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Ariane | Femmes séropositives | Grossesse et VIH

Témoignage d’Ariane : « Pourquoi j’ai refusé de prendre l’AZT pendant ma grossesse »

20 novembre 2006 (papamamanbebe.net)

10 Messages de forum | | Votez pour cet article

- Réponse de Laurent Mandelbrot à Ariane, jeune maman séropositive qui a refusé de prendre l’AZT pendant sa grossesse
- Réponse de Ghislaine Firtion à Ariane, jeune maman séropositive qui a refusé de prendre l’AZT pendant sa grossesse
- Ariane, séropositive depuis ses 20 ans, devenue maman avec précautions
- Une maman, confrontée aux possibles conséquences des traitements pris pendant la grossesse, interpelle Jean-François Delfraissy

Je suis une jeune femme de moins de trente ans, j’ai appris ma séropositivité voilà 6 ans.

Je commençais à peine une relation avec celui qui allait devenir le père de mon enfant.

Cet homme est séronégatif, nous sommes donc ce que l’on appelle un couple sérodifférent.

Je préfère garder l’anonymat car les gens ne sont pas encore prêts à accepter les personnes atteintes par ce mal, on communique sur la prévention (heureusement), mais que faire des gens touchés ??? Il n’y a jamais aucun message d’espoir à notre égard, un sentiment de « trop tard » se fait sentir… Là n’est pas le sujet de cette lettre ouverte.

Aujourd’hui je souhaiterai témoigner sur le déroulement de ma grossesse.

Quand j’ai appris la bonne nouvelle, ce fut un moment merveilleux, j’ai été prise en charge tout de suite par mon médecin qui m’expliqua qu’un traitement comprenant de l’« AZT » serait mis en place dès le troisième trimestre de grossesse afin d’éviter une contamination au bébé.

De mon côté, je décidai de faire des recherches sur Internet et là je découvris que la molécule AZT pouvait produire une toxicité mitochondriale : plusieurs études montrent que l’AZT traverse le placenta, le fœtus absorbe par conséquent ses molécules, ce qui induit un risque prouvé et non négligeable d’atteinte au niveau de l’ARN Mitochondrial (60% des enfants nés de mère sous traitement avec AZT présentent des atteintes à ce niveau) avec des conséquences plus ou moins graves : hyperactivité de l’enfant, troubles neurologiques [1].

De plus, il s’avère que l’AZT fait parti des molécules les plus toxiques (famille des inhibiteurs nucléotidiques), ce traitement est composé de petites molécules qui traversent la barrière placentaire contrairement à d’autres traitements (par exemple les antiprothéases qui la traversent plus Difficilement selon une étude réalisée sur des animaux).

Depuis la découverte des propriétés de l’AZT contre le virus, j’ai l’impression que le corps médicale se repose sur ses vertus, sans annoncer, sans dénoncer les effets secondaires qui ne sont pas négligeables notamment dans le cas d’une grossesse

N’y a-t-il aucune alternative ?

En France, on prescrit l’AZT systématiquement alors que des traitements moins toxiques existent (les antiprothéases citées précédemment).

Lorsque j’ai moi-même demandé à suivre un traitement sans AZT, le corps médical a insisté sur le fait que les études montrent que le traitement avec de l’AZT est efficace – les médecins ne proposent aucune alternative de façon spontanée.

Heureusement, des traitements sans AZT sont testés avec succès dans plusieurs pays, notamment le Canada avec de réels succès, pourquoi un tel silence en France ? Je me pose la question : doit-on se complaire avec une solution approximative, les parents séronégatifs n’ont-ils pas le droit d’avoir des enfants en bonne santé ?

Mon compagnon et moi avons vu dans ce traitement alternatif une possibilité d’éviter de vrais risques neurologiques à notre enfant, nous avons donc opté pour cette solution.

Le médecin qui me suit et à qui j’en ai parlé paraissait sceptique mais a fini par être d’accord suite à nos discussions – ce qui était l’essentiel.

Mon traitement a été une bithérapie « Kaletra invirase ».

Aujourd’hui notre enfant a quelques mois, pas de traces de virus décelées dans son sang et il se porte à merveille.

Sous un soi-disant principe de précaution, arguant qu’il n’y a pas assez de recul, l’ordre médical applique un protocole figé, sans même offrir la possibilité d’essayer d’autres traitements qui ont prouvé leur efficacité dans d’autres pays. A croire que le désir de grossesse des personnes porteuses du sida n’entre pas dans la liste des priorités pour lesquelles une meilleure solution doit être trouvée.

Je prends donc l’opportunité qui m’est offerte pour faire passer ce message : si vous êtes séropositive/tif vous pouvez avoir des enfants qui seront en bonne santé, puisse cette possibilité devenir un droit inaliénable.

Bon courage à ceux qui se reconnaissent dans ce combat et merci à ceux qui m’ont écoutée, entendue et qui me soutienne !!!

Ariane

Notes

[1] Lire et écouter Une maman, confrontée aux possibles conséquences des traitements pris pendant la grossesse, interpelle Jean-François Delfraissy, Trithérapie pendant la grossesse : quels risques, quelles conséquences pour nos enfants ? et Mamans séropositives : que vont devenir nos enfants ?.

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