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Couples concernés par le VIH | Julie (Shaolin) et Romain | Les médias parlent des familles vivant avec le VIH

Julie et Romain : « Les trithérapies ont modifié notre relation »

22 août 2007 (Le Journal du sida)

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Le Journal du sida donne la parole à des couples hétérosexuels concernés par le VIH

Julie et Romain sont ensemble depuis 12 ans et viennent d’avoir un petit garçon.

J. : J’ai été contaminée à l’âge de 15 ans, par mon premier copain. A 23 ans, j’ai rencontré Romain, il en avait 18. Je peux dire que je suis restée 17 ans dans le déni de ma contamination. J’avais une visite chez le médecin tous les six mois, je ne prenais pas de traitement. Quand j’ai commencé à vraiment tomber malade, en 2004, j’ai inventé tout et n’importe quoi pour ne pas m’en rendre compte. A cette époque, j’ai commencé une psychothérapie, parce que je réalisais que je n’allais pas bien : j’avais d’énormes crises de violence envers moi-même, qui rejaillissaient sur Romain. Ce travail sur moi-même, puis le début des trithérapies en octobre 2004, a entraîné une forte prise de conscience : j’ai dû affronter mes problèmes, réaliser combien j’étais traumatisée par ma première relation et par la contamination.

R. : Cette période a changé beaucoup de choses. Au moment de sa maladie, nous avons été très seuls – la famille est peu venue, elle a réagi comme ça – et ce n’était pas facile, mais d’un autre côté, je me suis senti protecteur et ça m’a fait du bien d’être dans ce rôle. Pour la première fois, elle me faisait confiance, plutôt que de tout vouloir maîtriser. Depuis, je m’implique davantage, je suis présent lors de ses rendez-vous chez le médecin. La maladie a par ailleurs cessé d’être un détail, avec les trithérapies. Julie est plus fatiguée, il faut davantage aménager la vie, les vacances, ça crée des contraintes.

J. : C’est le paradoxe de ces traitements : ils soignent, mais on va moins bien, à cause des effets secondaires. Du coup, il faut toujours tenir un peu compte du VIH, mais ce n’est pas un mal. La fin de mon déni, l’entrée du VIH dans notre couple, coïncident avec l’amélioration de notre relation à deux. Nos rapports avec ma famille se sont aussi améliorés. Quand j’ai été contaminée, très jeune, toute ma famille s’est sentie très responsable et quelque chose s’est crispé. Avec les trithérapies, les sous-entendus et les non-dits ont cessé, la parole s’est libérée, alors nos relations se passent désormais beaucoup mieux. Dans notre histoire de couple, l’arrivée des trithérapies a vraiment été positive.

Propos recueillis par Laetitia Darmon