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Ariane | Enfants concernés par le VIH | Ghislaine Firtion

Réponse de Ghislaine Firtion à Ariane, jeune maman séropositive qui a refusé de prendre l’AZT pendant sa grossesse

20 novembre 2006 (papamamanbebe.net)

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- Témoignage d’Ariane : « Pourquoi j’ai refusé de prendre l’AZT pendant ma grossesse »
- Réponse de Laurent Mandelbrot à Ariane, jeune maman séropositive qui a refusé de prendre l’AZT pendant sa grossesse

Je suis tout à fait d’accord avec Laurent Mandelbrot, seuls l’AZT et la NVP (Viramune) ont montré leur rôle indiscutable dans la diminution de la transmission de la mère à l’enfant.

Dans nos pays du nord la NVP n’est pas indiquée en raison d’hépatite grave chez la femme enceinte et surtout le taux de résistance apparue avec 1 seule prise et compromettant l’avenir thérapeutique de la mère et aussi de son enfant si celui-ci est malheureusement contaminé.

L’AZT est responsable, relation prouvée de cause à effet, de très peu de toxicité grave persistant ou apparaissant après son arrêt, 1%.

Effectivement, sous traitement, lorsqu’on dose l’ADN mitochondrial, il y a une déplétion de cet ADN. Cette toxicité sous traitement est en grande partie en cause dans l’anémie du nouveau-né présente chez 40 à 50% d’entre-eux. Cette anémie va d’ailleur régresser à l’arrêt du traitement.

D’autres molécules du même groupe des nucléosides ont été essayés, D4T, DDI, 3TC, seuls ou associés, avec semble-t-il les mêmes effets sur la PTME, mais souvent des effectifs un peu petits, et potentiellement les mêmes toxicités. A ma connaissance, il n’y a pas eu d’essai de PTME avec uniquement des antiprotéases, mais cela a été utilisé ponctuellement en cas d’antécédent de toxicité.

Le premier facteur de risque de transmission est lié à la charge virale. Avec une charge virale inférieure à 50 copies, le risque de transmission est proche de 0, mais non nul. C’est sur cette donnée que le futur essai a été monté avec du Kaletra. Par contre le traitement préventif de l’enfant, en postnatal, reste l’AZT.

Les données sur les antiprotéases chez le nouveau-né sont très restreintes et elles ont plutôt été utilisées chez des enfants infectés. Le métabolisme du nouveau-né est très différent de l’adulte et même de l’enfant de plus de 6 mois. Il y a des données publiées sur le Viracept et des bientôt publiées sur le Kalétra. L’autre problème de ces molécules est leur solubilité et les présentations en sirop ont des excipients (solubilité, goût..) qui peuvent être "toxiques" comme l’alcool, le propylèneglycol.

Peut être que le traitement postnatal du nouveau-né n’est pas nécessaire lorsque la charge virale maternelle est inférieure à 50 copies, mais là aussi nous n’avons aucune donnée à ce jour. Tous les essais de PTME ont toujours compris une phase prénatale, l’accouchement et une phase postnatale.

Cette jeune mère est une pionnière. Qu’a reçu son bébé ? Je leur souhaite à tous les deux plein de bonheur.

Ghislaine Firtion