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Enfants concernés par le VIH | Fanny | Femmes séropositives

Agathe, 20 ans, née avec le virus du sida

3 décembre 2008 (melty.fr)

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Très accueillante, c’est avec simplicité qu’Agathe a bien voulu répondre à mes questions. Âgée de 20 ans et séropositive depuis sa naissance, c’est une jeune fille comme les autres que j’ai eu au téléphone.

Agathe m’a expliqué que durant son enfance, ses parents lui ont caché sa maladie afin de la protéger en, lui faisant croire que les médicaments et les rendez-vous médicaux auxquels elle avait droit régulièrement étaient dus à un problème de glande thyroïde. A l’âge de 11 ans, ses parents pensent qu’elle est assez mature pour lui apprendre la vérité : Agathe est née séropositive, sa mère lui a transmis le virus du Sida.

Un petit ruban, beaucoup d’espoir

Dans un premier temps, la jeune fille en veut à ses parents, de lui avoir caché, de lui avoir menti, de l’avoir tout simplement trahie. Puis avec le temps, elle a fini par comprendre ce qui avait poussé ses parents à agir ainsi ; la mère d’Agathe a su qu’elle était séropositive alors qu’elle était enceinte. Elle a donc dû faire face au choc de se savoir elle-même contaminée, mais également de savoir qu’elle allait contaminer l’enfant qu’elle portait.

L’enfance d’Agathe s’est passée sans réel problème. Les infirmiers, professeurs ou encore directeurs qu’elle a eu tout au long de sa scolarité ont été mis au courant, et cela s’est toujours bien passé. Arrivée au lycée, elle a fait un exposé sur le SIDA, s’adressant ainsi directement à ses camarades au sujet de sa maladie : après tout, qui pouvait mieux en parler aux jeunes qu’une jeune contaminée ?

Et si on se protégeait

Après tout, Agathe est une jeune fille comme les autres. Elle le dit elle-même : être séropositive ne la rend pas différente des autres filles de son âge. A vingt ans, cette jeune nantaise a un bac services aux personnes et fait du volontariat associatif. Bien sûr, il y a la question de la sexualité. La réelle différence avec un jeune séronégatif est la crainte constante de contaminer son partenaire, et contre cela, bien sûr, il n’existe pas d’autre remède que le préservatif. Depuis quelques mois Agathe est installée avec son copain.

Celui-ci a été au courant de sa maladie avant qu’ils ne se mettent ensembles, et malgré quelques réflexions, sa maladie n’a pas été un obstacle à leur amour. D’ailleurs, sachant qu’aujourd’hui, comme le démontre l’interview de Chloé, on peut donner naissance à un enfant séronégatif alors que l’on est séropositif, Agathe pense beaucoup au fait d’être maman, et même si le risque de contamination de l’enfant est existant (mais minime), Agathe considère qu’être contaminée n’empêche pas pour autant de bien vivre sa vie et d’être heureux.

Les séropositifs peuvent faire un enfant séronégatif

Concernant les médicaments, Agathe doit en prendre, pour la maladie pure, trois le matin et trois le soir, et un de plus en début et fin de journée pour palier aux « effets secondaires dérangeants », telles que des diarrhées, lui interdisant désormais la consommation de certains aliments. Si elle ne pense pas que notre génération trouvera un vaccin contre le SIDA, elle aimerait que les médicaments évoluent afin d’atténuer leurs effets secondaires

Agathe écrit actuellement un livre sur sa conception de la maladie. Il s’agit là d’un vrai travail psychologique pour elle, chaque chapitre racontant une étape de sa vie. On lui souhaite donc bon courage, et melty.fr vous tiendra bien sûr au courant de la suite !

Merci à Agathe de nous avoir fait partager son expérience et à Keylo pour avoir réalisé l’interview.

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