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Couples concernés par le VIH | Sexe et sexualité

Mariages entre séropositifs pour combattre le SIDA

9 septembre 2008 (BBC Online)

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Une idée originale pour tenter de freiner la progression du SIDA : dans un état du Nigéria, les séropositifs se voient encourager à se marier. Les experts avertissent toutefois que le projet comporte des risques sérieux.

Près de 3% des habitants du Nigéria -soit environ 2,4 millions de personnes- sont séropositifs, et les autorités de l’état de Bauchi estiment qu’en les encourageant à se marier entre eux, il serait possible d’éviter que le VIH (le virus qui entraîne le SIDA) ne s’étende. Selon ces mêmes responsables, la mesure permettrait aussi de lutter contre les efets sociaux de la maladie tels que l’isolement et l’ostracisme dont souffrent les séropositifs.

Certains facteurs ont contribué jusqu’ici à la propagation du virus. Dans l’état de Bauchi, à majorité musulmane, la loi islamique (lacharia) est en vigueur. L’usage de préservatifs n’est pas encouragé.

De plus, selon le docteur Dr Lirwan Mohammed, secrétaire éxécutif du Comité d’action sur le SIDA de l’état de Bauchi, la polygamie pratiquée dans le nord du Nigéria a aussi aggravé le problème.

Discrétion

Dans ces conditions, les autorités ont donc décidé d’encourager ces mariages. Selon Shehu Saulawa, correspondant de la BBC dans l’état, les séropositifs sont présentés les uns aux autres dans la plus grande discrétion, et sont libres de dire oui ou non.

Un homme récemment marié dans le cadre du programme (et qui a demandé à garder l’anonymat) a déclaré à nos collègues du service haoussa de la BBC qu’il était convaincu que le programme aiderait à freiner la progresion du SIDA au Nigéria. "Si nous craignons Dieu" selon lui "nous avons le devoir d’arrêter de propager la maladie par des mariages irresponsables, en contaminant des innocents. Pour un séropositif, épouser quelqu’un qui est également porteur du virus réduit les risques de propagation".

Les risques

Mais Warren Naamara, d’ONUSIDA, l’organisme des Nations unies chargée de combattre la maladie, avertit que le programme comporte des risques sérieux. Selon lui, dans des mariages de ce genre, les deux époux pourraient avoir des formes différentes du virus, qui pourraient agir l’une sur l’autre.

"Cela pourrait au contraire contribuer dangereusement à la propagation du VIH", déclare-t-il, ajoutant qu’il ne serait pas conseillé pour ces couples d’avoir des enfants. Ces derniers, selon lui, "risqueraient de devenir orphelins, en perdant leurs deux parents".

Et Warren Naamara ajoute : "nous conseillons à ces couples de se servir de préservatifs".