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Sortez couverts ? Les experts de l’ONUSIDA et de l’OMS se couvrent, mais laissent sans réponse les couples vivant avec le VIH

4 février 2008 (papamamanbebe.net)

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PARIS, le 5 février (papamamanbebe.net) — La Comission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFS), groupe suisse d’experts, a publié le 28 janvier 2008 un résumé argumenté [1] des preuves accumulées depuis au moins l’année 2000 : les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre infection sexuellement transmissible (IST) et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle.

Après le Conseil national du sida en France [2], l’ONUSIDA et l’OMS, dans un communiqué daté du 1er février 2008, optent pour le principe de précaution. Ils déclarent que l’impossibilité d’une transmission, dans le contexte défini par la Commission, n’a pas été totalement prouvée et qu’il serait nécessaire de faire « plus de recherches ». Ces agences de l’ONU s’engagent donc à « suivre la science de la transmission du VIH et les effets du traitement antirétroviral sur la transmission ».

Pourtant, les experts onusiens savent pertinemment bien que les preuves accumulées vont toutes dans le même sens (pas de virus détectable dans le sang depuis au moins 6 mois, pas d’autre infection = pas de contamination), et qu’il est donc improbable que les études supplémentaires qu’ils réclament renversent la tendance.

Réclamer « plus de recherches » revient à se couvrir face à un risque résiduel de contamination qui serait comparable à la probabilité d’un crash d’avion, dans le cadre strict défini par la Commission. L’utilisation du préservatif est loin d’offrir une protection absolue, et implique donc aussi l’existence d’un « risque résiduel » qui mériterait sans doute plus d’études...

Logiquement, comme le rappelle la Commission, « il n’est pas possible de prouver la non-survenance d’un événement certes improbable, mais théoriquement envisageable » [3]. Sur le plan scientifique, l’organisation d’essais cliniques de grande ampleur pour résoudre un « risque résiduel » relève d’une extrême improbabilité.

L’ONUSIDA et l’OMS rappellent qu’ils prônent un « paquet » complet de prévention qui comprend l’utilisation des préservatifs mais aussi, nous apprend le communiqué, la réduction du nombre de partenaires sexuels, la fidélité, le « délai du début de la vie sexuelle » ou encore l’évitement de la pénétration... des idées sorties tout droit des programmes de « prévention » des intégristes religieux et des néo-conservateurs américains, programmes dont l’efficacité n’a jamais été démontrée [4] !

Pourquoi prôner ces approches tout en récusant, sans la moindre contre-preuve scientifique, les recommandations de la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFS) ?

Pour les couples concernés par le VIH, dont ceux qui animent le site papamamanbebe.net, le slogan « Sortez couverts » n’a pas de sens, car l’enjeu de prévention est de trouver un mode de protection qui correspond d’une part à une vie sexuelle stable avec celui ou celle qu’on aime, et d’autre part au besoin de procréation.

C’est pourquoi nous exigeons de l’OMS et de l’ONUSIDA une information claire et fiable qui réponde aux besoins des familles vivant avec le VIH, notamment sur l’intérêt préventif de la prise d’un traitement antirétroviral pour les couples sérodifférents qui souhaitent faire un enfant mais qui n’ont pas accès aux techniques classiques d’assistance médicale à la procréation (AMP).

Contact presse : 06 50 80 39 23 ou 06 67 67 66 28

Notes

[1] Lire Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle et La prévention du sida devient plus simple, mais aussi plus complexe !.

[2] Lire Point de vue de Jean-François Delfraissy sur le risque « très faible » d’une contamination dans un couple sérodifférent avec un traitement efficace.

[3] Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle.

[4] Appel du Centre pour la santé et l’égalité de genre en faveur de la suppression de l’obligation de financement de programmes d’abstinence dans les projets PEPFAR.