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Le combat quotidien des malades africains pour accéder aux traitements

31 mars 2007 (AFP)

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Difficultés de financement, d’approvisionnement, de distribution de médicaments : obtenir son traitement vital et pouvoir le prendre régulièrement relève de la gageure pour nombre de séropositifs et malades du sida, déplorent des associations africaines réunies à Paris.

"On n’a jamais un traitement d’avance, alors on se retrouve dans des situations où l’on doit trier les patients", raconte Martine Somda, présidente de l’association burkinabè Responsabilité Espoir Vie Solidarité (REVS+), en marge de la 4ème conférence francophone sur le VIH/Sida.

Elle explique comment une femme de 45 ans, qui devait entrer dans le dispositif de prise en charge du centre de santé, a choisi de laisser sa place à sa fille, enceinte, qui venait de découvrir sa séropositivité. "La semaine suivante, elle est entrée à l’hôpital et elle est morte très vite", dit-elle.

Ce drame tient, selon elle, à la "lourdeur administrative" : les commandes de médicaments sont réalisées par une centrale d’achat publique sur la base de listes établies au plus juste par le ministère de la Santé, ne laissant aucune souplesse aux associations de terrain.

Au Burundi, "la rupture de stock de certaines molécules d’antirétroviraux (ARV) dure depuis quatre mois à cause du manque d’anticipation des commandes !", s’étrangle Candide Kayondé, de l’ANSS, une association qui s’est lancée bien avant les autorités sanitaires nationales dans l’accès aux médicaments. Elle prend en charge environ 5.000 personnes, soit au moins un tiers des patients sous ARV du pays.

L’affaire a pris une tournure très politique : "le président de la République, Pierre Nkurunziza, est venu vérifier dans nos locaux que la pharmacie était vide et le ministre en charge du sida pourrait sauter", explique Mme Kayondé.

Dans le grand pays voisin ravagé par des années de conflit, la République démocratique du Congo (RDC), la situation est encore pire. "Un pays comme le nôtre est immense et les voies de communication sont difficiles et abîmées : ça devient de la gymnastique pour faire arriver une plaquette", explique Bernadette Mulelebwe, directrice nationale de la fondation Femme Plus, à Kinshasa.

Alors que la situation se stabilise, "les séropositifs, certains très bien formés, ont toute leur place dans l’effort de reconstruction et pourraient très bien travailler" d’autant que la RDC a perdu "beaucoup de cadres à cause du sida", assure-t-elle.

Avec 60 millions d’habitants dont 3 millions de séropositifs, 300.000 personnes devraient être sous ARV mais seuls 4%, selon les chiffres de l’Onusida, accèdent aux traitements nécessaires. "Même quand le Fonds mondial de lutte contre le sida finance, tout n’arrive pas, c’est un problème de circuit, de distribution, c’est lent, c’est le système D", décrit Mme Mulelebwe.

Les financements internationaux représentent une manne indispensable mais jamais garantie.

"Nous devions avoir l’argent du Fonds, mais tout a été suspendu en janvier pour des questions de mauvaise gestion étatique et rien ne devrait arriver avant juin", témoigne Komi Abalo, directeur de l’association Espoir Vie Togo, qui dispose de trois centres de santé dans le pays.

Toutes les associations bataillent pour que les patients aient un accès régulier et gratuit aux médicaments. "Sans la gratuité, il n’y a pas d’observance du traitement possible, les gens ne viendront plus chercher leurs médicaments et le virus va devenir résistant", met en garde Brigitte Palenfo de REVS+.


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