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Contamination et prévention | Couples concernés par le VIH | Sexe et sexualité

Sida : des espoirs pour les couples sérodifférents

4 février 2008 (20 Minutes)

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Une personne contaminée par le VIH et bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale efficace ne transmet pas le virus du sida au cours de rapports sexuels, a affirmé mercredi la Commission fédérale suisse du sida, qui s’appuie sur plusieurs études.

Les conditions nécessaires

Mais pour qu’un couple sérodifférent (au sein duquel un des deux partenaires est contaminé par le VIH et l’autre pas) décide de renoncer aux mesures de protection pendant des rapports sexuels, plusieurs conditions doivent être réunies : la thérapie doit avoir supprimé le virus dans le sang depuis au moins six mois et doit être suivie rigoureusement par le patient, précise la Commission, qui dépend de l’Office fédéral suisse de la santé publique.

De plus, le médecin traitant doit donner au préalable son feu vert à l’arrêt des mesures de protection. A noter également : le patient ne doit pas être atteint d’une autre infection sexuellement transmissible.

Quatre études différentes

« Ces données proviennent de quatre études différentes », a expliqué le professeur Bernard Hirschel, responsable VIH-Sida des Hôpitaux universitaires de Genève et coauteur de l’étude. Une recherche effectuée en Espagne entre 1990 et 2003 sur 393 couples hétérosexuels sérodifférents a montré qu’aucun des partenaires n’a été contaminé par une personne suivant un traitement antirétroviral, montre l’étude publiée dans le Bulletin des médecins suisses.

Au Brésil, 93 couples sérodifférents, dont 41 partenaires séropositifs sous traitement antirétroviral, ont été suivis par des chercheurs. Six personnes ont été contaminées, toutes étant liées à des partenaires ne suivant pas de traitement. D’autres recherches en Ouganda et sur les femmes enceintes sont arrivées aux mêmes conclusions, selon le professeur Hirschel.

La France reste prudente

En France, le Conseil national du sida a réagi extrêmement prudemment, jugeant que les données « restent trop préliminaires pour permettre des recommandations individuelles. » Le groupe d’experts français va examiner ces études « dans le cadre de la mise à jour de ses recommandations en 2008 », souligne le Conseil dans un communiqué.

Joint par téléphone, le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida, tempère également cette annonce. « Du point de vue de la santé publique, c’est une réalité : sous traitement bien suivi, on réduit de façon très importante le risque de transmission, reconnaît-il. Mais du point de vue de l’individu, on ne peut pas dire à un couple que le risque est nul. Cette nouvelle fait partie des nouveaux outils de prévention mais ne résout pas le problème. »

Enfin, l’association Act Up a mis en garde contre les discours « imprudents, triomphalistes ou désinvoltes » qui pourraient découler d’une interprétation erronée des déclarations des médecins suisses. Pour l’association, seul un faible nombre de personnes atteintes par le VIH sont concernées. « Cette annonce qui porte sur les couples sérodifférents ne concerne donc pas les 40% de malades sous traitement ayant une charge virale résiduelle malgré une bonne observance du traitement », considère Act Up.

Une déclaration qui s’oppose aux données relevées par le professeur Hirschel sur les patients suivis en Suisse, qui affirme que « si le traitement est bien conduit, pour plus de 80% des patients le virus disparaît dans le sang au bout de six mois maximum ».

Sandrine Cochard avec agence