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SIDA en Afrique : quelques pratiques controversées
23 février 2007 (AP)
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BANJUL (AP) - Les traitements anti-retroviraux contre le SIDA sont contestés dans plusieurs pays d’Afrique, où c’est parfois le gouvernement qui préconise des traitements "alternatifs" souvent jugés dangereux par les spécialistes de santé.
AFRIQUE DU SUD
Le président Thabo Mbeki a mis en cause l’efficacité des traitements anti-rétroviraux et contesté le lien établi entre le virus VIH et le SIDA. L’an dernier, le ministre de la Santé a provoqué un tollé international pour avoir affirmé qu’un régime à base d’ail, de betterave, de citron et de pommes de terre africaines était plus efficace contre le SIDA que les anti-retroviraux ;
En 2005, des militants et des médecins ont entamé des poursuites pour tenter de faire cesser les activités d’un médecin d’origine allemande qui affirmait que les suppléments vitaminiques guérissaient le SIDA et que les anti-rétroviraux étaient toxiques.
GAMBIE
Le président gambien Yahia Jammeh affirme posséder la solution-miracle contre le SIDA : prière, plantes médicinales, potion amère et bananes. La radio et la télévision vantent les mérites de ce traitement fourni gratuitement par le gouvernement. Les volontaires pour ce traitement doivent arrêter de prendre leurs anti-rétroviraux.
KENYA
En 2006, la police a inculpé pour escroquerie une prétendue prophète qui aurait soutiré des millions de dollars à des malades en promettant que la prière les guérirait. Les médias locaux ont relaté que les victimes étaient conduites dans des cliniques complices qui leur fournissaient des résultats falsifiés pour prouver la guérison.
En 1996, des malades ont affirmé avoir été guéris par une messe spéciale dans la cathédrale catholique du Saint-Esprit de Mombasa.
Dans tout le pays, des herboristes utilisent des plantes pour traiter le virus, et certains promettent la guérison.
NIGERIA
Le prophète Temitope Balogun Joshua a affirmé qu’il pouvait guérir le SIDA par imposition des mains sur les malades qui fréquentaient son Eglise de toutes les nations, à Lagos.
OUGANDA
En 2006, les médias locaux ont rapporté l’arrestation d’un professeur iranien de Kampala qui distribuait une herbe interdite et affirmait pouvoir guérir du SIDA.
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SIDA en Afrique : quelques pratiques controversées
Gambie : le professeur Mboup de l’Université de Dakar au Sénégal a démenti les informations selon lesquelles son équipe aurait fait la preuve scientifique des pouvoirs de guérison du président. Source : http://zetetique.info
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SIDA en Afrique : quelques pratiques controversées
21/02/2007 : "Gambie et SIDA : le Pr. Mboup dément les propos du ministère Gambien"
Interrogé par e-mail. le Professeur Souleymane Mboup, responsable du Laboratoire de Bacteriologie-Virologie de l’Universite Cheikh Anta DIOP au CHU Le Dantec de Dakar, explique pourquoi la preuve de la guérison du SIDA par le Président de la République Gambien n’est pas faite.
De : "MBOUP Souleymane" À : "Nicolas Vivant", "Abdoulie Batchilly" Copie : "TOURE KANE Ndeye Coumba","GRUNITZKY Bekelem" Sujet : Re : A l’attention du professeur Mboup... Date : Mer, 21 Fev 2007 18:51:19 +0100
En réalité, un technicien de laboratoire en la personne de Abdoulie Batchilly s’est présenté à notre laboratoire pour soi disant être formé sur les techniques de charge virale, du fait qu’ils devaient demarrer leur programme de prise en charge de patients VIH+ par les antirétroviraux et leur difficulté à réaliser les tests de charge virale. En effet, selon ses dires, l’équipement était acheté depuis longtemps mais ils n’arrivaient pas à le faire fonctionner. Je lui avais posé la question de savoir pourquoi ils ne s’étaient pas adressés au MRC et il avait répondu que cette institution était à part et qu’il y avait urgence et c’est son Ministre qui lui avait démandé de s’adresser à nous. J’ai alors demandé au professeur Coumba TOURE KANE de le former à toutes les techniques de charge virale disponibles au sein du laboratoire. Il a demandé si on pouvait aussi tester des échantillons anonymes de patients qu’il avait avec lui et j’avais donné mon accord. Jamais, il ne nous a été precisé l’origine des patients ni que ces patients prenaient une quelconque thérapeutique, à plus forte raison une decoction traditionnelle, ou ètaient mélés des près ou de loin à la thérapeutique que vous mentionniez en Gambie, ce qui est malhonnête. Nous avons mis tout en oeuvre pour le former et passer les echantillons qui ont été retéstés pour le VIH et à notre grande surprise, certains étaient VIH négatifs pour des patients qui devraient être mis sous traitement ARV, toujours selon notre entendement.
Ces tests ne peuvent en aucun cas constituer une preuve quelconque car il aurait au moins fallu avoir les échantillons avant traitement et ceux après traitement. Un essai thérapeutique répond à des règles qui sont internationalement définies pour prouver l’efficacité d’une thérapeutique.
J’étais moi-même en Gambie il y a une dizaine de jours et j’avais été avisé de cette information et c’est inélégant de nous citer et de nous mêler a cette histoire sans nous informer et sans notre consentement et surtout de montrer les résultats non codés de patients avec la signature du Dr KANE et notre institution.
Merci de restituer la vérité des faits
Professeur Souleymane MBOUP Laboratoire de Bacteriologie Virologie Universite Cheikh Anta DIOP CHU Le Dantec, BP 7325, Dakar, SENEGAL
Voilà qui rétablit effectivement la vérité des faits. Nos remerciements au célèbre professeur Mboup, dont la réponse a été aussi rapide que précise.
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