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Faire un bébé quand on est séropositif

Congrès Désir d’enfant et VIH : l’infection à VIH en l’an 2004

2 août 2007 (Congrès Désir d’enfant et VIH)

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Voir en ligne : L’infection à VIH en l’an 2004 (Docteur Lise Cuzin)

Deux décennies se sont écoulées depuis l’apparition des premiers cas de SIDA. Elles ont été dominées par la gravité du pronostic inéluctablement fatal à partir du moment où apparaissaient les manifestations sévères définissant le sida. Pour la grande majorité des 40 millions de personnes vivantes infectées dans le monde à la fin 2003, la gravité de l’annonce de l’infection est restée inchangée.

Pourtant des avancées thérapeutiques remarquables ont été faites depuis environ 10 ans. Les multithérapies antirétrovirales, aujourd’hui prescrites à 80% des personnes séropositives vivant dans les pays à haut niveau sanitaire, ont entraîné des diminutions drastiques du nombre de nouveaux cas de sida et du nombre de décès liés à cette pathologie. Elles sont aussi à l’origine d’une amélioration globale de la qualité de vie de la plupart des patients. Les progrès observés ont concerné aussi bien les adultes que les enfants et ont permis de réduire considérablement le taux de transmission materno-foetale du VIH.

C’est dans ce nouveau contexte d’espérance de vie retrouvée que se situe le désir d’enfant exprimé par des hommes et des femmes appartenant à des couples séropositifs ou sérodifférents.

Les traitements anti-rétroviraux luttent contre le VIH lui-même et permettent de sauvegarder ou restaurer l’immunité cellulaire. Les médicaments antirétroviraux disponibles appartiennent à quatre classes : les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (NRTI), les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (NNRTI), les inhibiteurs de protéase (IP) et les inhibiteurs d’entrée du virus dans la cellule. L’utilisation combinée de ces molécules associe le plus souvent trois d’entre elles, constituant les trithérapies. De nouvelles approches se développent consistant aussi bien à associer un plus grand nombre de médicaments (jusqu’à 6 ou 9) qu’à ménager, à l’inverse, des interruptions thérapeutiques.

La prévention reste cependant au premier plan de la lutte contre le sida, car les traitements, même lorsqu’ils sont disponibles, imposent un certain nombre de contraintes et peuvent voir leur efficacité mise en cause.

Les traitements antirétroviraux sont très contraignants en raison de leurs présentations galéniques et des modalités des prises, et ils nécessitent une observance maximale pour préserver leur efficacité. La durée de ces traitements est, au moins pour l’instant, non seulement très prolongée mais a priori indéfinie.

Les effets secondaires des traitements sont nombreux et souvent importants. Ils ne sont pas toujours évitables et sont parfois difficiles à contrôler. Si certains sont mineurs ou passagers, d’autres sont sévères ou prolongés. Aujourd’hui les plus préoccupants sont les syndromes de lipodystrophie et les hyperlactatémies.

Il existe un risque d’échec thérapeutique en raison de l’émergence de virus mutants résistant aux traitements antirétroviraux.

Les co-infections avec les virus des hépatites B et C, ainsi qu’avec la tuberculose pour les patients vivant en zone d’endémie, sont fréquentes et nécessitent l’association des trithérapies avec d’autres traitements qui peuvent ainsi aggraver les problèmes d’observance et de tolérance.

La transformation d’une maladie constamment mortelle à moyen terme en une pathologie chronique lourde et handicapante n’a pas fait disparaître toutes les difficultés sociales et psychologiques liées à l’annonce de l’infection.

Il est très important que les progrès dont bénéficient nos patients puissent être étendus à la majorité des patients concernés dans le monde. La mise au point d’un vaccin préventif et sa mise à disposition dans les pays les plus touchés reste un des défis à relever dans les années futures.

Docteur Lise CUZIN