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Un local à Paris pour les familles vivant avec le VIH

Patricia, séropositive et co-infectée par l’hépatite C depuis 1985, soutient le Comité des familles

28 février 2008 (survivreausida.net)

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Madame, Monsieur,

Je sollicite votre écoute pour un problème que vous êtes certainement en mesure de régler. Voici ce qui m’amène :

Séropositive et co-infectée par le VHC [1] depuis 1985, mon présent courrier a pour objet de témoigner d’un besoin (qui est lié à ces pathologies d’où la brutalité médicale de mon entrée en matière) et qui se révèle être interdépendant d’une action de votre part.

Le VIH nous expose à des difficultés d’existence, de stigmatisation, de précarité parfois et d’isolement qui sont sans doute difficilement imaginables et ce, à un âge ou nous pourrions avoir espéré, comme chacun, une toute autre vie.

La pathologie VIH est vécue dans le secret, beaucoup de séropositifs ne peuvent en parler que dans de rares cadres, dont les rencontres que nous proposent le Comité des familles : un espace de liberté de parole. La clandestinité fait partie de nos vies, il est sain et nécessaire d’avoir des endroits où nous puissions partager, avec des gens qui vivent la même chose que nous.

Ensemble, le fardeau est moins lourd.

Depuis 2003, le comité des familles propose cette solidarité, ce partage, ce soutien moral. Leur rôle est aussi bien informatif et a la particularité de s’adresser à un public VIH assez ignoré par les autres associations.

Nous avons besoin de cette structure qui est un relais précieux dans nos parcours.

Seulement, il est tout aussi indispensable que leurs actions soient viables dans un cadre stable et sécurisant, un repère où l’on sache pouvoir aller.

Il est actuellement très difficile pour eux de nous proposer autre chose que des réunions ponctuelles qu’ils s’efforcent malgré tout de maintenir régulières et fréquentes parce qu’ils savent le besoin existant.

Ces réunions sont toujours dans des endroits différents au bon gré des mairies qui acceptent de mettre une salle à disposition.

L’éphémère est une de nos conditions de vie. Plus que d’autres sans doute, nous vivons dans l’incertitude du lendemain, il est important que nous puissions avoir cette stabilité.

Nous savons que le Comité des familles n’est pas responsable de cet état de fait, qu’il est confronté à la difficulté de procédures et à l’immobilisme des mairies sollicitées pour accéder à ce local.

Cette situation nomade ne se décante pas et ça ne peut plus durer, 5 ans c’est long.

Nous voulons un lieu où nous réunir, une permanence pour notre association.

Nous sommes aussi des électeurs.

Nous demandons instamment aux mairies de bien vouloir considérer la demande de local du comité des familles avec la plus grande attention. J’espère avoir pu vous laisser entrevoir combien le sujet revêt une importance de premier ordre pour nous, malades.

Nous vous remercions par avance d’un geste que vous ne manquerez pas de faire. Recevez, Madame, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs .

Patricia

Notes

[1] Le VHC est le virus de l’hépatite C.

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