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Couples concernés par le VIH | Hommes séropositifs | Les médias parlent des familles vivant avec le VIH

Robert, camerounais, a vaincu sa peur d’annoncer sa séropositivité à sa compagne : « Ce qui m’importe, c’est notre indépendance économique »

22 août 2007 (Le Journal du sida)

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Le Journal du sida donne la parole à des couples hétérosexuels concernés par le VIH

Robert est camerounais, il vit en France depuis six mois. Sa fiancée et leurs deux enfants sont restés au pays.

J’ai vécu deux ans de fiançailles avec ma compagne en ayant des rapports protégés, mais sans lui parler de ma séropositivité. Je l’ai régulièrement emmenée dans des milieux associatifs liés au VIH que je fréquentais, pour la préparer psychologiquement. Ma mère m’a poussé à vaincre ma peur de l’annonce, en me disant : « Si elle te quitte à ce stade, c’est qu’elle ne tient pas à toi. » Je me suis donc jeté à l’eau. Ma fiancée m’a dit qu’elle s’en doutait et que ça ne lui posait pas de problème. Depuis lors, le VIH n’a pas changé grand-chose entre nous, puisqu’on avait déjà des relations protégées. On fait avec le préservatif, il faut bien. Et ce qui me rassure beaucoup sur ma femme, c’est que dans toutes les altercations qu’on a eues, elle n’a jamais fait un problème du VIH. Je suis stressé en revanche par notre situation économique.

Je suis venu en France pour une formation au cours de laquelle on m’a annoncé la fin du projet pour lequel j’étais recruté. Mon moral en a pris un coup : il n’y a pas de meilleure arme que l’indépendance économique,surtout dans un contexte de stigmatisation comme celui qui prévaut au Cameroun. Ma mère et mes trois petites soeurs sont au courant de ma séropositivité. Elles nous soutiennent fortement, ma femme et moi. Mais je ne suis pas sûr que sa famille prendrait les choses de la même manière que la mienne, si nous venions à manquer d’argent. C’est pourquoi j’ai décidé de rester en France pour trouver du travail. Pour l’heure, ma femme a une activité génératrice de revenu, juste pour subsister. Elle a un moral très fort.

Et nous avons nos deux enfants, qui font notre joie de vivre et nous aident à surmonter cette situation.

Propos recueillis par Laetitia Darmon