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Zinedine Zidane

Mauvaise passe : les raisons du coup de boule de Zidane à Materazzi

10 juillet 2006 (survivreausida.net)

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Au lendemain matin, on ne connait toujours pas les mots prononcés par Materazzi pour délencher la fureur de Zidane.

Mise à jour à 22h50. On en sait un peu plus maintenant, même si Zidane n’a pas encore pris la parole, son agent et des proches se sont exprimés. Sans ambiguïté, Zidane aurait réagit à des injures anti-arabes ou des insultes contre sa famille. Qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, cela ne m’étonne pas, ni les injures, ni la réaction de Zizou. Soyons clair : le racisme mine le foot depuis longtemps, et les autorités ne font rien pour virer les racistes des stades et des terrains de jeu. Voilà pourquoi je pourrais raconter avec fierté cet fin de match à mon fils : un footballeur qui refuse de supporter des injures racistes fait honneur à ses parents, à son équipe et au jeu.

Le soir du match, TF1 n’a pas osé repasser les images du coup de boule de Zidane : on a attendu jusqu’à la fin de match avant de les revoir, et ensuite parsimonieusement. Les commentateurs ne savaient pas quoi dire, une fois n’est pas coutûme.

Voir la vidéo du coup de boule de Zidane

J’imagine déjà les gamins se mettant des coups de boule pendant les matchs... « comme Zidane ! »...

Raymond Domenech, tout en regrettant l’absence de son capitaine pendant les 20 dernières minutes du match, a quand même osé dire ce que nous pensons tous : « Materazzi ne doit pas y être pour rien ».

Dany, un copain ivoirien en maillot de l’équipe de France, s’est exclamé : « Demain, au boulot, ça va chier ». Fanatique de l’OM et de Zidane, il bosse la sécurité dans un supermarché. Les caissières portugaises vont lui prendre la tête.

Ahcène, français algérien aux yeux bleus de la porte de St-Ouen en plein retour aux sources « Roots & Djellabah », n’a pas dit grand chose quand le matche a tourné mauvais, mais sans doute pas pour les mêmes raisons que les commentateurs.

Sylvie s’exclame qu’on attend la « Une » du Parisien du lendemain. J’imagine la rédaction du journal en plein débat sur la présentation à faire des événements. Ce journal, longtemps accusé d’être ringard, réac et populiste, est le dernier relais de presse écrite qui compte encore pour le public populaire. On laisse Libé aux bobos, on lit le Parisien au comptoir.

Et moi ? Moi j’avais pris partie pour les Italiens, avec une clause d’exception pour que Zidane marque un ou plusieurs buts. Mais après le coup de boule, j’ai annoncé que je retournais ma veste. Après tout, mon deuxième fils est né en France, à Colombes, en banlieue parisienne. Un Algérien de France. Comme Zidane.

Dans quelques années, je lui raconterais ce match. Et j’espère que je pourrais lui donner une explication pour le fameux coup de boule de Zidane.

Reda

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