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Sidamour : point de vue de Serge Hefez sur les rapports non-protégés dans le couple sérodifférent
28 janvier 2008 (Familles, je vous haime)
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Voir en ligne : Sidamour
« Alors, que me conseillez-vous ? », m’interroge Marie, charmante patiente d’une cinquantaine d’années que je reçois depuis plusieurs mois. « Est-ce que nous pouvons enfin arrêter d’utiliser ces préservatifs qui foutent en l’air notre sexualité depuis dix ans, ou est-ce encore vraiment dangereux ? » Marie est séronégative, son compagnon Bernard est séropositif. Il souffre en outre de graves problèmes cardiaques qui compliquent certainement la stabilité de ses érections. Comme la plupart des couples sérodifférents, ils utilisent des préservatifs lors de leurs rapports sexuels, d’autant que Marie, mère de deux grands enfants, « ne veut courir aucun risque ». Mais Bernard déteste les capotes qui majorent encore plus ses difficultés sexuelles. Bref, leur intimité est en berne…
Et voilà que Marie a eu vent des discussions passionnées qui divisent depuis quelques semaines les acteurs de la lutte contre le sida. Elles concernent les risques réels pour les personnes séropositives dont la charge virale a été rendue indétectable grâce à leur traitement de contaminer leur partenaire.
En clair : les progrès des nouvelles molécules anti-VIH permettent le plus souvent de rendre la charge virale nulle, c’est-à-dire de faire disparaître le virus de la circulation sanguine. Ce qui ne signifie malheureusement pas une guérison, car le virus reste présent, notamment dans les ganglions, et il ressurgit dès l’arrêt des médicaments, voire au cours du traitement s’il devient moins efficace.
Quoi qu’il en soit, on nous certifiait jusque récemment que, même en cas de virémie indétectable, le virus restait actif dans le sperme et que le risque de contamination était par conséquent toujours présent. D’où le message : continuer les capotes si le traitement marche bien.
Ce dogme est à présent remis en question par certains médecins et chercheurs, et non des moindres.
Le professeur Hirschel, par exemple, dont les travaux font référence dans le champ du VIH, s’exprime sans ambigüité sur le site papamamanbebe.net. Il estime qu’il est temps « de dire publiquement ce que les médecins savent depuis au moins cinq ans : une personne séropositive qui est bien traitée (charge virale indétectable depuis au moins 6 mois), sans autre infection sexuellement transmissible, ne peut pas contaminer son partenaire sexuel lors d’un rapport non protégé ».
Sur ce même sujet, Pietro Vernazza, grand spécialiste de la transmission sexuelle du VIH, notamment pour ce qui concerne l’assistance médicale à la procréation, exprime l’idée qu’il faut « commencer à changer ».
Il a ainsi abandonné le dépistage du VIH dans le liquide séminal, parce que son équipe n’a jamais trouvé du virus dans le sperme d’un homme dont la charge virale dans le sang était indétectable et qui n’était pas atteint d’une autre infection sexuellement transmissible.
Son équipe estime le risque de transmission dans ce contexte lors d’un rapport non protégé, et trouve qu’il est « très, très bas », environ une fois pour un million de rapports sexuels. Par ailleurs, il constate que c’est « plus économique » et « plus agréable » d’avoir un rapport non protégé pour tomber enceinte.
Pourquoi restons-nous réticents à annoncer une bonne nouvelle ? Parce qu’il est clair que les messages de prévention ne sauraient être les mêmes pour des couples hétéro ou homosexuels où les partenaires se connaissent, où la confiance est établie et le suivi médical est régulier, et l’ensemble des situations dans lesquelles la connaissance du contexte est moins sûre. La reprise des contaminations invite en effet à la plus grande prudence : tout indique, on l’a vu à plusieurs reprises dans cette chronique, une lassitude quant à l’utilisation du préservatif.
Un message comme celui-ci, s’il est largement diffusé, risque d’accélérer encore plus ce processus. Les raccourcis sont inévitables, et l’on entend souvent ce qu’on a envie d’entendre : les médicaments existent et de nombreuses personnes sont soignées, donc les risques ont disparu. Mais on peut prendre des médicaments et avoir encore des virus en circulation, on peut rencontrer des périodes de moins bonne observance du traitement… et l’on estime encore à 40000 le nombre de personnes séropositives qui ne connaissent pas leur statut sérologique.
Marie et Bernard, conseillées par leurs médecins, prendront dans l’intimité de leurs rencontres les décisions qui leur paraissent adaptées, mais il nous faut continuer à marteler, encore et encore, la nécessité absolue de se protéger d’une pandémie qui continue à faire des ravages.
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Sidamour : point de vue de Serge Hefez sur les rapports non-protégés dans le couple sérodifférent
article passionnant. OUI la vérité doit sortir. Parlez en. Une charge indétectable = pas de risque de transmission.le corps médical le sait, la population doit savoir la vérité. Que la vérité sorte et que les séropos soient mieux acceptés !
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Sidamour : point de vue de Serge Hefez sur les rapports non-protégés dans le couple sérodifférent
Le fait que une decharge indetectable=redonne l’espoir aux personnes consernees qui n’osaient pas se sentir a l’aise de faire l’amour sans avoir un esprit de culpapilite , de tomber, qui sait, imprudement dans une situation de faire un rapport non proteger de se sentir responsable d’une quelconque contamination..... C’est mon cas personnel.... et surtout de songer, pourquoi pas afaire un enfant !
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Sidamour : point de vue de Serge Hefez sur les rapports non-protégés dans le couple sérodifférent
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Sidamour : point de vue de Serge Hefez sur les rapports non-protégés dans le couple sérodifférent
Ouais.. Si j’entend mes collègues, bonne nouvelle certes mais Quelle Prudence !!! Si l’on doit attendre que tout le monde (enfin, les hommes surtout) mette le préservatif pour commencer à diffuser cette nouvelle......... N’y aurait-il pas kek choz qui bloque ceux qui ne se protègent toujours pas alors que TOUT LE MONDE sait que le condom systématique est le plus sûr (quoique pas à 100% non plus !!)moyen de pas être contaminé ? Est ce que la perspective d’avoir une sexualité sans latex ne motiverait pas certains à faire gaffe alors qu’ils ou elles sont dans l’"aquoibonisme" (à quoi bon ?) ? En tout cas j’en connais qui ont fait des études et tout et tout et qui ne se protègent pas. Ceux là pourraient changer s’il avaient quelque chose à y gagner.. Non ?
