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Ariane | Grossesse et VIH | Laurent Mandelbrot

Réponse de Laurent Mandelbrot à Ariane, jeune maman séropositive qui a refusé de prendre l’AZT pendant sa grossesse

20 novembre 2006 (papamamanbebe.net)

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- Témoignage d’Ariane : « Pourquoi j’ai refusé de prendre l’AZT pendant ma grossesse »
- Réponse de Ghislaine Firtion à Ariane, jeune maman séropositive qui a refusé de prendre l’AZT pendant sa grossesse

Bonjour J’ai trouvé ce témoignage très intéressant. Il rejoint tout a fait mes préoccupations et celles du groupe de médecins français qui travaillent particulièrement sur la prévention de la transmission mère enfant du VIH.

Nous débuterons un essai avec l’ANRS d’ici la fin de l’année, l’essai PRIMEVA, qui cherche justement a savoir si on peut utiliser une antiprotéase (le kaletra) seule en se passant de l’Azt et de la famille des nucléosides. Si nous devons faire une recherche c’est que nous ne connaissons pas la réponse.

Il est difficile de se passer d’un médicament, l’AZT, qui a fait la preuve de son efficacité dans cette indication depuis plus de 10 ans, et pour laquelle on a un très grand recul. Les problèmes de toxicité nous préoccupent beaucoup, et c’est encore le groupe français qui travaille sur le sujet malgré un certain scepticisme, notamment de nos collègues américains jusqu’a récemment. Heureusement peu d’enfants dans le monde souffrent de complications pouvant être liées à ce traitement : moins de 1% et non 60%.

Dans les prochaines recommandations, on réaffirmera que les bienfaits sont supérieurs aux risques de ces traitements. L’objectif prioritaire est d’obtenir une charge virale indétectable, ce qui donne aujourd’hui une chance de plus de 99% a l’enfant de ne pas être infecté.

La question qui reste du domaine de la recherche est de savoir si en obtenant une charge virale indétectable avec des médicaments qui passent moins bien le placenta on fera aussi bien avec moins de risque d’effets secondaires pour l’enfant qu’avec des médicaments qui passent le placenta (et passent dans le milieu vaginal). En effet, certains chercheurs pensent que le passage dans la circulation du foetus est utile pour le protéger.

Enfin, personne n’ose pour l’instant se passer de la prévention par AZT chez le nouveau-né, analogue a la prophylaxie post-exposition sanguine ou sexuelle, car il y a peu d’expérience avec les antiprotéases chez le nouveau-né, et ils posent pas mal de problèmes de dosage.

Je suis prêt a poursuivre cette discussion. Bonne chance à Ariane

Amicalement,

Laurent Mandelbrot

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