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Sida : des malades pourraient se passer de préservatifs

5 août 2008 (L’Express)

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Les traitements antirétroviraux pour maîtriser le sida sont devenus si performants que des chercheurs suisses ont annoncé à Mexico que certains couples pourraient se passer de préservatifs. Une conclusion polémique.

En janvier, un rapport officiel suisse établi par le professeur Bernard Hirschel a estimé que dans un couple sérodifférent (un séronégatif, et un positif), une personne contaminée bénéficiant d’une thérapie efficace pouvait se passer de préservatif.

Ceci sous certaines conditions : le taux de virus de la personne séropositive doit être indétectable depuis six mois, et le couple ne doit souffrir d’aucun autre affection sexuellement transmissible.

Un risque qui n’est pas nul

Pour le professeur Vernazza qui a exposé cette thèse lors de la conférence de Mexico, il ne s’agit pas de stopper l’usage du préservatif, car le risque, même infime, reste toujours présent. Il s’agit surtout d’encourager les patients à se soigner.

"C’est défendable", dit le Dr Jayle, soulignant qu’il y a "un plus grand risque avec préservatif et sans traitement", car le préservatif se déchire dans 5% des cas, qu’"avec traitement et sans préservatif".

Pour Nancy Padian, de l’Université de Caroline du Nord, il est toutefois indispensable de fournir "une information précise pour permettre un choix informé", admettant que ce rapport n’était "guère applicable dans le sud", où il risquait de faire "plus de mal que de bien". D’autres scientifiques s’inquiètent des conséquences de cette étude sur les pratiques.

Combiner le traitement et le préservatif

Une étude australienne, publiée le mois dernier dans la revue britannique The Lancet, a contesté ce rapport suisse en affirmant que sans protection les risques de contamination étaient multipliés par quatre. Alors que l’étude suisse avançe l’existence d’ "un seuil" en-dessous duquel une quantité infime de virus ne peut pas provoquer d’infection, les chercheurs australiens estiment que le risque ne fait que diminuer progressivement, sans qu’il y ait de seuil.

Devant une telle incertitude, il est "sage" de combiner le traitement et les préservatifs, fait valoir la revue.