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Alexandra et Nicolas | Femmes séropositives | Les médias parlent des familles vivant avec le VIH | Réseau national des correspondants du Comité des familles

La vie de famille avec un mari, trois enfants et le VIH

24 novembre 2008 (Sud Ouest)

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GRAND PAU. Alexandra, 29 ans, est déléguée départementale du Comité des familles. Cette jeune maman exhorte à changer de regard et « ne pas diaboliser » les séropositifs

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La vie de famille avec un mari, trois enfants et le VIH

Les progrès des traitements médicaux n’y ont rien changé : les porteurs du VIH demeurent condamnés au silence et à la stigmatisation dans le regard des autres.

L’image du virus dans le grand public reste la même depuis les années 80 : « une maladie d’homosexuels et de toxicomanes », regrette Alexandra, une jeune mère de famille de 29 ans, elle-même séropositive. « Pourtant, 71 % des nouvelles contaminations concernent des hétérosexuels ».

Voici qui ébranle tous les clichés : une vie de famille avec un mari, trois enfants et le VIH, qu’Alexandra a contracté il y a plus de dix ans. « J’avais 18 ans. Il ne faut pas imaginer que je couchais avec 36 000 mecs. Non, j’avais une relation avec un garçon, qui malheureusement était infidèle ».

Cette histoire, Alexandra la raconte sur son blog (1). Mais il a fallu dix longues années avant qu’elle puisse se résoudre à parler de sa séropositivité à sa famille. C’est une association créée à La Courneuve, en région parisienne, le Comité des familles, qui l’a aidée à franchir le pas.

Manque de structures

Pour rendre ce qu’elle a reçu, Alexandra vient de créer dans les Pyrénées-Atlantiques la première délégation départementale du Comité des familles. Une démarche qui part du constat d’un manque de structures hors de la capitale.

« Des associations comme Aides sont très performantes pour les publics homosexuels et toxicomanes. Mais moins pour les familles », constate Alexandra.

Et pourtant, « 1 500 enfants par an naissent de femmes séropositives. Et 30 % d’entre elles apprennent leur séropositivité pendant la grossesse ». Car passer un test HIV n’est pas encore entré dans les moeurs.

Pas question, pour elle, d’opposer les associations les unes aux autres. Seulement d’apporter aux mamans séropositives un soutien au quotidien. Seul problème : la délégation n’a pas d’argent pour faire avancer ses projets.

C’est pourquoi, à l’occasion du 1er décembre, « Journée mondiale du sida », Alexandra souhaitait rencontrer le maire de Pau, Martine Lignières-Cassou.

D’éventuelles subventions ne seront pas de trop pour aider au développement des activités de l’association, portée jusqu’ici par la seule énergie d’Alexandra.

Ses projets : la création d’une permanence paloise au sein du service ambulatoire de maladies infectieuses et toxicomanie (Samit), d’une émission de radio hebdomadaire (2) avec prise d’antenne des auditeurs, de soirées de discussion, ou encore d’un collectif de « grandes soeurs » pour épauler les femmes enceintes.

Le public concerné est plus vaste que les rares coups de téléphone à la délégation du comité pourraient le laisser penser.

En parler ou pas ?

À Pau, la « file active » en infectiologie est estimée à 550 patients. Et à Bayonne, à 600. Autant de personnes qu’une écoute, ou que des conseils sur l’assistance médicale à la procréation, sujet peu évoqué sur la place publique, pourraient intéresser.

Comme il pourrait les intéresser de se réunir pour discuter des sujets qui les touchent : faut-il en parler au travail ? Et à ses enfants ? Des décisions difficiles à prendre et pour lesquelles il est toujours rassurant de se confronter à l’expérience des autres.

Mais pourquoi ce décalage entre le public concerné, conséquent, et les maigres prises de contact ? « Dans les petites villes, les gens ont encore peur du regard des autres », confie Alexandra. « Certains malades vont se faire soigner loin de chez eux pour ne pas être aperçus. Et pourtant, il y a des ’’séroseniors’’ de plus de 50 ans, même dans les villages béarnais. Il faut arrêter de les diaboliser ».

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Pour une fois, Alexandra ne se montre pas

Pour une fois, Alexandra ne se montre pas

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