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Sexe et sexualité

Congrès Désir d’enfant et VIH : Sexualité et VIH

2 août 2007 (Congrès Désir d’enfant et VIH)

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Voir en ligne : Sexualité et VIH (Docteur Francis LALLEMAND)

Dans le domaine de la sexualité et du VIH, l’ensemble des travaux s’accorde à montrer qu’il existe une forte prévalence de dysfonctionnements sexuels chez les hommes et les femmes infectés par le virus. Il faut souligner néanmoins que nous disposons toujours actuellement de très peu de données concernant la sexualité des femmes séropositives. Les données actuellement disponibles concernent essentiellement les hommes, majoritairement la population homo/bisexuelle. Les troubles englobent des altérations de la libido (hommes et femmes), de l’érection, de l’éjaculation.

Avant l’avènement des trithérapies antirétrovirales, l’état général des patient(e)s était souvent altéré, l’espérance de vie beaucoup plus courte, conduisant à reléguer la sexualité en arrière plan. Depuis quelques années, l’amélioration de la santé globale des personnes séropositives a permis l’émergence de plaintes d’ordre sexuel. Alors que les patient(e)s conservent des bilans immunitaires satisfaisants, il semble que qualitativement et quantitativement les troubles diminuent peu.

Les premiers travaux suggérant un effet délétère des traitements antirétroviraux sur la fonction sexuelle remontent à 1999 . Les médicaments alors incriminés étaient les inhibiteurs de protéase, responsables de troubles de la libido, de l’érection et de l’éjaculation. Plusieurs études ont ensuite montré que les médicaments n’étaient probablement pas directement responsables de ces dysfonctionnements. Les dysfonctionnements ne seraient pas liés non plus à des déséquilibres hormonaux comme cela pouvait être le cas chez les patients avec altération de l’état général. Une amélioration des symptômes pouvait alors être obtenue après injections de testostérone.

Il est maintenant globalement admis que l’impact des traitements antirétroviraux dans ces dysfonctions serait plutôt lié aux effets indésirables globaux (troubles digestifs, lipoatrophie, neuropathie,.....) et au stress que peut représenter la prise de médicaments (rappel quotidien de la séropositivité, évolution de l’infection, ....). En effet, plusieurs études ont montré que les troubles n’étaient pas différent dans leur type et leur intensité quel que soit le traitement en cours.

Il semble également que le fait d’être séropositif, et particulièrement le fait d’avoir contracté l’infection par voie sexuelle puisse conduire à des difficultés sexuelles secondaires.

Le denier rapport Delfraissy souligne la nécessité d’évaluer et de prendre en charge les patient(e)s sur le plan de la sexualité. Des expériences sont du reste en train de se développer dans ce sens dans quelques structures.

Chez les hommes , la prescription de Viagra ou autres produits destinés à pallier aux troubles de l’érection a beaucoup augmenté, face à une demande croissante liée à une prise de conscience des patients. Les premières études récentes chez les gays séropositifs consommant du viagra tendent à montrer que les conduites à risque augmentent dans ce cadre. D’autres études ne retrouvent pas cette association. Certains s’interrogent déjà sur l’opportunité de la prescription de tels produits pour une partie de la population séropositive, avec l’arrière pensée que si la sexualité est facilitée le risque de transmission peut l’être également.

Nous ne devons pas réagir ainsi, mais plutôt considérer que la prescription de tels produits doit s’intégrer au sein d’un travail associé autour des conduites à risque. Par ailleurs, les médecins doivent faire prendre conscience qu’une assistance chimique à l’érection ne pourra avoir un effet durable sur la sexualité, sans un travail en parallèle, de l’ordre de la parole, autour des attentes affectives/érotiques liées à une prescription médicamenteuse

Dans le cadre de la prise en charge globale des patient(e)s, les cliniciens doivent pouvoir explorer/interroger leurs patient(e)s quant à leur vie affective et sexuelle. Les raisons en sont nombreuses, que ce soit en terme de qualité de vie , d’observance au traitement, des comportements face à la prévention. L’existence de troubles sexuels qu’ils soient ou non liés au vih doit être prise en considération par les soignants.

Références

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Documents joints

Sexualité et VIH (PowerPoint, 68.5 ko)