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Contraception et prévention | Sexe et sexualité

Enfin, la « pilule » pour les hommes ?

21 juillet 2008 (Journal international de médecine (JIM))

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Alors que la contraception féminine a connu de grands progrès lors des 50 dernières années, la contraception masculine reste peu développée.

L’acceptabilité de ce type de contraception dépend du contexte culturel mais une majorité d’hommes y sont cependant favorables. Rappelons que les seules méthodes contraceptives masculines actuellement disponibles sont le préservatif et la vasectomie qui assurent 30 % du contrôle des naissances.

Une revue de la littérature récente présente les dernières avancées dans ce domaine.

Les méthodes hormonales sont actuellement les plus développées.

L’objectif est de bloquer la spermatogenèse tout en assurant une imprégnation hormonale correcte par l’administration chronique de testostérone. La contraception n’est efficace qu’après 2 ou 3 mois du fait de la durée de la spermatogenèse (72 jours). Trois études, totalisant 715 couples, ont été publiées et retrouvent une efficacité de 95,7 %. Cependant 2,6 % des hommes restent fertiles malgré les injections hebdomadaires de testostérone.

Les effets indésirables liés au traitement comportent une prise de poids, une diminution du HDL cholestérol et une augmentation du taux d’hémoglobine.

Afin d’espacer les injections, des essais utilisant la testostérone undecanoate (une injection par mois) ont été réalisés avec des résultats proches. Un essai de phase III est en cours auprès de 1000 couples chinois.

Enfin, la disponibilité de la testostérone sous forme de gel permettra peut être d’éviter les injections. Afin d’augmenter l’efficacité contraceptive, l’association testostérone-progestérone a été utilisée avec succès en particulier grâce aux implants progestatifs. Cependant les effets indésirables de cette association devront être soigneusement étudiés en particulier sur les plans pondéral, lipidique et cardio-vasculaire.

Les antagonistes de la GnRH inhibent la sécrétion de la FSH et de la LH et le développement de formes orales et d’implants à longue durée d’action (>2 ans dans le cadre du traitement du cancer prostatique) représentent un espoir pour la contraception masculine.

La contraception hormonale masculine a une excellente réversibilité ; par contre, les effets de l’apport androgénique sur la prostate restent discutés.

Enfin, il reste à comprendre pourquoi certains hommes continuent à produire des spermatozoïdes malgré l’inhibition des gonadotrophines induite par la contraceptive hormonale.

Les méthodes non hormonales ciblent la production du sperme ou sa mobilité. Il s’agit actuellement de voies de recherche. L’inhibition de la mobilité des spermatozoïdes est une piste intéressante. De plus, un mécanisme d’action rapide pourrait être théoriquement envisagé avec prise ponctuelle du contraceptif. Plusieurs cibles moléculaires spécifiques ont été identifiées récemment, mais on ne dispose pas encore d’inhibiteurs. Enfin l’immuno-contraception pourrait être envisagée chez l’homme comme elle l’est chez la femme en ciblant la GnRH ou la FSH avec remplacement androgénique. Les avancées physiologiques et pharmacologiques permettent d’espérer l’utilisation de nouvelles méthodes de contraception masculine dans la prochaine décade.

Dr Laurence Du Pasquier

Page ST et coll. : Advances in male contraception. Endocrine Reviews 2008 ; 29 : 465-493.