 (papamamanbebe.net)

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L’espoir du vaccin est resté à l’horizon pendant très longtemps. Dès 1984, une annonce est même faite à la Maison Blanche disant que le vaccin, c’est pour demain.

En 2009, y a t-il encore l’espoir de trouver ce vaccin ?

Pour Bernard Hirschel qui travaille à l’hôpital cantonal universitaire de Genève, « les traitements continuent à s’améliorer, ouvrent de nouvelles perspectives, par exemple leur effet préventif. Mais pour l’instant, il n’y a pas de vaccins. On est donc réduit à l’utilisation du préservatif, à la diminution du nombre de partenaires sexuel. C’est un message qui a presque trente ans, qui commence à dater. On aimerai bien avoir d’autres idées ».

Françoise Barré-Sinoussi, qui connaît bien Bernard Hirschel, elle estime "qu’il y a encore des recherches à faire pour démontrer clairement que les antirétroviraux préviennent l’infection. Lorsque une personne est traitée, on diminue la quantité de virus dans le sang et dans les sécrétions génitales, et donc la personne va probablement moins transmettre . O, parlait de la transmission de la mère à l’enfant, c’est peut-etre la première preuve, puisqu’on diminue la charge virale chez la maman, la quantité de virus, et donc elle ne le transmet pas à son enfant.

« C’est des arguments à prendre en considération pour la prévention. Et puis il y a d’autres alternatives qui me paraissent intéressantes. (..) comme utiliser des gels dans lesquels il y a des antirétroviraux. Des résultats préliminaires sont encourageant en terme de prévention. »

« Pour le vaccin, on parle beaucoup de l’échec de la recherche vaccinale. Moi j’ai tendance à ne pas parler d’échec [1]. C’est classique, une recherche vaccinale prend enormément de temps, encore plus avec un virus aussi difficile que le virus du Sida qui s’attaque justement aux cellules de notre défense immunitaire qui doivent réagir dans le cadre d’une vaccination. Donc ces échecs comme ont dit on permit d’établir une liste d’obstacles. Maintenant, il faut remonter ses manches et travailler sur ces obstacles, un à un. »

Un avis publié en janvier 2008 par la Commission fédérale Suisse avait fait l’effet dune petite révolution : dans 5 à 10 % des cas, les homme peuvent avoir une charge virale indétectable dans le sang et avoir pour autant du virus dans le sperme.

Pour Bernard Hirschel, "malgré une charge virale indétectable, le virus se cache dans le corps sous d’autres formes mais ce n’est pas forcément infectieux. Aujourd’hui, les cas de personnes ayant une virémie indetectable au moment où ils ont contaminé leur partenaire n’existe pas. Ca ne veut pas dire que ce n’est pas possible, mais juste qu’il est très difficile de chiffrer un tel risque. On peut juste dire qu’il doit être bas".

Est-ce un espoir pour les couples sérodifférents de se passer du préservatif ?

Pour Françoise Barré-Sinoussi, « tant qu’on a pas totalement démontré que les antirétroviraux permettaient de protéger la transmission au partenaire dans un couple sérodifférent, il reste bien évidemment à recommander l’utilisation du préservatif. Mais ça continue à donner de l’espoir, il y a des recherches en cours. ».

Malgré le manque d’information, l’annonce de cette nouvelle devrait permettre de diminuer la stigmatisation faite aux séropositifs et les enlever de ce statut de « personne contaminante ».

Notes

[1] Françoise Barré-Sinoussi travaille à l’Institut Pasteur, à la pointe de la recherche et des essais vaccinaux contre le VIH.